La science politique doit-elle penser par oxymore ?
Une généalogie critique du « libéralisme autoritaire » et de la « démocratie illibérale »
- Par Gwendal Châton
Pages 657 à 682
Citer cet article
- CHÂTON, Gwendal,
- Châton, Gwendal.
- Châton, G.
https://doi.org/10.3917/rfsp.744.0657
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Notes
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[1]
Cornelius Castoriadis, « Les mouvements des années soixante », dans La montée de l’insignifiance. Les carrefours du labyrinthe 4, Paris, Seuil, 2007 [1996], p. 41. Pour lui, les démocraties contemporaines sont des « oligarchies libérales ».
-
[2]
Ralf Dahrendorf, « Die Globalisierung und ihre sozialen Folgen werden zur nächsten Herausforderung einer Politik der Freiheit. An der Schwelle zum autoritären Jahrhundert », Die Zeit, 47, 1997, p. 14-15.
-
[3]
Francis Fukuyama, La fin de l’Histoire et le dernier homme, trad. de l’anglais par D.-A. Canal, Paris, Flammarion, 1993.
-
[4]
Voir Pierre Dardot, Haud Guéguen, Christian Laval, Pierre Sauvêtre, « Le macronisme n’est pas violent par hasard », Le Monde, 15 mai 2023. Des mêmes auteurs, voir Le choix de la guerre civile. Une autre histoire du néolibéralisme, Montréal, Lux Éditeur, 2021.
-
[5]
Jean-François Bayard, « Où va la France ? », Le Temps, 8 mai 2023.
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[6]
Les craintes quant à une telle scission expliquent le succès, dans le contexte postérieur à la première élection de Donald Trump, de l’essai de Yasha Mounk, Le peuple contre la démocratie, Paris, Éditions de l’Observatoire, 2018, qui a popularisé cette idée.
-
[7]
Eugénie Mérieau, La dictature, une antithèse de la démocratie ? 20 idées reçues sur les régimes autoritaires, Paris, Le Cavalier bleu, 2019.
-
[8]
Sur cette notion, voir Steven Levistky, Lucan A. Way, Competitive Authoritarianism : Hybrid Regimes after the Cold War, Cambridge, Cambridge University Press, 2010. En France, voir Michel Camau, Gilles Massardier, Vincent Geisser (dir.), Autoritarismes démocratiques et démocraties autoritaires au xxie siècle. Convergences Nord-Sud, Paris, La Découverte 2008 ; Michel Camau, Gilles Massardier, Vincent Geisser (dir.), Démocraties et autoritarismes. Fragmentation et hybridation des régimes, Paris, Karthala, 2009.
-
[9]
Thomas Hochmann, « Cinquante nuances de démocratures », Pouvoirs, 169, 2019, p. 19-32.
-
[10]
Sur ce point, voir l’introduction du présent dossier.
-
[11]
Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, Paris, Calmann-Lévy, 1995.
-
[12]
Sur ce débat théorique, voir Sandrine Baume, « Le Parlement face à ses adversaires. La réplique allemande au désenchantement démocratique dans l’entre-deux-guerres », Revue française de science politique, 56 (6), décembre 2006, p. 985-998.
-
[13]
Sur ce point, voir à nouveau l’introduction du présent dossier.
-
[14]
Ludwig Wittgenstein, Recherches philosophiques, trad. de l’allemand par F. Dastur, M. Élie, J.-L. Gautero, D. Janicaud et É. Rigal, Paris, Gallimard, 2004. Le célèbre dessin du canard-lapin auquel se réfère le philosophe a ceci d’intéressant qu’il permet de percevoir alternativement l’un ou l’autre des deux animaux, mais jamais les deux en même temps.
-
[15]
Walter Bryce Gallie, « Les concepts essentiellement contestés », Philosophie, 102 (3), 2014, p. 9-33.
-
[16]
Michael Freeden, Ideologies and Political Theory : A Conceptual Approach, Oxford, Clarendon Press, 1996.
-
[17]
William E. Scheuerman, « The Unholy Alliance of Carl Schmitt and Friedrich A. Hayek », Constellations, 4 (2), 1997, p. 172-188.
-
[18]
Carl Schmitt, Parlementarisme et démocratie, trad. de l’allemand par J.-L. Schlegel, Paris, Seuil, 1988.
-
[19]
Carl Schmitt, La notion de politique – Théorie du partisan, trad. de l’allemand par M.-L. Steinhauser, Paris, Flammarion, 2009. Ce point a été bien rappelé par Chantal Mouffe, « Penser la démocratie moderne avec, et contre, Carl Schmitt », Revue française de science politique, 42 (1), février 1992, p. 83-96.
