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Article de revue

« L’art, ce choc en retour… »

Pages 31 à 32

Citer cet article


  • Touré, M.
(2017). « L’art, ce choc en retour… » NECTART, 5(2), 31-32. https://doi.org/10.3917/nect.005.0031.

  • Touré, Moïse.
« “L’art, ce choc en retour…” ». NECTART, 2017/2 N° 5, 2017. p.31-32. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-nectart-2017-2-page-31?lang=fr.

  • TOURÉ, Moïse,
2017. « L’art, ce choc en retour… » NECTART, 2017/2 N° 5, p.31-32. DOI : 10.3917/nect.005.0031. URL : https://shs.cairn.info/revue-nectart-2017-2-page-31?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/nect.005.0031


Dans cette revue qui privilégie la réflexion et l’analyse, il nous a semblé essentiel de donner la parole aux artistes pour vous livrer d’autres points de vue, d’autres points de fuite. À partir de deux questions auxquelles ils peuvent répondre (ou non) très librement : À quel moment et dans quelles circonstances avez-vous ressenti que l’art peut agir sur le monde ? Quel rôle vous assignez-vous dans la société en tant qu’artiste ?

Description de l'image par IA : Portrait en noir et blanc d'un homme pensif, mains jointes sous le menton.

1Le fait que j’existe sans fondement autre que ma naissance m’oblige à chercher en moi et hors de moi la nécessité de mes actes. D’une certaine façon, cette recherche est tout entière tournée vers l’extérieur, puisque ce que je suis procède tout autant de l’invention que de la découverte.

2Je suis au milieu du monde, je suis au milieu de l’humanité et, d’une certaine manière, entièrement défini par eux. En fin de compte, il suffisait non de nommer les choses mais d’être nommé par elles. De s’abandonner, de se déprendre, de s’éloigner de soi, faisant d’une volonté à « rebrousse chemin » le miroir du monde.

3Et ce n’est pas renoncer mais CHOISIR d’être parlé plutôt que de parler, accueillir le langage plutôt que de s’en servir.

4L’art est cette forme de langage indirect, ce choc en retour qui, tout ensemble, donne à voir et rabat le sens sur notre propre existence, faisant de la facticité d’être là le foyer de toutes les valeurs.

5Ainsi, pour un artiste, il suffit qu’il se figure tel une vestale, le garant du genre humain. Requis d’un jour, requis toujours, voilà le moi.

Quel rôle vous assignez-vous dans la société en tant qu’artiste ?

6

Moi, contemporain.

Moi et ma tradition
Moi et ma modernité
Moi et le monde
Moi et mon pays, ville, village
Moi et mon paysage
Moi et mon visage
Moi et les visages
Moi et ma langue
Moi et les langues
Moi et la carte – territoire
Moi et ma géographie humaine
Moi et les murmures du monde
Moi et ma communauté
Moi et les communautés
Moi et mes rêves, mes imaginaires
Moi comme promesse
Moi, Moi, Moi, Moi, Moi
Moi humain
Je voudrais vous dire Moi et mon monde, au monde.

Moïse Touré est un rassembleur. Sa pratique artistique de metteur en scène est nourrie du bruissement du monde. Aujourd’hui plus que jamais, il ressent la nécessité de partager et de transmettre ce vécu artistique et sa lecture du monde, de confronter le local au global, et ce au travers de projets, de créations et de rencontres. Dans chacune de ses expériences, les questions de la langue, du territoire et des identités sont posées comme enjeu de réflexion de travail. Il crée la compagnie Les Inachevés en 1984 à Grenoble, et poursuit dès lors son parcours en France et à l’étranger. Il s’engage activement auprès du Théâtre national de l’Odéon, sous la direction de Georges Lavaudant, et est associé à la Scène nationale de Guadeloupe et à Bonlieu, scène nationale d’Annecy. Voyageur, il multiplie les collaborations artistiques à travers le monde.

À partir de 2012, il ouvre une nouvelle perspective de son aventure artistique avec la création de l’Académie des savoirs et des pratiques artistiques partagées, avec pour premier acte fondateur la mise en oeuvre du projet Trilogie pour un dialogue de continents. Duras, notre contemporaine – Europe (France)/Afrique (Burkina Faso)/Asie (Vietnam) –, à travers les écrits de l’auteure. L’Académie se donne aussi pour objectif de réinventer des espaces de créativité dans la ville à travers les projets Utopies urbaines à Grenoble et dans le Vercors (2014-2016), avec la participation de 300 habitants, et Promesse Factory, impliquant 50 femmes de la région d’Annecy, qui a abouti à une création sur le grand plateau de Bonlieu, scène nationale.

Date de mise en ligne : 13/06/2017

https://doi.org/10.3917/nect.005.0031