Le Maniema, de la guerre de l'AFDL à la guerre du RCD
Pages 59 à 74
Citer cet article
- BULELI, Léonard N’Sanda,
- Buleli, Léonard N’Sanda.
- Buleli, L.-N.-S.
https://doi.org/10.3917/polaf.084.0059
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- Buleli, L.-N.-S.
- Buleli, Léonard N’Sanda.
- BULELI, Léonard N’Sanda,
https://doi.org/10.3917/polaf.084.0059
Notes
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[1]
Chef de travaux à l’Institut supérieur pédagogique de Bukavu, j’ai reçu en 1993 la mission de créer un institut pédagogique à Kindu. J’y ai enseigné et j’ai été impliqué dans la vie politique provinciale sous Joseph Désiré Kabila. Fin 1999, menacé par le nouveau régime provincial, j’ai dû quitter le pays.
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[2]
République du Zaïre, Schéma régional d’aménagement : Maniema – Nord-Kivu – Sud-Kivu, ministère de TPH, Office de planification et de développement du Québec, sl, sd.
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[3]
Muselée et insignifiante, la contestation n’a commencé à ébranler les assises d’Omari Léa Sisi qu’avec l’arrivée des institutions de l’enseignement supérieur et universitaire en 1993.
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[4]
Statistiques 1993, Archives de l’Inspection régionale de la santé, Maniema, Kindu. Aujourd’hui, le nombre est tombé de 25 à 16 médecins: 2 à Kalima, 1 à Kampene, 1 à Kibombo, 1 à Kasongo, 1 à Kipaka, 1 à Lusangi et 9 à Kindu. Correspondance privée du Dr Saleh, médecin inspecteur régional du Maniema, reçue le 28 mars 2001
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[5]
Dans certaines zones, on a même vu pratiquer des opérations chirurgicales à domicile dans des conditions sanitaires effroyables et par des personnes qui n’étaient pas compétentes.
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[6]
Il faut dire que la politique des zones de santé fait partie du programme élaboré conjointement par le ministère de la Santé de la république du Zaïre et l’OMS dans les années 1980.
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[7]
Le train allant de Lubumbashi à Kindu (la distance est d’environ 1 500 km) pouvait mettre deux mois. Les responsables évoquaient le manque de carburant, mais c’est surtout l’incapacité des dirigeants de l’entreprise qui en était la cause. La plupart d’entre eux avaient été nommés pour des raisons clientélistes et n’avaient aucune formation pour exercer ces fonctions.
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[8]
L’expression « Bazungu ya Tshisekedi » a probablement était lancée par la propagande du MPR/Maniema. Elle a commencé à circuler à Kindu, puis dans tout le Maniema, à partir de 1992, période pendant laquelle Étienne Tshisekedi était Premier ministre élu de la CNS. Les salaires des fonctionnaires n’étaient plus versés par l’administration centrale et la misère, puis la famine, se sont petit à petit installées. Souffrant de kwashiorkor, certaines personnes avaient une peau pâle et les cheveux décolorés, ce qui les rendait semblables aux albinos, ou encore aux Blancs. La propagande du MPR/Maniema a ainsi tourné en dérision les « performances » du gouvernement de Tshisekedi, qui avait promis le retour de la coopération européenne pour reconstruire le pays.
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[9]
Comme la gendarmerie n’intervint pas, cette marche fut considérée par les étudiants comme une victoire. Le gouverneur Omari Léa Sisi dut faire marche arrière en composant avec ces derniers. Le syndrome des massacres de Lubumbashi aidant, il organisa une grande rencontre avec eux pour discuter des questions posées dans le mémorandum. La rencontre se transforma en un forum qui remit en question toute la gouvernance de la province.
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[10]
Je me souviens de mon oncle paternel Kandangwe, sergent de la force publique, qui disait qu’au centre d’instruction de Lokandu, les instructeurs leur apprenaient que les civils étaient des « basenji » (« sauvages » indisciplinés) qui ne travaillaient que sous la contrainte.
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[11]
En effet, tout le monde croyait que cette guerre s’arrêterait assez tôt, puisqu’elle n’était qu’un conflit ethnique local comme tant d’autres auxquels on était habitué depuis un certain temps au Nord- et au Sud-Kivu. Les gens du Maniema pensaient que les FAZ avaient une grande capacité de réplique, surtout après les annonces intempestives des contre-offensives « totales et foudroyantes », selon l’expression consacrée par les gouvernements Kengo et Likulia.