-
[20]
Carl Schmitt, « Évolution de l’État total en Allemagne » [1933], repris dans Le totalitarisme. Le xxe siècle en débat, textes choisis et présentés par Enzo Traverso, Paris, Seuil, 2001, p. 137 et suiv.
-
[21]
W. E. Scheuerman, « The Unholy Alliance… », art. cité, p. 177, italique ajouté.
-
[22]
Friedrich A. Hayek, La route de la servitude, trad. de l’allemand par G. Blumberg, Paris, PUF, 2013 [1946].
-
[23]
Friedrich A. Hayek, Droit, législation et liberté. Une nouvelle formulation des principes libéraux de justice et d’économie politique, trad. de l’allemand par R. Audoin, Paris, PUF, 2013 [2007].
-
[24]
W. E. Scheuerman, « The Unholy Alliance… », art. cité, p. 172.
-
[25]
Pour une mise en perspective de l’ensemble de la trajectoire de Carl Schmitt, voir Jan-Werner Müller, Carl Schmitt, un esprit dangereux, trad. de l’anglais de S. Taussig, Paris, Armand Colin, 2007 ainsi que Sandrine Baume, Carl Schmitt, penseur de l’État. Genèse d’une doctrine, Paris, Presses de Sciences Po, 2008.
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[26]
W. E. Scheuerman, « The Unholy Alliance… », art. cité, p. 184.
-
[27]
Ibid.
-
[28]
Ibid.
-
[29]
Guy Hermet, « L’autoritarisme », dans Madeleine Grawitz, Jean Leca (dir.), Traité de science politique, 2. Les régimes politiques contemporains, Paris, PUF, 1985, p. 269-312, ici p. 270.
-
[30]
Renato Cristi, Le libéralisme conservateur. Trois essais sur Schmitt, Hayek et Hegel, Paris, Éditions Kimé, 1993.
-
[31]
Renato Cristi, Carl Schmitt and Authoritarian Liberalism, Cardiff, University of Wales Press, 1998.
-
[32]
Wolfgang Streeck, « Heller, Schmitt, and the Euro », European Law Journal, 21 (3), 2015, p. 361-370.
-
[33]
Grégoire Chamayou, La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La Fabrique éditions, 2018.
-
[34]
Ibid., p. 10.
-
[35]
L’auteur ne mentionne étonnamment pas le livre classique, publié durant la guerre froide, de l’historien libéral Jacob L. Talmon, Les origines de la démocratie totalitaire, trad. de l’anglais par P. Fara, Paris, Calmann-Lévy, 1966.
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[36]
Il est indéniable que l’on trouve dans le maître-livre de Joseph A. Schumpeter des traces des débats weimariens et plus particulièrement des thèses schmittiennes, notamment sur la dictature et la désignation par acclamation. Voir Joseph A. Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, trad. de l’anglais par G. Fain, Paris, Payot, 1990 [1951], p. 357, n. 2 et p. 390.
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[37]
Carl Schmitt, Hermann Heller, Du libéralisme autoritaire, traduction, présentation et notes de G. Chamayou, Paris, Zones, 2020.
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[38]
Herbert Marcuse visait le livre Liberalismus, publié par Ludwig von Mises en 1927, dans lequel le maître de Friedrich Hayek faisait l’éloge du fascisme italien, qualifié de « solution d’urgence » ayant permis de sauver la civilisation européenne du danger collectiviste, même s’il ajoutait que « le considérer comme quelque chose de plus serait une erreur fatale ».
-
[39]
G. Chamayou, La société ingouvernable, op. cit., p. 232.
-
[40]
Michel Foucault, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France (1978-1979), Paris, Seuil, 2004.
-
[41]
G. Chamayou, « 1932, naissance du libéralisme autoritaire », dans Carl Schmitt, Hermann Heller, Du libéralisme autoritaire, op. cit., p. 80.
-
[42]
G. Chamayou, La société ingouvernable, op. cit., p. 263-264, en italique dans le texte.
-
[43]
Ibid., p. 264.
-
[44]
Ibid.
-
[45]
Ibid., p. 265.
-
[46]
Ibid.
-
[47]
Voir par exemple Michael Wilkinson, Authoritarian Liberalism and the Transformation of Modern Europe, Oxford, Oxford University Press, 2021.
-
[48]
Cette vogue contemporaine ne touche d’ailleurs pas que la science politique, mais aussi la philosophie et l’histoire : voir Jean-Fabien Spitz, La République ? Quelles valeurs ? Essai sur un nouvel intégrisme politique, Paris, Gallimard, 2022 et Johann Chapoutot, Les Irresponsables. Qui a porté Hitler au pouvoir ?, Paris, Gallimard, 2025.
