Article de revue

Carrefour de la poésie

Pages 91 à 97

Citer cet article


  • Morillon-Carreau, M.
(2008). Carrefour de la poésie. Sens-Dessous, 4(2), 91-97. https://doi.org/10.3917/sdes.004.0091.

  • Morillon-Carreau, Martine.
« Carrefour de la poésie ». Sens-Dessous, 2008/2 N° 4, 2008. p.91-97. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-sens-dessous-2008-2-page-91?lang=fr.

  • MORILLON-CARREAU, Martine,
2008. Carrefour de la poésie. Sens-Dessous, 2008/2 N° 4, p.91-97. DOI : 10.3917/sdes.004.0091. URL : https://shs.cairn.info/revue-sens-dessous-2008-2-page-91?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/sdes.004.0091


1

  • Née à Nantes, premiers encouragements à la poésie lors d’un stage de journalisme.
  • Maîtrise de droit à Nantes puis part travailler huit ans à la Martinique.
  • Enseigne actuellement en tant qu’agrégée de lettres dans un lycée nantais.
  • Présidente de l’association Poésie I tout.
  • Collaboratrice des éditions du Sac à mots et rédactrice à la Revue 7 à dire

Auteur de nouvelles primées à différents concours

2

  • Le Voyageur du Wallraf, France-Loisirs en 1990
  • Les Papillons, L’Encrier renversé en 1992
  • Un Coup de téléphone anonyme, premier concours de la nouvelle de Nantes
  • Le Jardin dans le porte-plume, concours du CROUS en 1998
  • Insomnie a été publiée dans la revue Écrire aujourd’hui, n˚ 53

Auteur d’articles parus en revues

3

  • Europoésie, Les Cahiers de La Baule, 7 à dire, Traces et dans l’anthologie Vous avez dit : « Poésie » ? (éd. du Sac à mots, 2003)

Auteur de poèmes

Parus dans diverses revues

4

  • Décol’, Europoésie, Friches, Gong, Incertain Regard, Jalons, Jointure,
  • Laudes, Les Cahiers bleus, Les Cahiers de La Baule, Les Voleurs de feu,
  • Poésie 1 Vagabondages, Poésie / première, Saraswati, 7 à dire,
  • Signes, Traces, Travers, Vivre en Poésie...

Parus dans plusieurs anthologies

5

  • Sur la Page où naissent les mondes, Le Chemin des étoiles, Poésie sur la ville,
  • Mille Poètes mille poèmes, Reflexos da Poesia contemporânea do Brasil,
  • França, tália e Portugal (bilingue français-portugais),
  • Chevaucher la lune (anthologie canadienne du haïku en français),
  • Éros en Poésie, Poètes du pays nantais, une anthologie pour 2002,
  • Anthologie du haïku en France,
  • L’Humour la vie les gens (Prix du Lion 2005),
  • L’Érotique poème court/haïku, Québec 2008 (40 poètes du Québec et de France)...

Parus en recueils

6

  • Dire (1998, éd. du Petit Véhicule, Nantes),
  • Midis sans ombre (2002, librairie-Galerie Racine, Paris),
  • Prix Jean-Claude Renard 2003 (Grand Prix de la ville de La Baule).
  • Monstres (2004, exposition Fantasiarque de Bouin)
  • Le Jardin du porte-plume (2005, éditions du Sac à mots)
  • poèmes accompagnés de huit dessins de C. Atelin
  • Mais c’est ailleurs toujours (à paraître en 2003, éditions du Sac à mots)

7présente également sur plusieurs sites d’anthologie poétique Internet

Poésie plastique

8

  • Auteur et interprète du poème Astral dans la vidéo éponyme du plasticien constructiviste Jean Branchet.
  • Poèmes accompagnant des sculptures de Chantal Atelin.
  • Associe poésie et peinture dans des « tableaux-poèmes ».

9Grande ville de grands vins, Bordeaux doit par là même semble-t-il, entretenir quelque alchimique et baudelairienne accointance avec l’ivresse poétique. Telle est, en tout cas, ma dernière approche de la municipalité du sobre, sage et national Montaigne. Invitée comme formatrice lors d’un stage académique sur le thème — toujours problématique — des rapports entre poésie et enseignement, par le rectorat de Bordeaux, via l’ami Emmanuel Hiriart (dont La Môme Espérance, clin d’œil à Péguy et Tardieu, vient juste de paraître chez Éditinter), me voici donc dans un lycée bordelais, non loin de la gare Saint-Jean, sous une double casquette de poète lectrice et professeur de lettres conférencière ; journées studieuses et chaleureuses ; l’occasion, de mon côté, d’écouter la conférence d’un autre poète, jadis (ou naguère : qu’est-ce que dix ans, qu’est-ce que vingt ans) typographe éditeur, Claude Chambard, pour l’heure également intervenant formateur. La piquante, la très poétique — quoique apparemment toute topographique aventure qui va suivre, c’est lui qui l’a vécue en compagnie d’Emmanuel Hocquard, le poète de la « modernité négative ». Vous allez voir qu’elle mérite mieux qu’un statut de boutade ou d’anecdote. Devant donc conduire Emmanuel Hocquard jusqu’à quelque obscure localité, Claude Chambard arrive avec son passager à un carrefour où deux panneaux offrent à son choix cette inquiétante alternative, péremptoirement signalisée : TOUTES DIRECTIONS, AUTRES DIRECTIONS ! C’est alors avec superbe que Chambard (qui avoue volontiers sa connaissance préalable de l’itinéraire) néglige la route annoncée comme menant aux destinations communes et générales, s’engageant aussitôt d’autorité dans celle, combien plus mystérieuse, de la radicale altérité. Une fois arrivé à bon port, et après avoir admiré le sens de l’orientation de son conducteur, Hocquard observe un instant de silence avant de conclure que pareille clairvoyance ne pouvait évidemment s’expliquer que d’une seule manière : Claude Chambard était POÈTE !

10Bordeaux, 15 novembre 2007

11

Carrefour
Quelle route
au carrefour
Laquelle
Vers où
aller
quand
seulement
c’est tout
vraiment
Toutes directions, Autres directions
Toutes directions, Autres directions
Toutes directions, A U T R E S
Toujours
Sans plus
hésiter
A U T R E S
et après
c’est tout près
tu arrives
tout de suite
au poème
7 à dire n° 29

12

Sans nom
ni même une
ombre ni vus ni connus
disparus seulement
eux
leur transparence
d’eau claire
transparence
sueur et larmes
sur quelle
soif de la terre
sans reconnaissance
terre plus grasse
de leur sang
pas même oublié
non
ni reconnu ni vu
sans nom
sang
mais l’écouter comme
le vent la vie qui passent
l’écouter crier
chanter en nous peut-être
par les oiseaux de mai
(inédit)

13

On a reconnu son pas
sa manière
cette façon de heurter
insolences du sang
contre l’huis du cœur
Alors
porte ouverte au poème
comme pour
venu de loin
tel voyageur
qui prête au songe
(Dire, éd. du Petit Véhicule, 1998)


Date de mise en ligne : 01/02/2016

https://doi.org/10.3917/sdes.004.0091