Article de revue

Oppositions et résistances russes à la guerre en Ukraine

Entre répression, ténacité et recherche de perspectives

Pages 34 à 41

Citer cet article


  • Le Huérou, A.
  • et Merlin, A.
(2024). Oppositions et résistances russes à la guerre en Ukraine Entre répression, ténacité et recherche de perspectives. La Revue Nouvelle, 7(7), 34-41. https://doi.org/10.3917/rn.243.0034.

  • Le Huérou, Anne.
  • et al.
« Oppositions et résistances russes à la guerre en Ukraine : Entre répression, ténacité et recherche de perspectives ». La Revue Nouvelle, 2024/7 n° 7, 2024. p.34-41. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-nouvelle-2024-7-page-34?lang=fr.

  • LE HUÉROU, Anne
  • et MERLIN, Aude,
2024. Oppositions et résistances russes à la guerre en Ukraine Entre répression, ténacité et recherche de perspectives. La Revue Nouvelle, 2024/7 n° 7, p.34-41. DOI : 10.3917/rn.243.0034. URL : https://shs.cairn.info/revue-nouvelle-2024-7-page-34?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rn.243.0034


Notes

  • [1]
    Les enquêtes indépendantes en sources ouvertes à partir des annuaires statistiques, des avis de décès et des registres de successions avancent des nombres allant de 70 000 à 500 000 (Allison 2024).
  • [2]
    Créée en 1989, en pleine période d’ouverture politique, l’ONG Memorial avait pour objectif de réhabiliter les victimes, de mettre au jour l’histoire et la mémoire des répressions staliniennes. Les membres fondateurs de l’organisation ont ensuite fondé le Centre de défense des droits humains Memorial afin de promouvoir et défendre l’État de droit et les droits fondamentaux dans la Russie postsoviétique.
  • [3]
    Pour un développement de cette affaire, voyez la contribution de N. Dahuron dans la rubrique Italique de ce numéro.
  • [4]
    Pour cet aspect, voyez l’article de R. Buyantueva dans ce dossier.
  • [5]
    Pour un développement, voyez la contribution de A. Delizée et A. Yudin dans ce dossier.
  • [6]
    Iabloko est un parti de coloration sociale-démocrate créé dans le sillage des réformes économiques et politiques des années 1990 pour ancrer la Russie postsoviétique dans un État de droit et une économie de marché.
  • [7]
    Terme qui désigne en russe les services administratifs dont le pouvoir exécutif fait un usage abusif, en particulier lors des élections.
  • [8]
    Sur l’évolution du positionnement politique d’A. Navalny, voir Delizée A., Navalny ou « la merveilleuse Russie du futur » ? La Revue nouvelle, 2024, 4, 24–31.
  • [9]
    Homme politique et artisan des réformes économiques dans les années Eltsine, Boris Nemtsov s’est rapidement éloigné de tout soutien à Poutine avant d’entrer dans une opposition frontale, en particulier après l’annexion de la Crimée en 2014. Il avait organisé des marches de la Paix et s’était aussi attiré les foudres des dirigeants de Tchétchénie en critiquant le régime ultraautoritaire de R. Kadyrov, probablement à l’origine de son assassinat.
  • [10]
    La Fédération de Russie est en effet constituée de différents territoires, dont 23 Républiques fédérées, la majorité d’entre elles étant fondées sur une base ethnique de peuples non russes dits titulaires, comme les Bachkir·es, les Tatar·es, les Tchétchènes, les Ingouches, et bien d’autres.
  • [11]
    L’incursion menée depuis le 6 août 2024 dans ces régions frontalières est en revanche le fait des forces armées ukrainiennes, même si certains volontaires russes semblent impliqués.
  • [12]
    Entretien avec A. Le Huérou, une capitale balte, juin 2024.
  • [13]
    Certain·es exilé·es soupçonnent que d’autres relokanty rassemblent des informations pour le Kremlin.
  • [14]
    Entretiens avec A. Le Huérou, une capitale balte, juin 2024.

Le 1er aout 2024, un échange entre la Russie et l’Occident conduisait à la libération de prisonnier·ères politiques russes, dont Oleg Orlov, Vladimir Kara-Mourza, Ilia Iachine et Alexandra Skotchilenko. Si cet échange a suscité un soulagement, il ne saurait occulter la réalité de la répression politique en Russie : le 18 février 2024, la mort en détention de l’opposant Alexeï Navalny a été suivie le 26 février de la condamnation du défenseur des droits humains Oleg Orlov, cofondateur de l’ONG Memorial, à deux ans et demi de prison, marquant avec fracas le deuxième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par les forces militaires russes. Depuis le 24 février 2022, la répression en Russie contre les voix indépendantes connait en effet une accélération sans précédent, marquée, entre autres, par le chiffre éloquent de 763 prisonnier·ères politiques au 15 aout 2024 (Memorial s.d.).
Peu affaibli, voire renforcé par une économie de guerre qui tourne à plein malgré les sanctions, le régime a été conforté une fois de plus par la reconduction triomphale — suite à un scrutin au résultat connu d’avance — de V. Poutine à la tête de la Russie le 17 mars 2024. Il a semblé à peine ébranlé quelques jours plus tard par la terrible attaque terroriste de la salle de concert de Krokus Hall à Moscou. La propagande (FIDH 2024) est à son plus haut niveau, qui voit partout la « main de Kiev » ou de l’Occident collectif. Le Kremlin renforce sa stratégie d’influence vis-à-vis du Sud global, avec notamment un accroissement de sa présence dans plusieurs pays du Sahel…


Date de mise en ligne : 03/12/2024

https://doi.org/10.3917/rn.243.0034

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