Clint Eastwood, une certaine idée de l’Amérique
Pages 92 à 97
Citer cet article
- AUTHIER, Christian,
- Authier, Christian.
- Authier, C.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2505.0092
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- AUTHIER, Christian,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2505.0092
Notes
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[1]
Le terme étant à prendre dans son acception américaine et non comme le qualificatif désignant en France l’extrême droite, voire l’extrême gauche insoumise.
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[2]
Autre courant fermement enraciné aux États-Unis et méconnu chez nous, bien que les récentes élections de Javier Milei et de Donald Trump l’aient remis en lumière.
Au fil d’une carrière de cinéaste commencée en 1971 avec Un frisson dans la nuit et qui se prolonge encore de nos jours, Clint Eastwood n’a eu de cesse de poser son regard quasi exclusivement sur l’Amérique, ses valeurs, son histoire, sa culture. Il est d’ailleurs frappant de constater que lorsque le réalisateur s’aventure vers des horizons étrangers (l’Afrique du Sud post-apartheid avec Invictus, l’Europe et la France à l’heure des attentats islamistes avec Le 15 h 17 pour Paris), il signe ses œuvres les moins convaincantes. Eastwood est l’artiste le plus américain qui soit et ses films nous racontent naturellement son pays. Devant sa caméra, on a pu voir la guerre de Sécession, la conquête de l’Ouest et la naissance d’une nation, la Grande Dépression, la Seconde Guerre mondiale, l’Amérique de la ségrégation raciale, celle des années JFK, de la conquête spatiale, de la guerre en Irak de 2003… Certains sujets lui permettent d’évoquer de longues périodes. Ainsi, J. Edgar, autour de la vie de Hoover, directeur du FBI de 1924 à 1972, personnage tour à tour adulé, honni, redouté, y compris par les présidents qu’il servait, déploie son récit sur un demi-siècle tout en tissant des correspondances avec les peurs et les névroses américaines de l’après 11-Septembre.
Toutes ces époques ont été incarnées par une étonnante galerie de personnages riche en antihéros, en marginaux, en demi-solde et autres soldats perdus du rêve américain. Morts en sursis, cow-boys vieillissants, artistes maudits, flics tourmentés, gangsters en cavale, condamnés à mort, chasseurs de l’inutile, chanteurs de country tuberculeux, revenants, justiciers solitaires, vieilles badernes, journalistes paumés, mauvais pères, astronautes grabataires, boxeurs au bout du rouleau, vieillards misanthropes, snipers dépressifs : ces individus qu’il a mis en scène, et souvent interprétés, ne constituent pas une banale série d…