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[12]
Les habitants de Shabunda, par exemple, allèrent eux-mêmes chercher les soldats de l’AFDL à Bukavu et à Mwenga, facilitant la prise de cette ville pour se débarrasser des FAZ.
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[13]
« Petit » en swahili, ce qui signifie autant de petite taille que jeune ou cadet social.
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[14]
D’aucuns disent que ce rapport lui a valu d’être nommé en mai 1997 ministre de l’Énergie dans le premier gouvernement de Kabila.
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[15]
La délégation de l’AFDL arrivée au Maniema le 3 mars avec Mwenze Kongolo, chef du département de la Justice, n’avait pas de comité de direction. Sous l’initiative de Mwenze Kongolo, les délégués ont élu Nyembo comme coordonnateur de l’équipe. La légitimité de Nyembo venant des délégués, celui-ci n’était à leurs yeux qu’un « primus inter parens » et non un chef.
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[16]
Le siège de l’AFDL/Maniema a été mis sous scellés par le parquet de grande instance de Kindu sur ordre du procureur de la République qui, à la suite d’une plainte du gouverneur de province et de la famille de Ngongo Luwowo, propriétaire de l’immeuble, enquêtait sur les biens saisis par l’AFDL, dans le cadre des enquêtes sur les « biens mal acquis » qui auraient été détournés par les délégués. Le conflit prit fin de façon rocambolesque lorsque le commandant « katangais » de la garnison de Kindu – qui estimait que l’AFDL ne devait pas être soumise au gouverneur et au parquet – a pris d’assaut le parquet et le gouvernorat pour exiger que les scellés soient enlevés. Le gouverneur et le procureur de la République ont été séquestrés par les soldats pendant une demi-journée avant d’abandonner les poursuites.
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[17]
Un enseignant de l’ethnie tetela de la localité de Wembonyama fut brûlé vif parce que les miliciens d’un groupe d’autodéfense populaire avaient confondu sa morphologie avec celle d’un Tutsi…
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[18]
En réalité, Asumani Mekungu a été emprisonné pour avoir critiqué la gestion de la guerre du Maniema dans un message envoyé au président de la République, dans lequel il demandait le limogeage du gouverneur de province et du commandant des opérations du Maniema afin d’empêcher la chute de Kindu.
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[19]
Quelques bombardements nocturnes opérés par l’aviation zimbabwéenne soutenant Kabila ajoutaient un grain de sel à la rumeur du retour de Kabila.
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[20]
On peut voir également dans ce refus de cohabiter avec les Rwandais des raisons historiques liées à la colonisation belge. Les ouvriers rwandais recrutés alors pour les compagnies minières du Maniema ont été considérés comme des gens « inoffensifs », timides, et dont l’hygiène laissait à désirer. Il semblait donc inconcevable que les Rwandais puissent dominer les Congolais.
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[21]
F. Mali-ya-Tabu, « À propos du pillage au Maniema », Le Courrier du Sud, n° 1, 6 décembre 1999, p. 6 (feuillet d’information des Congolais d’Allemagne).
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[22]
www.mondifo.com du mois de mars 2000.
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[23]
Plusieurs meurtres n’ont jamais fait l’objet d’enquêtes : dans un village, à 13 kilomètres de Kindu, sur la route de Kampene, pendant la retraite de l’armée rwandaise poursuivant les guerriers maï-maï, plusieurs personnes ont été tuées ; en juillet 1999, un officier congolais de police a été assassiné dans la localité de Kaïlo ; un jeune coupeur de noix de palme a été tué à l’aéroport de Kindu. Les coupables n’ont jamais été poursuivis.
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[24]
S. Kichwa-Mayibwe, « Les génocides au Maniema sous la rébellion », Courrier du Sud, op. cit., p. 5.
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[25]
Entretien avec Kipalapala, administrateur du territoire de Punia à Kindu en janvier 1999.
Depuis plus de dix ans, la transition est en RDC un mode de vie. Au Maniema, une province née de la décentralisation mobutiste qui devait sortir le pays de la crise ouverte par la zaïrianisation, la démocratisation rime avec le pouvoir échu au plus fort. La guerre accentue cette tendance. Quand l’exceptionnel est la norme et que les sciences sociales perdent leur pouvoir explicatif, il faut commencer par décrire le savoir-faire de la survie.
Maniema: From The War of The AFDL To The War of The RCD
Over the past ten year, transition has become a way of life in the DRC. In Maniema, a province created by Mobutu’s decentralisation programme, democratisation is translated as power to the strongest. The war has accentuated this tendency. When the exception becomes the rule and the social sciences lose their explanatory power, we must begin by describing the know-how of survival.