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[49]
Les critiques qui suivent convergent avec certaines formulées par Jean-Yves Pranchère et Justine Lacroix : voir Jean-Yves Pranchère, « Libéralisme et démocratie peuvent-ils divorcer ? », The Tocqueville Review, 45 (1), 2024, p. 13-34 ; Justine Lacroix, « Le libéralisme autoritaire ou l’identification des contraires », dans Les valeurs de l’Europe, un enjeu démocratique, Paris, Éditions du Collège de France, 2024, p. 35-52.
-
[50]
Serge Audier, Le Colloque Lippmann. Aux origines du néo-libéralisme, Lormont, Le Bord de l’eau, 2008.
-
[51]
Sur ce point, voir J. Lacroix, « Le libéralisme autoritaire ou… », cité.
-
[52]
Voir Serge Audier, Néo-libéralisme(s). Une archéologie intellectuelle, Paris, Grasset, 2012.
-
[53]
Un acte d’accusation en autoritarisme de l’ordolibéralisme a néanmoins été rédigé par un historien allemand : voir Werner Bonefeld, « Authoritarian Liberalism : From Schmitt via Ordoliberalism to the Euro », Critical Sociology, 43 (4-5), 2017, p. 747-761. Serge Audier a produit une analyse de la question qui nuance fortement cette thèse dans Néo-libéralisme(s), op. cit., p. 408 et suiv.
-
[54]
Juan J. Linz, « An Authoritarian Regime : The Case of Spain », dans Erik Allardt, Yrjö Littunen (dir.), Cleavages, Ideologies and Party systems : Contributions to Comparative Political Sociology, Helsinki, The Academic Bookstore, 1964, p. 297.
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[55]
Friedrich Hayek, Droit, législation et liberté, op. cit., t. 3, p. 148. Ce constat explique le revirement du jugement de Ludwig von Mises, qui critique sans nuances le fascisme italien en 1947 dans Le gouvernement omnipotent.
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[56]
Voir par exemple les chapitres 17 et 18. Cette distance à l’égard de la pensée de Schmitt n’empêche pas celle de Friedrich Hayek d’être travaillée, on l’a vu, par une défiance à l’égard de la démocratie qui a fortement interpellé d’autres penseurs libéraux, par ailleurs défenseurs ardents de ce régime politique : voir Gwendal Châton, « Libéralisme ou démocratie ? Raymond Aron lecteur de Friedrich Hayek », Revue de philosophie économique, 17 (1), 2016, p. 103-134.
-
[57]
Voir Bruce Caldwell, Leonidas Montes, « Friedrich Hayek and His Visits to Chile », Center for the History of Political Economy Working Paper, 2014-12, http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2488106
-
[58]
Voir Sébastien Caré, Gwendal Châton, « Néolibéralisme(s) et démocratie(s) », Revue de philosophie économique, 17 (1), 2016, p. 3-20.
-
[59]
Justine Lacroix, « Le libéralisme autoritaire… », cité.
-
[60]
Dans le même sens, Jean-Yves Pranchère parle de « capitalisme illibéral » et Justine Lacroix d’« intégrisme de marché ».
-
[61]
Max Weber, « Zur Lage der bürgerlicher Demokratie in Russland », dans Gesammelte Politische Schriften, Tübingen, J. C. B. Mohr, 1971, p. 64.
-
[62]
Samuel Huntington, The Third Wave : Democratization in the Late Twentieth Century, Norman, University of Oklahoma Press, 1991.
-
[63]
Fareed Zakaria, « The Rise of Illiberal Democracy », Foreign Affairs, 76 (6), 1997, p. 22-43 ; Id., The Future of Freedom : Illiberal Democracy at Home and Abroad, New York, W. W. Norton & Cie, 2003.
-
[64]
Yves Mény parle de « bricolage au long cours » : voir Yves Mény, Imparfaites démocraties, Paris, Presses de Sciences Po, 2019, p. 51.
-
[65]
F. Zakaria, The Future of Freedom, op. cit., p. 79. Sur le contrôle autoritaire des élections en Russie, voir l’article de Clémentine Fauconnier dans le présent dossier.
-
[66]
F. Zakaria, The Future of Freedom, op. cit., p. 85.
-
[67]
Le texte est disponible à cette adresse : https://academiesciencesmoralesetpolitiques.fr/2001/01/15/fondements-et-problemes-de-lilliberalisme-francais/
-
[68]
Ibid.
