La pluralité des fonctions dévolues à la pneumatologie en théologie contemporaine
Appréciation critique et prospective, à partir des recherches d’Y.-M. Congar
Pages 55 à 70
Citer cet article
- HUMANN, François-Marie,
- Humann, François-Marie.
- Humann, F.-M.
https://doi.org/10.3917/rsr.251.0055
Citer cet article
- Humann, F.-M.
- Humann, François-Marie.
- HUMANN, François-Marie,
https://doi.org/10.3917/rsr.251.0055
Notes
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[1]
Yves-Marie Congar, Je crois en l’Esprit Saint, Éd. du Cerf, Paris, 1995 pour la deuxième édition en un seul volume.
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[2]
Yves-Marie Congar, La Parole et le Souffle, Desclée, Paris, 1984.
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[3]
Sur l’histoire de la réflexion pneumatologique de Congar dans l’ensemble de son œuvre, dès avant le concile Vatican II, nous renvoyons à notre étude : François-Marie Humann, La relation de l’Esprit-Saint au Christ. Une relecture d’Yves Congar, Éd. du Cerf, Paris, 2010, p. 19-121.
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[4]
Pour une synthèse de la christologie pneumatologique, patristique et contemporaine, voir en particulier Luis Ladaria, Mystère de Dieu et mystère de l’homme. Théologie trinitaire, Parole et Silence, Paris, 2011, p. 91-107.
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[5]
Yves-Marie Congar, La Parole et le Souffle, op. cit., p. 140, souligné par l’auteur.
-
[6]
Thomas d’Aquin, Compendium theologiae, cap. 215.
-
[7]
Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 7, a. 1, sol. 1.
-
[8]
Yves-Marie Congar, La Parole et le Souffle, op. cit., p. 141.
-
[9]
Jean-Pierre Torrel signale qu’il faut comprendre le terme « spiritualité »« non pas au sens d’une doctrine spirituelle mais bien au sens d’une vie selon la grâce » : Thomas d’Aquin, Somme théologique, Le Verbe incarné en ces mystères, t. 1. IIIa, questions 27-34, « Édition de la Revue des jeunes », Éd. du Cerf, Paris, 2003, p. 320.
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[10]
Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 34, a. 1, ad 1.
-
[11]
Id., Somme théologique, IIIa, q. 4, a. 3.
-
[12]
Id., Somme théologique, IIIa, q. 7, a. 1, sol. 3.
-
[13]
Voir Charles Rochais, La science bienheureuse du Christ simul viator et comprehensor, « Patrimoine », Éd. du Cerf, Paris, 2019, p. 183-186.
-
[14]
Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 7, a. 12.
-
[15]
Yves-Marie Congar, La Parole et le Souffle, op. cit., p. 142.
-
[16]
Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 7, a. 12, a. 3.
-
[17]
En particulier la première partie du chapitre II, sur l’unité de l’Église : Ecclesia de Trinitate, où Congar écrit notamment : « L’Église est comme une extension ou une manifestation de la Trinité, le mystère de Dieu dans l’humanité ; la Trinité et l’Église, c’est vraiment Dieu qui vient de Dieu et qui revient à Dieu en ramenant avec soi, en soi, sa créature humaine ». Cf. Yves-Marie Congar, Chrétiens désunis. Principes d’un « œcuménisme » catholique, Éd. du Cerf, Paris, 1937, p. 68.
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[18]
Thomas d’Aquin, Commentaire de l’Évangile de saint Jean, 3, 34, lect. 6, n° 544.
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[19]
Idem, lect. 2, n° 2088.
-
[20]
Congar le reconnaît aussi : « L’Esprit descend sur Jésus, sous la forme d’une colombe. C’est une manifestation trinitaire, une investiture, une consécration. » (La Parole et le Souffle, op. cit., p. 143).
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[21]
Thomas d’Aquin, Commentaire de l’Évangile de saint Jean, 1, 32, lect. 14, n° 270. Voir aussi Denis-Dominique Le Pivain, L’action du Saint-Esprit dans le commentaire de l’Évangile de saint Jean par saint Thomas d’Aquin, Téqui, Paris, 2006, p. 131-142.
-
[22]
Yves-Marie Congar, La Parole et le Souffle, op. cit., p. 143.
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[23]
Idem, p. 149.
-
[24]
Idem, p. 151.
-
[25]
Idem, p. 150.
-
[26]
Luis Ladaria, Mystère de Dieu et mystère de l’homme. Théologie trinitaire, op. cit., p. 102.
-
[27]
Idem, p. 105.
-
[28]
Notre analyse l’avait déjà laissé entendre dans La relation de l’Esprit-Saint au Christ. Une relecture d’Yves Congar, op. cit., p. 281-297.
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[29]
Saint Augustin avait remarqué que le baptême du Christ est précédé par une initiative du Père et du Fils. Il s’interroge en effet sur la connaissance qu’avait Jean-Baptiste du Christ avant son baptême, puisque d’un côté, il semble le connaître puisqu’il dit à Jésus « c’est moi qui devrais être baptisé par toi » (Mt 3,14) et de l’autre, Jean-Baptiste dit qu’il ne connaissait pas le Christ avant que l’Esprit ne descende et demeure sur lui (Jn 1,33). Pour Augustin, Jean-Baptiste savait déjà que Jésus est le Seigneur, le Christ. Mais ce qu’il a appris, c’est que Jésus seul baptise dans l’Esprit-Saint, si bien que tous ceux qui, dans l’Église, administrent le baptême, ne sont que des serviteurs du seul Seigneur qui baptise (cf. Augustin, Homélies sur l’Évangile de saint Jean, Traité V, 6-9, BA 71, Institut des Études augustiniennes, Paris, 1993, p. 303-311).
