S'abonner
Compte rendu

Philippe Mathy, Sous la robe des saisons, L’herbe qui tremble, Paris, 2013, 134 p., 16 €.

Pages 171b à 178b

Citer cet article


  • Lançon, P.
(2014). Philippe Mathy, Sous la robe des saisons, L’herbe qui tremble, Paris, 2013, 134 p., 16 €. Nord' 64(2), 171b-178b. https://doi.org/10.3917/nord.064.0171b.

  • Lançon, Philippe.
« Philippe Mathy, Sous la robe des saisons, L’herbe qui tremble, Paris, 2013, 134 p., 16 €. ». Nord' 2014/2 N° 64, 2014. p.171b-178b. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-nord-2014-2-page-171b?lang=fr.

  • LANÇON, Philippe,
2014. Philippe Mathy, Sous la robe des saisons, L’herbe qui tremble, Paris, 2013, 134 p., 16 €. Nord' 2014/2 N° 64, p.171b-178b. DOI : 10.3917/nord.064.0171b. URL : https://shs.cairn.info/revue-nord-2014-2-page-171b?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/nord.064.0171b


1 Sous la robe des saisons du poète tournaisien Philippe Mathy comporte trois sections respectivement intitulées « La Part de l’ombre », « Lumière obstinée » et « Sous la robe des saisons » dans lesquelles la poésie versifiée domine, associée à des poèmes en prose ou encore à des notes. L’ouvrage, très beau comme toujours aux éditions de L’herbe qui tremble, est illustré par des peintures d’Agnès Arnould.

2 Les titres des deux premières sections rendent assez bien compte de ce qui est en jeu dans le recueil. La poésie prend en effet sa source dans l’ombre d’un souvenir ou d’une absence. C’est le manque qui en quelque sorte sollicite le poète et appelle la parole. « Ce sont les morts qui me secouent », écrit Philippe Mathy. Et « le poème est un silence en nous qui grandit, pèse parfois jusqu’à la douleur » (p. 128). Mais le poète ne s’en tient pas à la déploration car « le jour et la nuit cheminent côte à côte » (p. 20). « Lumière obstinée » s’ouvre alors à l’expression d’un plaisir sensuel auquel le titre du recueil renvoie également et la parole, inspirée par l’amour, se fait alors plus confiante et heureuse. « Si je m’en vais/ Toujours elle m’accompagne » (p. 53), assure le poète en évoquant la femme aimée. Mais le lecteur de poésie sait que l’amour est pour le couple un partage qui au-delà d’eux-mêmes leur entrouvre le monde : « Elle a le poids d’un chant d’oiseau/ qui ouvrirait un jour sans fin » (p. 54). Dire cette union, cette fusion, c’est occuper, obstinément, le côté que la lumière inonde.

3 On pourrait se dire qu’on a lu cela souvent déjà, chez des poètes contemporains, et des plus illustres. Il est vrai que l’utilisation assez fréquente du motif de la rive fait songer à Bonnefoy ou que ces mots placés à la clôture du recueil évoquent Jaccottet : « Au creux de tes mains, un poème. Parfois, il ressemble à une lampe éteinte. C’est pourtant lui qui te permet d’avancer dans l’obscur sans tomber ». On n’en fera surtout pas le reproche à Philippe Mathy qui nous mène à la jonction du simple et du profond, « sous la robe des saisons », d’une manière qui toujours nous touche et nous requiert. « Si tu es venu pour la rencontre, assieds-toi » (p. 109), écrit Philippe Mathy. Le lecteur ne manquera pas de rejoindre celui qui l’y invite, ni de se mettre à l’écoute de Sous la robe des saisons.

4 Philippe LANÇON


Date de mise en ligne : 01/12/2017

https://doi.org/10.3917/nord.064.0171b