-
[69]
Pierre Rosanvallon, Le peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France, Paris, Gallimard, 1998.
-
[70]
Pierre Rosanvallon, Le modèle politique français. La société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours, Paris, Seuil, 2004, p. 229.
-
[71]
Claude Lefort, L’invention démocratique. Les limites de la domination totalitaire, Paris, Fayard, 1981.
-
[72]
Il faudra attendre un livre plus tardif pour qu’il étende son raisonnement aux régimes contemporains, mais sans se délester de l’oxymore « démocratie illibérale » : voir Pierre Rosanvallon, Le siècle du populisme. Histoire, théorie, critique, Paris, Seuil, 2020.
-
[73]
Ivan Krastev, Stephen Holmes, Le moment illibéral, trad. de l’anglais par J. F. Hel Guedj, Paris, Fayard, 2019.
-
[74]
Voir Maria Schmidt, « L’Union européenne veut briser notre identité au nom de la démocratie », Le Monde, 1er août 2018.
-
[75]
Viktor Orbán, discours à la 25e Université d’été libre de Bálványos, 26 juillet 2014, Băile Tuşnad (Tusnádfürdő), disponible en anglais à cette adresse : https://budapestbeacon.com/full-text-of-viktor-Orbán s-speech-at-baile-tusnad-tusnadfurdo-of-26-july-2014/
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[76]
Ibid.
-
[77]
Voir l’article de Laure Neumayer dans le présent dossier qui démontre le caractère autoritaire du régime hongrois et la non-pertinence de la catégorie de « démocratie illibérale » pour le qualifier.
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[78]
Ce point a été développé récemment dans un article qui fait de C. Schmitt le théoricien par excellence de la démocratie illibérale : voir Ulrich Wagrandl, « A Theory of Illiberal Democracy », dans Andras Sajó, Renata Uitz, Stephen Holmes (dir.), Routledge Handbook of Illiberalism, Londres, Routledge, 2022.
-
[79]
C. Schmitt, Parlementarisme et démocratie, op. cit. ; Id., Théorie de la Constitution, trad. de l’allemand par L. Deroche, Paris, PUF, 1998 [1993]. Ce propos est aussi développé de manière plus politique dans le pamphlet Légalité et légitimité, trad. de l’allemand par C. Roy et A. Simard, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2015, présentation et notes par Augustin Simard. Sur ce point, voir également Olivier Beaud, Les derniers jours de Weimar. Carl Schmitt face à l’avènement du nazisme, Paris, Descartes, 1997.
-
[80]
Voir Renaud Baumert, « Carl Schmitt contre le parlementarisme weimarien. Quatorze ans de rhétorique réactionnaire », Revue française de science politique, 58 (1), 2008, p. 5-37, ici p. 37.
-
[81]
Rappelons qu’il a publié en 1921 une étude historique détaillée de la dictature : Carl Schmitt, La dictature, trad. de l’allemand par M. Köller et D. Séglard, Paris, Seuil, 2000, présentation de Jean-Claude Monod.
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[82]
C. Schmitt, Parlementarisme et démocratie, op. cit., p. 113.
-
[83]
Ibid., p. 114.
-
[84]
Ibid., p. 115.
-
[85]
Ibid., p. 35.
-
[86]
Ibid., p. 115.
-
[87]
Ibid.
-
[88]
Hugues Rabault, « Carl Schmitt et l’influence fasciste. Relire la Théorie de la Constitution », Revue française de droit constitutionnel, 88 (4), 2011, p. 709-732.
-
[89]
C. Schmitt, Théorie de la Constitution, op. cit., p. 361.
-
[90]
C. Schmitt, Parlementarisme et démocratie, op. cit., p. 106.
-
[91]
Lucien Jaume, « “Démocratie illibérale” : une nouvelle notion ? », entretien avec Fabrice Hourquebie, Constitutions. Revue de droit constitutionnel appliqué, 6, 2019, p. 177-187. Voir également Lucien Jaume, « L’idée de démocratie autoritaire. Quelques réflexions », Jus Politicum. Revue de droit politique, 25, 2021, p. 9-15.
-
[92]
L. Jaume, « “Démocratie illibérale”… », art. cité.
-
[93]
Ibid.
-
[94]
L. Jaume, « L’idée de démocratie autoritaire », art. cité, p. 14.
-
[95]
Ibid., p. 14 et p. 15.
-
[96]
Didier Mineur, « Qu’est-ce que la démocratie illibérale ? », Cités, 79 (3), 2019, p. 105-117, ici p. 112.
-
[97]
Ibid., p. 107.
