Des « deux cultures » à pas de culture du tout
- Par Olivier Rey
Pages 60 à 67
Citer cet article
- REY, Olivier,
- Rey, Olivier.
- Rey, O.
https://doi.org/10.3917/rd2m.2210.0060
Citer cet article
- Rey, O.
- Rey, Olivier.
- REY, Olivier,
https://doi.org/10.3917/rd2m.2210.0060
Notes
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[1]
Charles Percy Snow, The Two Cultures and the Scientific Revolution, Cambridge University Press, 1959 ; traduit par Claude Noël, Pauvert, 1968, et les Belles Lettres, 2021.
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[2]
En illustration paradigmatique de ce contraste, Snow cite le roman 1984 de George Orwell, auquel il oppose World Without War du physicien John Desmond Bernal.
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[3]
Henri Poincaré, Les Sciences et les Humanités, Fayard, 1911. Le texte est disponible à l’adresse : https://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Poincar%C3%A9_-_Sciences_et_Humanit%C3%A9s,_1911.djvu.
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[4]
Il est entendu ici qu’il s’agit de la multiplication de deux nombres. Il est des objets mathématiques (les matrices, par exemple), où la multiplication n’est pas commutative (c’est-à-dire que le résultat d’un produit dépend en général de l’ordre des facteurs).
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[5]
Laurent Lafforgue, « Les études classiques et la liberté de l’esprit », conférence donnée à la Sorbonne le 12 mars 2005 et reproduite dans la revue Commentaire, n° 110, été 2005, p. 325-330. Le texte peut également être consulté à l’adresse : https://www.laurentlafforgue.org/education.html.
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[6]
Maurice Grevisse, Le Bon Usage, 10e édition, Duculot, 1975, § 862, nota bene 2.
Si le nom du physico-chimiste et romancier anglais Charles Percy Snow (1905-1980) se trouve encore aujourd’hui invoqué, ce n’est ni pour ses travaux scientifiques ni pour ses œuvres littéraires mais pour une conférence qu’il prononça en 1959 à Cambridge, intitulée « Les deux cultures et la révolution scientifique » (). Ce qui a été généralement retenu de cette conférence se résume en deux points : 1) la vie intellectuelle se trouve toujours davantage scindée entre un pôle « littéraire » et un pôle « scientifique » ; 2) le « fossé d’incompréhension mutuelle » qui sépare les deux pôles est une calamité, et doit être comblé.
On pourrait croire, au vu d’un tel résumé, que Snow en appelle à des efforts partagés pour réduire la fracture. En réalité, le procès en incompréhension mutuelle tourne vite en célébration des scientifiques, et en réquisitoire contre les littéraires. Les scientifiques, « déterminés à se battre aux côtés de leurs frères humains » pour améliorer la condition de tous, « sont impatients de voir si quelque chose peut être fait, et enclins à penser que tel est le cas, jusqu’à preuve du contraire. Tel est leur véritable optimisme – un optimisme dont le reste d’entre nous a grandement besoin ». À l’inverse, les intellectuels littéraires « qui, en douce, se sont mis à se qualifier eux-mêmes d’“intellectuels” tout court, comme s’ils étaient les seuls à mériter ce nom », sont imprégnés de pessimisme et de luddisme. Quand « les scientifiques ont l’avenir chevillé au corps », les tenants de la culture traditionnelle « préféreraient que l’avenir n’existe pas » …