Article de revue

S’abandonner avec Camille Laurens

Pages 108 à 112

Citer cet article


  • Sibony, J.
(2024). S’abandonner avec Camille Laurens. Revue des deux Mondes, Juillet-Août(5), 108-112. https://doi.org/10.3917/rd2m.2407.0108.

  • Sibony, Judith.
« S’abandonner avec Camille Laurens ». Revue des deux Mondes, 2024/5 Juillet-Août, 2024. p.108-112. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2024-5-page-108?lang=fr.

  • SIBONY, Judith,
2024. S’abandonner avec Camille Laurens. Revue des deux Mondes, 2024/5 Juillet-Août, p.108-112. DOI : 10.3917/rd2m.2407.0108. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2024-5-page-108?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rd2m.2407.0108


Notes

  • [1]
    Camille Laurens, Inventer le désir, Quarto/Gallimard, 2023.
  • [2]
    Camille Laurens, Dans ces bras-là, P.O.L, 2000.
  • [3]
    Camille Laurens, Fille, Gallimard, 2020, p. 112.
  • [4]
    Camille Laurens, Dans ces bras-là, op. cit., p. 295.
  • [5]
    Camille Laurens, L’Amour, roman, P.O.L, 2003, réédition Quarto, p. 536.
  • [6]
    Camille Laurens, Dans ces bras-là, op. cit., p. 511.
  • [7]
    Camille Laurens, Philippe, P.O.L, 1995, réédition Stock, 2011, p. 20.
  • [8]
    Camille Laurens, Le Grain des mots, Gallimard, 2003, réédition Folio, 2022, p. 132.
  • [9]
    Camille Laurens, Celle que vous croyez, Gallimard, 2016.

Il y a chez Camille Laurens un panache assez irrésistible lorsqu’elle écrit sur les hommes – c’est-à-dire dans tous ses livres. L’auteure ne fait pas de manières, et son prestigieux volume d’œuvres choisies publié par Gallimard en 2023, elle l’a baptisé de façon éloquente : « Inventer le désir » (). Un manifeste à rebours de notre époque, beaucoup plus attentive à ce que la femme « veut bien » qu’à ce qu’elle veut tout court… Or justement, Camille Laurens a l’art de dire que le désir est tout sauf une affaire passive. Qu’il faut l’inventer, oui, avec de l’imagination et surtout de la volonté. Dans la préface de son volume Quarto, quand elle explique que ses personnages lui ressemblent, elle décrit leur principal point commun en parlant d’« acharnement au désir ».
Je ne suis pas la seule à être touchée par cet acharnement puisque c’est son livre le plus explicite, Dans ces bras-là (), qui l’a rendue célèbre. Dès la quatrième de couverture, il est dit que ce roman « ne traite que d’un seul sujet, une idée fixe : les hommes. La romancière avoue que, depuis l’enfance, ils sont l’unique objet de sa curiosité et de sa gourmandise ». Prix Femina 2000, Prix Renaudot des lycéens, succès de librairie annonçant tous ceux à venir, cette histoire d’une femme-chasseuse qui devient la patiente d’un psy qu’elle voudrait séduire a beaucoup plu. À croire que c’est aimable, les femmes qui aiment les hommes.
Ce qui est aimable, surtout, c’est l’évidence avec laquelle elle revendique son « idée fixe »…


Date de mise en ligne : 04/03/2026

https://doi.org/10.3917/rd2m.2407.0108

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