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[30]
On peut aussi faire un parallèle entre le fait que l’Esprit Saint soit seulement manifesté et non pas envoyé d’une manière nouvelle par le Père sur Jésus au baptême et la question de savoir si la Trinité est manifestée ou révélée dans le baptême. Voir à ce sujet Emmanuel Durand, Dieu Trinité, Éd. du Cerf, Paris, 2016, p. 213-217.
-
[31]
Yves-Marie Congar, La Parole et le Souffle, op. cit., p. 151.
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[32]
Idem, p. 172.
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[33]
Voir Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, II. Les personnes du drame. 2. Les personnes dans le Christ, Pierre Zech Éditeur, Paris, 1988, p. 146-152 et La Théologique, III. L’Esprit de vérité, Culture et vérité, Bruxelles, 1996, p. 50 ; 174-176 ; 195-197.
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[34]
Walter Kasper, Jésus le Christ, Éd. du Cerf, Paris, 1976, p. 382, cité par dans Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, II.2., op. cit., p. 148.
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[35]
Luis Ladaria, Mystère de Dieu et mystère de l’homme. Théologie trinitaire, op. cit., p. 100, note 60.
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[36]
« Le rôle de l’Esprit ne consiste pas simplement à trouver dans l’homme Jésus l’instrument approprié pour l’obéissance historique du Fils, mais expressément, en prenant la Vierge sous son ombre, à transporter le Fils dans l’état de l’être-homme comme le disent clairement les formules des Credos » (Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, II.2., op. cit., p. 148-149).
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[37]
Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, II.2., op. cit., p. 151.
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[38]
Idem, p. 152.
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[39]
Id., La Théologique, III. L’Esprit de vérité, op. cit., p. 174.
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[40]
Augustin, La Trinité, XV, 29, « La Pléiade », Gallimard, Paris, 2002, traduction par Sophie Dupuy-Trudelle.
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[41]
Augustin, La Trinité, XV, 47, op. cit., p. 721-722.
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[42]
Hans Urs von Balthasar, La Théologique, III, op. cit., p. 196.
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[43]
Publiée en 1984, l’année de ses 80 ans, La Parole et le Souffle est la dernière production intellectuelle du théologien, atteint d’une grave maladie. Cf. Étienne Fouilloux, Yves Congar, 1904-1995, Salvator, Paris, 2020, p. 325-338.
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[44]
Thomas d’Aquin, Somme théologique I, q. 43, a. 7.
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[45]
Id., Somme théologique I, q. 43, a. 7, ad 6.
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[46]
Gilles Emery, La théologie trinitaire de saint Thomas d’Aquin, Éd. du Cerf, Paris, 2004, p. 480 (et plus largement p. 473-481). L’auteur cite ensuite Somme théologique I, q. 43, a. 7, ad 6 : « La mission visible [du Saint-Esprit] au Christ montrait la mission invisible qui lui avait été faite non pas à ce moment précis, mais au premier instant de sa conception. »
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[47]
Yves-Marie Congar, La Parole et le Souffle, op. cit., p. 162. C’est Congar qui souligne.
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[48]
Hans Urs von Balthasar, La Théologique, III, L’Esprit de vérité, op. cit., p. 196-197.
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[49]
Luis Ladaria, Mystère de Dieu et mystère de l’homme. Théologie trinitaire, op. cit., p. 157.
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[50]
Hans Urs von Balthasar, La Théologique, III, L’Esprit de vérité, op. cit., p. 418.
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[51]
Cf. Yves-Marie Congar, La Parole et le Souffle, op. cit., p. 197.
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[52]
Idem, p. 193-194.
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[53]
Congar parle d’une « anthropologie cosmique », d’un « cosmisme pneumatologique », reconnaissant au passage qu’il jargonne un peu !
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[54]
Hans Urs von Balthasar, La Théologique, III, L’Esprit de vérité, op. cit., p. 418.
Connu surtout pour son œuvre ecclésiologique et œcuménique, le cardinal Yves-Marie Congar a aussi développé une pneumatologie. Il s’y est davantage attelé dans la dernière partie de sa vie, après le concile Vatican II, dans un vaste exposé de la foi en la troisième personne de la Trinité : Je crois en l’Esprit Saint, paru en trois volumes, en 1979 et 1980. À la suite de cette Somme qui illustre les compétences d’historien du dogme du dominicain, un dernier ouvrage, plus modeste par sa taille mais non par son intérêt, La Parole et le Souffle, reprend la question pneumatologique. Congar y présente la pneumatologie dans une perspective trinitaire, en particulier sous l’angle des missions respectives du Fils et de l’Esprit. Il s’agit en quelque sorte d’un livre testament, car nous y retrouvons une préoccupation qui traverse l’ensemble de l’œuvre de Congar, la théologie du dessein de Dieu, à travers les missions des personnes divines. Cet angle de vue pneumatologique était présent, en effet, dès les premiers travaux de Congar, dans les années 1930.Au cœur de l’ultime réflexion pneumatologique de Congar est présentée pour une dernière fois ce qu’il nomme une christologie « pneumatique » ou « pneumatologique ». La christologie est ainsi qualifiée en raison de l’intérêt qu’elle porte à la place de l’Esprit Saint dans l’élaboration d’une théologie du Christ. Congar n’est pas le seul, dans les années 1970-1980, à réfléchir à ce sujet. Dans le champ catholique, d’autres auteurs tels que H…