L’éternel retour de la guerre au cinéma
- Par Cyriaque Bayle
Pages 88 à 92
Citer cet article
- BAYLE, Cyriaque,
- Bayle, Cyriaque.
- Bayle, C.
https://doi.org/10.3917/servir.525.0088
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- Bayle, Cyriaque.
- BAYLE, Cyriaque,
https://doi.org/10.3917/servir.525.0088
Les canons de l’armée française tirent sur les pyramides, dans un fracas de rocher et de poudre, au début de la bataille du 21 juillet 1798. Pure invention. Les historiens de métier et de circonstance ont beau avoir trouvé beaucoup à redire au film Napoléon de Ridley Scott sorti le 22 novembre dernier, ce choix de mise en scène est signifiant. Sur la forme, comme le réalisateur de La Chute du faucon noir (2002) s’en est expliqué en entretien, ce raccourci fait comprendre la grande rapidité avec laquelle l’Égypte a été conquise par l’armée française. Sur le fond, Bonaparte l’a lui-même baptisée « bataille des Pyramides », alors qu’elle se déroulait à une quinzaine de kilomètres donc hors de portée de l’artillerie, pour consolider l’édification de sa légende. Stanley Kubrick ne fit pas autre chose dans la première partie « L’aube de l’humanité » de son 2001, l’odyssée de l’espace (1968) : les premiers hominidés découvrent que les os des animaux morts peuvent être utilisés comme armes contre leurs groupes rivaux pour la domination des ressources. Séquence tournée comme un film de guerre entre deux clans, autour d’un point d’eau. Suivie par la transition d’un hommesinge lançant en l’air l’os-arme, qui, retombant, « devient » un vaisseau spatial de forme similaire : ellipse vertigineuse de quatre millions d’années en une seconde, symbolisant entre autres la permanence d’un usage violent de la technique et signifiant d’une certaine façon l’éternel retour de la guerre.
Et nous rappelle, pour ce qui nous intéresse, la fascination exercée par le phénomène guerrier sur l’industrie cinématographique, les cinéastes et les spectateurs…
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