Article de revue

Nouvelle gestion publique à l’école primaire, de quoi parle-t-on ?

La réception du discours managérial ministériel par les professeurs des écoles

Pages 25 à 48

Citer cet article


  • Connan, P.-Y.,
  • Katz, S.,
  • Legendre, F.
  • et Charles, F.
(2025). Nouvelle gestion publique à l’école primaire, de quoi parle-t-on ? La réception du discours managérial ministériel par les professeurs des écoles. Mots. Les langages du politique, 138(2), 25-48. https://shs.cairn.info/revue-mots-2025-2-page-25?lang=fr.

  • Connan, Pierre-Yves.,
  • et al.
« Nouvelle gestion publique à l’école primaire, de quoi parle-t-on ? : La réception du discours managérial ministériel par les professeurs des écoles ». Mots. Les langages du politique, 2025/2 n° 138, 2025. p.25-48. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-mots-2025-2-page-25?lang=fr.

  • CONNAN, Pierre-Yves,
  • KATZ, Serge,
  • LEGENDRE, Florence
  • et CHARLES, Frédéric,
2025. Nouvelle gestion publique à l’école primaire, de quoi parle-t-on ? La réception du discours managérial ministériel par les professeurs des écoles. Mots. Les langages du politique, 2025/2 n° 138, p.25-48. URL : https://shs.cairn.info/revue-mots-2025-2-page-25?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Par exemple : Stéphane Germain, « Éducation : le retour inquiétant du New Public Management », Le Café pédagogique, 29 février 2024, https://www.cafepedagogique.net/2024/02/29/education-le-retour-inquietant-du-new-public-management/.
  • [2]
    Bulletin officiel hors-série no 3 du 19 juin 2008.
  • [3]
    Circulaire no 2006-126 du 17 août 2006 : mise en œuvre et suivi du projet personnalisé de scolarisation.
  • [4]
    Article 16 de la loi no 2005-380 du 23 avril 2005.
  • [5]
    Circulaire no 2013-036 du 20 mars 2013.
  • [6]
    À défaut de permettre une étude de la construction du sens et des cooccurrences, les nuages de mots donnent une image de la fréquence absolue dans le corpus de termes choisis, donc de certaines thématiques de la NGP présentes dans le corpus.
  • [7]
    Analyse des lexèmes cooccurrents dans un ensemble de segmentations du texte étudié.
  • [8]
    Ce classement repose sur la valeur du Khi2 qui est un indicateur de l’intensité du lien entre l’item lexical et la classe d’appartenance.
  • [9]
    Pour l’analyse, nous avons fait abstraction de la classe 1 (moins de 10 % des unités classées et clairement séparée des trois autres classes), constituée essentiellement du vocabulaire juridique propre aux types de textes composant le corpus.
  • [10]
    Les extraits illustrant les analyses des différents corpus correspondent à ceux qui ont été établis lors du traitement statistique Alceste (unités textuelles caractéristiques) et répartis en fonction des classes. Nous avons restitué ces unités sous la forme de citations exactes et compréhensibles.
  • [11]
    Voir le « cadre de référence » présenté au début de la section méthodologique.
  • [12]
    Ministre de l’Éducation nationale, du 16 mai 2012 au 31 mars 2014.
  • [13]
    Sans préjuger d’évolutions qu’il faudrait scruter plus en détail, signalons tout de même qu’en 2019, 88,9 % des recrutés sont d’anciens PE, et 92,5 % issus de l’enseignement primaire (Rapport du jury session 2019. Concours de recrutement des inspecteurs de l’Éducation nationale – merci à Gilles Combaz pour cette indication).
  • [14]
    La « place à laisser dans le travail réel aux tâches dites de “management” » – c’est-à-dire une forme de « conformation » à sa propre hiérarchie – le dispute à celles qui visent à « accompagner le corps enseignant ». Cette dernière dimension, principalement envisagée à travers l’évaluation des pratiques pédagogiques, est d’ailleurs majoritairement considérée par les inspecteurs comme leur « cœur de métier » (Pons, 2016, p. 28 ; Pons et Bouvier, 2014).

Le présent texte est issu d’un questionnement collectif suscité par les conclusions d’une enquête approfondie auprès des professeurs des écoles (Charles et al., 2023). Celle-ci fait état d’un bouleversement de la perception par ces derniers de leurs conditions de travail, bouleversement largement tributaire d’une frénésie de réformes depuis les années 2000 (figure 1). Les résultats de notre questionnaire et de nos entretiens le confirment : les professeurs d’école (PE) éprouvent une inflation des tâches bureaucratiques (Robert et Carraud, 2018) et une intensification du travail (Jégo et Guillo, 2016). Sur un autre plan, ils déplorent la désorganisation de leurs territoires professionnels et affrontent la remise en cause de leurs compétences pédagogiques par leurs tutelles. Cette dégradation des conditions de travail des PE est à présent bien objectivée par la recherche (Katz et al., 2021 ; Broccolichi et Garcia, 2021 ; Charles et al., 2023 ; Grimaud, 2024). Elle constitue l’un des facteurs d’une perte d’attractivité du métier (Charles et al., 2020, 2024 ; Garcia, 2023 ; Farges et Szerdahelyi, 2024), désormais médiatisée à chaque période de recrutement.
Pour certains auteurs (Levasseur et al., 2020 ; Broccolichi et Garcia, 2021 ; Grimaud, 2024), repris par une partie de la presse professionnelle et syndicale, cette dégradation des conditions de travail trouve son origine dans l’application progressive au champ éducatif de réformes inspirées de la nouvelle gestion publique (NGP)…


Date de mise en ligne : 22/08/2025

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