Article de revue

Carnets du Japon : le « pays de neige » II

Pages 103 à 107

Citer cet article


  • Ferrier, M.
(2024). Carnets du Japon : le « pays de neige » II. Revue des deux Mondes, Juillet-Août(5), 103-107. https://doi.org/10.3917/rd2m.2407.0103.

  • Ferrier, Michaël.
« Carnets du Japon : le “pays de neige” II ». Revue des deux Mondes, 2024/5 Juillet-Août, 2024. p.103-107. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2024-5-page-103?lang=fr.

  • FERRIER, Michaël,
2024. Carnets du Japon : le « pays de neige » II. Revue des deux Mondes, 2024/5 Juillet-Août, p.103-107. DOI : 10.3917/rd2m.2407.0103. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-des-deux-mondes-2024-5-page-103?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rd2m.2407.0103


J’ai marché des heures et suis arrivé ici : un drôle de lieu dans la campagne de Hokuriku, une bourgade ou un hameau, à peine un lieu-dit. Une commune minuscule, construite en bois, toute blanche, lovée dans les montagnes et silencieuse. Les habitants : des hommes emmitouflés dans les peaux et les pelages, des femmes le nez dans les foulards et les fourrures, ayant toujours l’air d’être poursuivis par l’hiver, disparaissant prestement au coin de la rue.
Ce hameau et le temple qui le surmonte, un peu plus haut sur un tertre – une petite pagode hexagonale à trois étages –, sont les deux seuls repères de la contrée, sauf le matin, quand on ne voit ni le temple ni le village car d’immenses nappes de brouillard glissent à travers la vallée, s’infiltrant jusque dans les maisons elles-mêmes, et sauf le soir, quand les ombres de la forêt et celles des montagnes se rejoignent pour plonger le vallon tout entier dans la nuit.Dès qu’on arrive au bout de la rue principale, le sentier monte, accompagné par deux rangées de hêtres. Les maisons restent là, elles n’iront pas plus loin, elles contemplent la piste qui s’éloigne au-delà du seuil des collines dans les quatre directions. De temps à autre, un mulet se retourne et marque le pas sur le chemin qui ondule à flanc de montagne, virant et virevoltant au bord des falaises de neige, imprévisible et élégant, ondoyant aux précipices, jusqu’à ce village presque invisible, à son pied.
Pays de neige… Il y a presque un siècle, un écrivain – admirable – a décrit dans un roman – superbe – les aventures d’un homme de bonne famille, égocentrique et désœuvré, délaissant femme et enfants à Tokyo pour vivre une passion ravageuse avec une jeune geisha…


Date de mise en ligne : 04/03/2026

https://doi.org/10.3917/rd2m.2407.0103

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