Michel Morange, Contre les vaccins ? : la mécanique des doutes sur la vaccination, Belin Éducation, 2024, 162 pages, 16,90 euros.
- Par Guy Bruit
Pages 133c à 142c
Citer cet article
- BRUIT, Guy,
- Bruit, Guy.
- Bruit, G.
https://doi.org/10.3917/rpre.230.0133c
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- Bruit, G.
- Bruit, Guy.
- BRUIT, Guy,
https://doi.org/10.3917/rpre.230.0133c
Le propos est clair : « nous devons considérer les vaccins comme bénéfiques à la santé humaine, et parfois le seul moyen pour se protéger contre certaines maladies. » Mais dans l’opinion publique, le doute sur leurs bienfaits, voire l’hostilité à leur égard, restent très répandus. Pour dissiper doutes et hostilité, pour réconcilier le public avec cette pratique et obtenir le soutien de la population, l’auteur constate que les arguments scientifiques n’ont qu’une portée limitée. Par exemple les statistiques, pourtant très rationnelles, sont d’une lecture difficile et de ce fait convainquent peu, défaut doublé d’un autre : elles ne disent rien des cas où un vaccin a des effets secondaires graves, effets très rares mais, écrit Michel Morange avec sagesse, « le récit d’une vie brisée a beaucoup plus de poids auprès du public que les preuves que le vaccin a sauvé des milliers de vies ». Il propose une stratégie différente. Les chercheurs doivent expliquer, ou apprendre à expliquer, dans une langue claire et accessible à tous leur long travail, patient et acharné, mêlant savoir et ignorance, créant ainsi un lien confiant et éclairé avec le public « ignorant ».
Que les historiens des sciences nous apprennent à « voyager dans l’histoire des vaccins » et nous serons conduits à « réfléchir à la nature même de la connaissance scientifique » ; nous découvrirons que « expliquer est une des composantes essentielles de la connaissance scientifique ». EXPLIQUER, c’est le maître-mot. « Expliquer », c’est « partager », alors que « informer », c’est « transmettre »…