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Compte rendu

Philippe Fumery, Berbère, Éditions de l’Arbre à paroles, 2013, 43 p., 6 €.

Pages 171a à 178a

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  • Lançon, P.
(2014). Philippe Fumery, Berbère, Éditions de l’Arbre à paroles, 2013, 43 p., 6 €. Nord' 64(2), 171a-178a. https://doi.org/10.3917/nord.064.0171a.

  • Lançon, Philippe.
« Philippe Fumery, Berbère, Éditions de l’Arbre à paroles, 2013, 43 p., 6 €. ». Nord' 2014/2 N° 64, 2014. p.171a-178a. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-nord-2014-2-page-171a?lang=fr.

  • LANÇON, Philippe,
2014. Philippe Fumery, Berbère, Éditions de l’Arbre à paroles, 2013, 43 p., 6 €. Nord' 2014/2 N° 64, p.171a-178a. DOI : 10.3917/nord.064.0171a. URL : https://shs.cairn.info/revue-nord-2014-2-page-171a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/nord.064.0171a


1 De Philippe Fumery nous connaissons une poésie toujours brève, s’attachant aux paysages du Nord sous forme d’instantanés. Le poète n’abandonne pas cette écriture, mais il s’est temporairement éloigné du Nord dans lequel il vit et il nous emmène en pays berbère. Il semble que ce voyage dans ce pays de bergers, de moutons et de mules ait réclamé l’écriture pour être totalement accompli.

2 Ainsi, les mots des poèmes sont comme des pierres posées qui témoignent du passage du voyageur ouvert à la rencontre, de celles qui surprennent et émerveillent : « qu’un homme soit passé / une pierre a été ajoutée / empilée » (p. 17). De même, comme ces pierres des murets – le motif de la pierre est récurrent dans ce court recueil – qui délimitent l’espace à l’intérieur duquel « le troupeau se reforme » (p. 27), le voyage prend réellement forme à mesure que les mots sont égrenés comme autant de cailloux qui tracent le chemin.

3 Le recours à la seconde personne du singulier, comme substitut de la première personne participe aussi, nous semble-t-il, de cette démarche. Elle met pudiquement à distance le je lyrique en même temps qu’elle transforme ce qui a été vécu en expérience partageable : « l’âne te porte / diminué / tu voudrais juste / le soulager » (p. 26). Le je devenu personnage se trouve en effet comme rehaussé et le voyage consacré par la parole acquiert une épaisseur qui pourra nourrir l’être.

4 Le recueil s’achève sur l’évocation de joyeuses Parques « riant filant / dévidant nos histoires » et tissant le texte du poème dont elles détiennent manifestement les fils. D’ailleurs, le tu s’absente des derniers fragments et le recueil n’épuise heureusement pas le secret du pays berbère. Il n’en a pas moins le caractère précieux de ce qui s’écrit sur le sable, fragile mais résolu à retenir la beauté souvent éphémère du voyage et du souvenir.

5 Philippe LANÇON


Date de mise en ligne : 01/12/2017

https://doi.org/10.3917/nord.064.0171a