Résonnances internationalistes de la lutte kurde
Peuple sans État, alliances sans frontières
Pages 186 à 193
Citer cet article
- ROSTAMPOUR, Somayeh,
- Rostampour, Somayeh.
- Rostampour, S.
https://doi.org/10.3917/mult.099.0186
Citer cet article
- Rostampour, S.
- Rostampour, Somayeh.
- ROSTAMPOUR, Somayeh,
https://doi.org/10.3917/mult.099.0186
Notes
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[1]
En Turquie, même l’utilisation des mots « Kurde » et « Kurdistan » ou l’utilisation de lettres qui sont dans l’alphabet kurde mais pas dans le turc (Q, W, X) ont été considérées comme un crime depuis les premières décennies du XXe siècle jusqu’à récemment et en Syrie, une grande partie de la population kurde n’avait pas de carte identité.
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[2]
Matin Kamran, « Decolonising Iran : A tentative note on inter-subaltern colonialism », Current Anthropology 63, no 2 (2022) : 1-4.
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[3]
Abbas Vali, « Silence au Rojhelat : une étude de cas », Anatoli. De l’Adriatique à la Caspienne. Territoires, Politique, Sociétés, no 8 (2017) : 77-105.
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[4]
Sur un tel idéal, voir Martin Van Bruinessen, Transnational aspects of the Kurdish question, European University Institute, 2000.
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[5]
Hafez el-Assad niait les droits des Kurdes mais voyait le PKK comme une force inoffensive et un levier de pression contre la Turquie, membre de l’OTAN. Notons tout de même que, d’après les témoignages recueillis, des membres du PKK se souviennent avoir vécu des vagues répétées d’arrestations et de violence dans les années 1990, sous le régime de Bachar al-Assad.
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[6]
Elle était une militante de gauche radicale et avait été impliquée dans certaines activités révolutionnaires. Elle fut accusée de faire partie de la Faction Armée rouge allemande. L’affaire Andrea Wolf fait l’objet d’un court métrage de Hito Steyerl intitulé November.
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[7]
Collectif Les Peuples Veulent, Révolutions de notre temps : Manifeste internationaliste, La Découverte, 2025, p. 56.
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[8]
Martin van Bruinessen, « The Kurds in movement: migrations, mobilisations, communications and the globalisation of the Kurdish question », Working Paper no. 14, Islamic Area Studies Project, Tokyo, Japan, 1999.
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[9]
Alynna J. Lyon & Emek M. Ucarer, « The Transnational Mobilization of Ethnic Conflict: Kurdish Separatism in Germany », in International Studies Association annual meeting, Minneapolis, Minnesota, 1998.
- [10]
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[11]
https://internationalistcommune.com/jerusalem-the-capital-of-humanity/ cité dans le même texte.
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[12]
Angela Y. Davis, Freedom is a constant struggle: Ferguson, Palestine, and the foundations of a movement, Haymarket Books, 2016.
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[14]
« Nettoyage ethnique à Afrin (2): Le cas de la ville de Rajo ». publié sur le site de l’Institut kurde de Paris en février 2021 : www.institutkurde.org/info/nettoyage-ethnique-a-afrin-2-le-cas-de-la-ville-de-rajo-1232551977?utm_source=chatgpt.com
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[15]
Consultez les rapports publiés sur le site de « kurdistan au feminin ».
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[20]
Voir la conversation avec le collectif Tawar, Les luttes des femmes kurdes et les leçons qu’elles en tirent, www.radiozamaneh.com/765068
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[21]
Cinzia Arruzza, Tithi Bhattacharya, Nancy Fraser & Valentine Dervaux, Féminisme pour les 99 % : un manifeste, La Découverte, 2019.
La question kurde est l’un des refoulés les plus tenaces de l’ordre international moderne. Depuis le XVIe siècle, les Kurdes sont piégés dans un entre-deux impérial – pris entre l’Empire ottoman et l’Empire safavide, puis effacés par la naissance violente des États-nations du Moyen-Orient. En 1920, le traité de Sèvres reconnaît enfin le droit des Kurdes à l’autonomie. Trois ans plus tard, le traité de Lausanne enterre cette promesse. Le Kurdistan est alors divisé entre la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran. Ce redécoupage marque le point de départ d’un siècle de répression. Depuis, les politiques d’assimilation forcée et de violence étatique ont systématiquement tenté d’effacer l’existence kurde. Près de 40 millions de personnes, considérées comme la plus grande population apatride au monde, sont privées de leur droit à l’autodétermination au nom des équilibres géopolitiques régionaux. La domination devient locale, mais son schéma reste impérial.
Les États-nations nouvellement constitués réorganisent les populations dans une logique autoritaire et homogénéisante. Les Kurdes sont dépossédés de leur statut politique de peuple pour être requalifiés en « minorités ethniques (Qawm) ». Ce processus, que l’on peut nommer colonialisme inter-subalterne, décrit la manière dont des États postcoloniaux comme la Turquie ou l’Iran reproduisent des mécanismes coloniaux sur des peuples sans État, dans une configuration inter-impériale. Ce système d’oppression a produit une résistance d’autant plus durable…