Article de revue

Avant-propos

Retour sur la première année de publication de la revue Population : 1946

Pages 7 à 9

Citer cet article


  • Samuel, O.,
  • Solaz, A.
  • et Toulemon, L.
(2016). Avant-propos Retour sur la première année de publication de la revue Population : 1946. Population, . 71(1), 7-9. https://doi.org/10.3917/popu.1601.0007.

  • Samuel, Olivia.,
  • et al.
« Avant-propos : Retour sur la première année de publication de la revue Population : 1946 ». Population, 2016/1 Vol. 71, 2016. p.7-9. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-population-2016-1-page-7?lang=fr.

  • SAMUEL, Olivia,
  • SOLAZ, Anne
  • et TOULEMON, Laurent,
2016. Avant-propos Retour sur la première année de publication de la revue Population : 1946. Population, 2016/1 Vol. 71, p.7-9. DOI : 10.3917/popu.1601.0007. URL : https://shs.cairn.info/revue-population-2016-1-page-7?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/popu.1601.0007


Notes

  • [1]
    Quelques exemples : « les vieillards » (pour parler des personnes âgées) « la population indigène » pour parler de la population majoritaire, le « territoire envahi [….] par des étrangers », « le péril qui nous menace », etc.

1La revue Population fête cette année son soixante-dixième anniversaire. À cette occasion, nous proposons de revenir sur les premiers numéros publiés par la revue au cours de l’année de sa création en 1946.

2En 1946, Population était la vitrine scientifique de l’Institut national d’études démographiques (Ined), créé quelques mois plus tôt (octobre 1945). Ainsi, en guise d’éditorial, un article intitulé « Faits et problèmes du jour » signé du directeur de l’Ined de l’époque, Alfred Sauvy, introduisait chaque numéro. Les auteurs étaient très majoritairement des chercheurs de l’Ined, de sexe masculin. La revue actuelle a pris de l’autonomie par rapport à son institution d’appartenance. Elle est devenue aujourd’hui, dans l’espace international de la recherche, une revue scientifique ouverte à tous, que les auteurs soient de l’Ined ou d’ailleurs. Elle est maintenant bilingue (les articles sont intégralement publiés dans les deux langues, français et anglais, depuis 2002, après 13 années de parution d’une sélection annuelle en anglais), les auteurs sont désormais autant des femmes que des hommes appartenant à des institutions du monde entier.

3Cette prise d’autonomie éditoriale vis-à-vis de l’institution n’a pas empêché d’autres continuités. La revue, déjà trimestrielle, publiait dans chacun de ses numéros huit à neuf articles de recherche, trois à cinq articles plus courts sous la rubrique « Notes et Documents » ainsi que des bibliographies critiques sur des ouvrages récemment parus. La version actuelle a finalement un format assez similaire. Chaque numéro trimestriel est aujourd’hui composé de quatre ou cinq articles, d’une ou deux notes de recherches, accompagnés d’une série de comptes rendus sur des ouvrages publiés récemment. Les articles sont aujourd’hui moins nombreux mais plus longs. Les méthodes et le niveau de technicité ont évidemment évolué. Le vocabulaire des articles a changé. Certaines expressions des articles de 1946 peuvent nous paraître aujourd’hui un peu désuètes, voire déplacées dans une revue scientifique [1]. Les premiers articles de la revue, synthétiques et ciblés, montraient également de grandes capacités de pédagogie afin d’assoir une discipline qui prenait de l’ampleur après la création de l’Ined. Diffuser le savoir démographique auprès de tous était et reste un objectif de la revue Population.

