Carrefour de la poésie
Pages 91 à 97
Citer cet article
- MORILLON-CARREAU, Martine,
- Morillon-Carreau, Martine.
- Morillon-Carreau, M.
https://doi.org/10.3917/sdes.004.0091
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- Morillon-Carreau, M.
- Morillon-Carreau, Martine.
- MORILLON-CARREAU, Martine,
https://doi.org/10.3917/sdes.004.0091
- Née à Nantes, premiers encouragements à la poésie lors d’un stage de journalisme.
- Maîtrise de droit à Nantes puis part travailler huit ans à la Martinique.
- Enseigne actuellement en tant qu’agrégée de lettres dans un lycée nantais.
- Présidente de l’association Poésie I tout.
- Collaboratrice des éditions du Sac à mots et rédactrice à la Revue 7 à dire
Auteur de nouvelles primées à différents concours
- Le Voyageur du Wallraf, France-Loisirs en 1990
- Les Papillons, L’Encrier renversé en 1992
- Un Coup de téléphone anonyme, premier concours de la nouvelle de Nantes
- Le Jardin dans le porte-plume, concours du CROUS en 1998
- Insomnie a été publiée dans la revue Écrire aujourd’hui, n˚ 53
Auteur d’articles parus en revues
- Europoésie, Les Cahiers de La Baule, 7 à dire, Traces et dans l’anthologie Vous avez dit : « Poésie » ? (éd. du Sac à mots, 2003)
Auteur de poèmes
Parus dans diverses revues
Parus dans plusieurs anthologies
- Sur la Page où naissent les mondes, Le Chemin des étoiles, Poésie sur la ville,
- Mille Poètes mille poèmes, Reflexos da Poesia contemporânea do Brasil,
- França, tália e Portugal (bilingue français-portugais),
- Chevaucher la lune (anthologie canadienne du haïku en français),
- Éros en Poésie, Poètes du pays nantais, une anthologie pour 2002,
- Anthologie du haïku en France,
- L’Humour la vie les gens (Prix du Lion 2005),
- L’Érotique poème court/haïku, Québec 2008 (40 poètes du Québec et de France)...
Parus en recueils
- Dire (1998, éd. du Petit Véhicule, Nantes),
- Midis sans ombre (2002, librairie-Galerie Racine, Paris),
- Prix Jean-Claude Renard 2003 (Grand Prix de la ville de La Baule).
- Monstres (2004, exposition Fantasiarque de Bouin)
- Le Jardin du porte-plume (2005, éditions du Sac à mots)
- poèmes accompagnés de huit dessins de C. Atelin
- Mais c’est ailleurs toujours (à paraître en 2003, éditions du Sac à mots)
7présente également sur plusieurs sites d’anthologie poétique Internet
Poésie plastique
9Grande ville de grands vins, Bordeaux doit par là même semble-t-il, entretenir quelque alchimique et baudelairienne accointance avec l’ivresse poétique. Telle est, en tout cas, ma dernière approche de la municipalité du sobre, sage et national Montaigne. Invitée comme formatrice lors d’un stage académique sur le thème — toujours problématique — des rapports entre poésie et enseignement, par le rectorat de Bordeaux, via l’ami Emmanuel Hiriart (dont La Môme Espérance, clin d’œil à Péguy et Tardieu, vient juste de paraître chez Éditinter), me voici donc dans un lycée bordelais, non loin de la gare Saint-Jean, sous une double casquette de poète lectrice et professeur de lettres conférencière ; journées studieuses et chaleureuses ; l’occasion, de mon côté, d’écouter la conférence d’un autre poète, jadis (ou naguère : qu’est-ce que dix ans, qu’est-ce que vingt ans) typographe éditeur, Claude Chambard, pour l’heure également intervenant formateur. La piquante, la très poétique — quoique apparemment toute topographique aventure qui va suivre, c’est lui qui l’a vécue en compagnie d’Emmanuel Hocquard, le poète de la « modernité négative ». Vous allez voir qu’elle mérite mieux qu’un statut de boutade ou d’anecdote. Devant donc conduire Emmanuel Hocquard jusqu’à quelque obscure localité, Claude Chambard arrive avec son passager à un carrefour où deux panneaux offrent à son choix cette inquiétante alternative, péremptoirement signalisée : TOUTES DIRECTIONS, AUTRES DIRECTIONS ! C’est alors avec superbe que Chambard (qui avoue volontiers sa connaissance préalable de l’itinéraire) néglige la route annoncée comme menant aux destinations communes et générales, s’engageant aussitôt d’autorité dans celle, combien plus mystérieuse, de la radicale altérité. Une fois arrivé à bon port, et après avoir admiré le sens de l’orientation de son conducteur, Hocquard observe un instant de silence avant de conclure que pareille clairvoyance ne pouvait évidemment s’expliquer que d’une seule manière : Claude Chambard était POÈTE !
10Bordeaux, 15 novembre 2007
CarrefourQuelle routeau carrefourLaquelleVers oùallerquandseulementc’est toutvraimentToutes directions, Autres directionsToutes directions, Autres directionsToutes directions, A U T R E SToujoursSans plushésiterA U T R E Set aprèsc’est tout prèstu arrivestout de suiteau poème
Sans nomni même uneombre ni vus ni connusdisparus seulementeuxleur transparenced’eau clairetransparencesueur et larmessur quellesoif de la terresans reconnaissanceterre plus grassede leur sangpas même oubliénonni reconnu ni vusans nomsangmais l’écouter commele vent la vie qui passentl’écouter crierchanter en nous peut-êtrepar les oiseaux de mai
On a reconnu son passa manièrecette façon de heurterinsolences du sangcontre l’huis du cœurAlorsporte ouverte au poèmecomme pourvenu de lointel voyageurqui prête au songe