-
[98]
Ibid., p. 117. Du même auteur, voir également : Didier Mineur, « Ce que la crise du modèle cosmopolitique européen dit de la démocratie. La thèse de la cooriginarité de la souveraineté populaire et des droits de l’homme en question », dans Philippe Crignon (dir.), Le moment européen. Approches philosophiques de l’Union européenne, Paris, Hermann, 2024, p. 217-246.
-
[99]
Michaël Foessel, « La “démocratie illibérale” n’existe pas », AOC Media [En ligne], 5 mars 2018, https://aoc.media/analyse/2018/03/05/ne-parlez-plus-de-democratie-illiberale/
-
[100]
Bernard Manin, « Volonté générale ou délibération. Esquisse d’une théorie de la délibération politique », Le Débat, 33, 1985, p. 72-93.
-
[101]
Voir J. Lacroix, « Une démocratie sans liberté ? Réflexions sur la notion de démocratie illibérale », dans Les valeurs de l’Europe…, op. cit., p. 16-34 et Jean-Yves Pranchère, « Pour une liberté sociale et collective. Défendre le libéralisme sans s’y identifier », Esprit, 5, 2021, p. 109-120. Dans le sillage de Claude Lefort, ces deux auteurs demeurent soucieux de ne pas réduire les droits de l’homme, qui débouchent également pour eux sur le socialisme démocratique, au seul libéralisme.
-
[102]
Ibid., p. 111.
-
[103]
Jan-Werner Müller, Qu’est-ce que le populisme ?, trad. de l’allemand par F. Joly, Paris, Folio, 2018 [2016], p. 91-92.
-
[104]
P. Rosanvallon, Le siècle du populisme, op. cit.
-
[105]
Federico Tarragoni, L’esprit démocratique du populisme, Paris, La Découverte, 2019.
-
[106]
Chantal Mouffe, Le paradoxe démocratique, Paris, Beaux-arts de Paris Éditions, 2016.
-
[107]
Cet argument a été parfaitement bien développé par le juriste Olivier Jouanjan, « L’État de droit démocratique », Zbornik radova Pravnog fakulteta u Splitu, 56 (1), 2019, p. 87-106, ici p. 93.
-
[108]
Ibid., p. 105.
-
[109]
Andreas Schedler, « Rethinking Democratic Subversion », dans Aurel Croissant, Luca Tomini (dir.), The Routledge Handbook of Autocratization, Londres, Routledge, 2024, p. 19-36.
-
[110]
Voir Andrea Cassani, Luca Tomini, Autocratization in Post-Cold War Political Regimes, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2019 et A. Croissant, L. Tomini (dir.), The Routledge Handbook of Autocratization, op. cit.
-
[111]
Steven Levistky, Daniel Ziblatt, La mort des démocraties, trad. de l’anglais par P.-M. Deschamps, Paris, Calmann-Lévy, 2019.
-
[112]
Gildas Renou, « Les droits contre le peuple ? Illibéralismes, populismes et anti-pluralismes en Europe », Civitas Europa, 47 (2), 2021, p. 7-21. Ajoutons ici qu’à l’inverse, il existe des logiques de réduction du pluralisme politique qui visent à en défendre l’existence : voir l’article de Myriam Aït-Aoudia dans le présent dossier.
Dès le milieu des années 1980, Cornelius Castoriadis tirait la sonnette d’alarme : il voyait se profiler un retour en force des tendances politiques autoritaires dans le régime libéral/oligarchique. Une décennie plus tard, faisant un pas de plus, Ralf Dahrendorf prévoyait quant à lui que le xxie siècle serait celui de l’autoritarisme. Après la parenthèse des années 1990, caractérisée par la foi en une universalisation de la démocratie libérale, les années 2000 et 2010 ont vu ressurgir ces sombres prophéties sous la forme d’une crainte quant à la déconnexion de la démocratie et du libéralisme – ce dernier étant entendu ici dans son acception politique. En France, plus récemment, des événements aussi dissemblables que le mouvement des Gilets jaunes, la pandémie de COVID-19 ou la dernière réforme des retraites ont donné lieu à la publication de tribunes dénonçant l’émergence de pratiques autoritaires en démocratie. Mais à partir de ce constat répandu, les interprétations varient : certains y décryptent la conséquence d’une « guerre » menée par les élites gouvernantes « contre les adversaires de l’ordre néolibéral », d’autres comme le révélateur du fait que « la France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties illibérales ».
Ces analyses illustrent l’acuité d’un questionnement portant sur le possible découplage de la démocratie et du libéralisme, scission donnant naissance à des régimes laissant sur le bord du chemin l’une ou l’autre partie de la synthèse démo-libéral…