Éduquer : à quoi bon ?
Pages 11 à 12
Citer cet article
- MUHLMANN, Géraldine,
- Muhlmann, Géraldine.
- Muhlmann, G.
https://doi.org/10.3917/prism.007.0011
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- Muhlmann, G.
- Muhlmann, Géraldine.
- MUHLMANN, Géraldine,
https://doi.org/10.3917/prism.007.0011
La question de l’éducation a été au cœur des
réflexions de l’école de Francfort, sans que cela ait
souvent été souligné. Des réflexions sur la famille
patriarcale autoritaire dans les années 1930 aux analyses sur ce que signifie éduquer « après Auschwitz »,
il est clair qu’une éducation « critique » invite aussi à
une déséducation. Il y a des écueils à éviter. Il y a à
penser entre ceux-ci.
Réfléchir à l’éducation, c’est, pour reprendre les
mots de Adorno, la situer à juste distance de « deux
exigences diamétralement opposées » : « D’un côté,
l’individualisme fort qui ne se laisse rien dicter, de
l’autre côté, l’idée de l’adaptation, [...] l’adjustment,
héritée du darwinisme ». Deux pôles qui sont
comme des miroirs, chacun se renforçant de l’image
de l’autre. Deux pôles qui finissent souvent par se
heurter l’un à l’autre, dans une oscillation brutale.
Une autre éducation, favorisant la résistance critique
et l’autonomie des individus sans négliger les obstacles d’une réalité inévitablement contradictoire, ne
saurait négliger la sensibilité qui ressent les problèmes, ni l’intellect qui les pense sans prétendre les
résoudre définitivement. Il s’agit de saisir le réel sous
ses jours divers, dans son ambiguïté, dans les difficultés incessantes qu’il pose – loin d’en faire une
pâte simple et grossière où imprimer une envie ou
une doctrine devant « marcher » à n’importe quel
prix.
Sens de la singularité qui souffre et qu’il faut
entendre ; objections portées par les sens, les émotions, les pensées ; dialectique faisant de l’imagination des possibles une tâche sans cesse réfléchie, critiquée, reprise : ce travail est confié par les penseur…
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