Erik Del Bufalo, Deleuze et Laruelle. De la schizo-analyse à la non-philosophie, Paris, Kimé, 2003, coll. « Bibliothèque de non-philosophie », 266 p., 25,50 E.
Pages 451e à 506e
Citer cet article
- GABAUDE, Jean-Marc,
- Gabaude, Jean-Marc.
- Gabaude, J.-M.
https://doi.org/10.3917/rphi.034.0451e
Citer cet article
- Gabaude, J.-M.
- Gabaude, Jean-Marc.
- GABAUDE, Jean-Marc,
https://doi.org/10.3917/rphi.034.0451e
1 Membre de l’école laruellienne, E. del B. expose la pensée des deux auteurs, puis la réciprocité de passage entre eux. La non-philosophie, qui n’est pas philosophie ni théologie négatives, récuse, tout en demeurant dans le champ philosophique, la philosophie qui se prétend langage réel du réel ainsi déterminé par ce langage. Tout en congédiant les concepts et les valeurs de la philosophie, la non-philosophie repense, de son point de vue philosophant, toutes les autres philosophies, ce qui fait émerger des idées. Depuis plus d’un quart de siècle, l’inventeur de la non-philosophie s’intéresse au cas deleuzien. Dès 1977, dans Le déclin de l’écriture, il recourait à un matérialisme machinique et à une matière libidinale ; et surtout, en 1986, dans Les philosophies de la différence, il reconstruisait très différemment la notion de différence. La solution de la schizo-analyse est, selon E. del B., la réversibilité continuelle de sa syntaxe, « dans la schize de la tension » (p. 134). Dans la schizo-analyse, apparaissent la dualité foncière et la double articulation ontologisante du langage. Pragmatique du discours philosophique, l’analyse universelle qu’est la non-philosophie se spécifie en dualyse unilatérale qui peut réduire la schizo-analyse en non-schizo-analyse. Mais cette dernière doit avouer ses amphibologies en étant à son tour soumise à cette dualyse. Bien que l’exposé soit plus clair que chez les deux maîtres, la confrontation reste fidèle à ce qu’a souvent de brillamment difficultueux l’écriture laruellienne. Ouvrage de haute tension pour doublement initiés.
Jean-Marc GABAUDE.