Quelle finance pour la bifurcation écologique (et quels retours sur le passé) ?
Pages 66 à 71
Citer cet article
- MOULIER BOUTANG, Yann,
- Moulier Boutang, Yann.
- Moulier Boutang, Y.
https://doi.org/10.3917/mult.099.0066
Citer cet article
- Moulier Boutang, Y.
- Moulier Boutang, Yann.
- MOULIER BOUTANG, Yann,
https://doi.org/10.3917/mult.099.0066
Notes
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[1]
Voir mon livre L’abeille et l’économiste, Carnets Nord, Paris 2011.
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[2]
Nabil Khoury, « La condamnation de l’usure dans le Christianisme et dans l’Islam », Assurances et gestion des risques, no 85 (1-2), p. 1-25, https://id.erudit.org/iderudit/1051314ar
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[3]
Voir l’excellent livre de Francesca Trivelatto, Le capitalisme et les Juifs. Aux origines d’une légende, traduction au Seuil, Paris, 2025, et ma recension de cet ouvrage dans L’Archicube de l’ENS Ulm.
Depuis les premiers cris d’alarme du club de Rome de 1972 sur les limites de la croissance, vite relayés par les écologistes dans les années 1980-2000, jusqu’aux sommets internationaux des conférences pour le climat (COP), la finitude du système de la vie sur Terre n’est plus un tabou. Avant, il suffisait de botter en touche sur la durée de vie restante de l’étoile soleil (de l’ordre de 9 milliards d’années) pour éloigner assez confortablement la question. À partir du moment où la question n’était plus la durée de vie de l’astre terrestre quand le soleil commence à s’éteindre, mais la soutenabilité du vivant dont l’humain n’est qu’une partie (même si les théologiens à la Pierre Teilhard de Chardin y voyaient le couronnement absolu de la création), la possibilité d’une extinction de l’espèce humaine au sein des espèces vivantes (car ces dernières sont devenues dépendantes de façon palpable du sort de la biodiversité, ainsi qu’en témoignent les discussions en cours sur l’état de la sixième extinction des espèces terrestres) a quitté l’univers de la science-fiction.
Le vocabulaire du développement économique, de l’économie politique, de la vie sociale s’est mis à perdre la belle et commode indépendance qu’il avait acquise depuis les XVIIe et XVIIIe siècles vis-à-vis des questions du salut, de la survie, de l’au-delà. Bref, on assiste à un retour du religieux, si par religio on entend le lien avec l’invisible, l’incertitude absolue, un futur plus ou moins proche, sur lequel l’humanité spécule, c’est-à-dire regarde vers son avenir…