4En parcourant les thématiques abordées par les articles de ces quatre numéros de l’année 1946, on est peu surpris d’y trouver les trois grandes de la démographie que sont la fécondité (plusieurs articles sur les familles nombreuses), la mortalité des enfants et des adultes, et les migrations souvent abordées en lien avec l’emploi. Figurent inévitablement cette année-là des articles sur le bilan démographique de la guerre (« Progrès technique, destructions de guerre et optimum de population » de Georges Letinier, « Conséquences de six années de guerre sur la population française » de Paul Vincent). Les problématiques économiques sont également très présentes en cette période de reconstruction. Les titres sont parlants, comme celui d’Alfred Sauvy intitulé « Plein emploi et pleine population », ou d’Albert Michot « Richesses minières et peuplement : Lorraine, Sarre et Ruhr ». Le lien avec les politiques publiques en France et à l’étranger est déjà bien visible avec des articles traitant des « allocations familiales », de « la politique sociale et démographique du Danemark », ou encore des « assurances sociales au Canada ». L’ouverture à des thématiques internationales est déjà forte avec plusieurs articles sur la démographie d’autres pays, voisins ou non mais essentiellement industrialisés, comme « l’évolution démographique des Pays-Bas ou de la Belgique » (Jean Daric), « les problèmes démographiques de la Norvège » ou les facteurs influençant « la fécondité aux États-Unis et au Canada ». Cet intérêt pour la démographie des autres continents s’est progressivement élargi pour aujourd’hui donner également une bonne place aux recherches sur les pays du Sud.

5La réflexion sur les sources et les méthodes occupe alors une place importante avec la présentation de nouvelles sources comme le « recensement du 10 mars 1946 », de nouvelles enquêtes sur « la reprise de la natalité » ou des sujets plus complexes comme l’enquête de Jean Sutter sur « les enfants d’âge scolaire intellectuellement déficients ». Les articles méthodologiques de Jean Meuvret sur « les crises de subsistance » ou de Paul Vincent sur « l’utilisation des statistiques des familles » publiés dans ces premiers numéros ont fait date.

6L’empreinte pluridisciplinaire de la revue est affirmée avec de nombreux articles sur des problématiques économiques et d’autre articles qui définissent la démographie au regard d’autres disciplines comme la sociologie (« Sociologie et démographie » de Jean Stoetzel) ou la géographie (« Démographie et géographie humaine » de Louis Chevalier).

7À l’occasion de ce soixante-dixième anniversaire, nous avons choisi de republier quatre articles de l’année 1946, soit un dans chaque numéro de l’année 2016. Chacun de ces articles est accompagné d’un commentaire introductif discutant l’obsolescence ou l’actualité du sujet traité et les déplacements de problématique, avec le regard du xxie siècle.

8Le premier numéro de 2016 propose un article intitulé « Évaluation des besoins de l’immigration française » d’Alfred Sauvy (n° 1, 1946), introduit par François Héran. Le second numéro inclura un article de Paul Vincent sur « Le vieillissement de la population, les retraites et l’immigration » (n° 2, 1946) commenté par Didier Blanchet. Le troisième est un article de démographie historique de Jean Meuvret sur « Les crises de subsistances et la démographie de la France d’Ancien Régime » (n° 4, 1946) analysé par Christine Théré et Isabelle Séguy. Le quatrième et dernier article de la série, écrit par Jean Bourgeois, s’intitule « Le mariage, coutume saisonnière. Contribution à une étude sociologique de la nuptialité en France » (n° 4, 1946) et sera commenté par Arnaud Regnier-Loilier et Wilfried Rault.

9Longue vie à Population, une revue qui vient d’atteindre l’espérance de vie à la naissance des hommes nés en France la même année (en 1946) mais pas encore celles des femmes (80 ans d’après les tables de mortalité des générations) et excellente lecture !

10Tous les articles de la revue depuis 1946 ont été numérisés et sont disponibles sur le site Internet de la revue (www.revue-population.fr) renvoyant sur les portails Cairn et Persée (pour les numéros les plus anciens), et également sur le portail Jstor (http://www.jstor.org/).


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Date de mise en ligne : 01/07/2016

https://doi.org/10.3917/popu.1601.0007