S'abonner
Article de revue

Résonnances internationalistes de la lutte kurde

Peuple sans État, alliances sans frontières

Pages 186 à 193

Citer cet article


  • Rostampour, S.
(2025). Résonnances internationalistes de la lutte kurde Peuple sans État, alliances sans frontières. Multitudes, 99(2), 186-193. https://doi.org/10.3917/mult.099.0186.

  • Rostampour, Somayeh.
« Résonnances internationalistes de la lutte kurde : Peuple sans État, alliances sans frontières ». Multitudes, 2025/2 n° 99, 2025. p.186-193. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-multitudes-2025-2-page-186?lang=fr.

  • ROSTAMPOUR, Somayeh,
2025. Résonnances internationalistes de la lutte kurde Peuple sans État, alliances sans frontières. Multitudes, 2025/2 n° 99, p.186-193. DOI : 10.3917/mult.099.0186. URL : https://shs.cairn.info/revue-multitudes-2025-2-page-186?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/mult.099.0186


Notes

La question kurde est l’un des refoulés les plus tenaces de l’ordre international moderne. Depuis le XVIe siècle, les Kurdes sont piégés dans un entre-deux impérial – pris entre l’Empire ottoman et l’Empire safavide, puis effacés par la naissance violente des États-nations du Moyen-Orient. En 1920, le traité de Sèvres reconnaît enfin le droit des Kurdes à l’autonomie. Trois ans plus tard, le traité de Lausanne enterre cette promesse. Le Kurdistan est alors divisé entre la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran. Ce redécoupage marque le point de départ d’un siècle de répression. Depuis, les politiques d’assimilation forcée et de violence étatique ont systématiquement tenté d’effacer l’existence kurde. Près de 40 millions de personnes, considérées comme la plus grande population apatride au monde, sont privées de leur droit à l’autodétermination au nom des équilibres géopolitiques régionaux. La domination devient locale, mais son schéma reste impérial.
Les États-nations nouvellement constitués réorganisent les populations dans une logique autoritaire et homogénéisante. Les Kurdes sont dépossédés de leur statut politique de peuple pour être requalifiés en « minorités ethniques (Qawm) ». Ce processus, que l’on peut nommer colonialisme inter-subalterne, décrit la manière dont des États postcoloniaux comme la Turquie ou l’Iran reproduisent des mécanismes coloniaux sur des peuples sans État, dans une configuration inter-impériale. Ce système d’oppression a produit une résistance d’autant plus durable…


Date de mise en ligne : 25/06/2025

https://doi.org/10.3917/mult.099.0186

Cet article est en accès conditionnel