Politiques de subventions aux engrais au Burkina Faso : une comparaison des impacts par mode de financement à l’aide d’un modèle d’équilibre général calculable
Pages 11 à 28
Citer cet article
- SAWADOGO, Boureima
- et MAISONNAVE, Hélène,
- Sawadogo, Boureima.
- et al.
- Sawadogo, B.
- et Maisonnave, H.
https://doi.org/10.3917/med.195.0011
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- Sawadogo, B.
- et Maisonnave, H.
- Sawadogo, Boureima.
- et al.
- SAWADOGO, Boureima
- et MAISONNAVE, Hélène,
https://doi.org/10.3917/med.195.0011
1Au cours de la dernière décennie, l’économie du Burkina Faso a connu une croissance économique moyenne de 6 % en dépit de la situation sécuritaire difficile. Cette croissance est devenue régulière grâce à l’amélioration de la gestion des finances publiques mais limitée par la forte croissance démographique (3.1 %). L’agriculture est le moteur de cette croissance économique de par sa contribution à la formation du PIB (35.7 %), au revenu des ménages ruraux (61 %) et au revenu des exportations (37 %) (Banque mondiale, 2016). En outre, ce secteur emploie plus de 86 % de la population (MAFAP, 2013) et plus des deux tiers de la population burkinabé dépendent de l’agriculture comme principal moyen de subsistance (Haider, Smale, & Theriault, 2017). Toutefois, l’activité agricole est principalement de subsistance une agriculture de subsistance et pratiquée par de petits exploitants (72 % des exploitants agricoles ont moins de 5 hectares). Par ailleurs, le secteur agricole fait face à des contraintes majeures telles que la dégradation des terres et aussi l’accès aux intrants, équipements et crédits agricoles (MAFAP, 2013). L’existence de ces contraintes pourrait expliquer la faible productivité du secteur. Compte tenu de l’importance du secteur dans l’économie et du nombre de personnes qui en dépendent, le développement du secteur agricole est d’une importance capitale afin de réduire le niveau élevé de la pauvreté dans le pays (40.1 % en 2019). Ce phénomène de pauvreté est principalement rural, avec 47.5 % de la population qui ont moins de 153 530 FCFA (1 € = 655,957 FCFA) par an, contre 13.7 % en milieu urbain (INSD, 2019).
2Le gouvernement reconnaît la nécessité d’un engagement plus ferme pour le développement de l’agriculture afin de réduire la pauvreté. Depuis 2003, le Burkina Faso a fait des efforts louables pour promouvoir le développement du secteur agricole et réduire la pauvreté en élaborant la stratégie de développement rural (SDR, 2003-2015). Dans la mise en œuvre de cette stratégie, plusieurs politiques sectorielles ont été élaborées et mises en œuvre. Toutefois, les résultats obtenus indiquent que les activités ont été minées par la faiblesse des politiques sectorielles et l’insuffisance des allocations budgétaires. Partant de ce constat, la SDR a été révisée et pour la période 2016-2025, un des objectifs est d’investir dans la production agro-sylvo pastorale (Politique sectorielle production agro-sylvo-pastorale, PS-PASP, 2018-2027), avec, notamment, une augmentation de la production et de la productivité agricole, une augmentation de la production irriguée et une amélioration de l’accès aux intrants des agriculteurs (MAAH, 2018a et 2018b). Parmi les mesures destinées à accroître la production et la productivité agricole figure la subvention aux engrais chimiques et aux semences améliorées. Ainsi, le gouvernement a dépensé 3,4 milliards de FCFA en 2015 et 5 milliards de FCFA en 2016 en termes de subvention en engrais chimiques (MAAH, 2020a). Toutefois, le taux d’adoption moyen de l’engrais est faible, 8kg/ha, loin de l’objectif de 50kg/ha de la déclaration d’Abuja de 2015 (MAAH, 2020b). Or, pour accroître la production agricole et améliorer le revenu des agriculteurs afin de réduire durablement la pauvreté, le gouvernement doit augmenter davantage le budget alloué au secteur agricole, particulièrement au programme de subvention aux engrais chimiques.
3Cependant, la situation fiscale du Burkina Faso s’est dégradée ces dernières années. En effet, le déficit budgétaire s’est creusé consécutivement à la hausse du budget du ministère de la Défense et du ministère de la Sécurité pour faire face aux attaques terroristes. La pression pour réduire les déficits budgétaires est forte, et le gouvernement est amené à faire des choix afin d’assurer le financement des programmes de développement du secteur agricole dans ce contexte budgétaire difficile.
4Notre article propose d’évaluer l’impact de la mise en place d’une politique de subventions aux engrais sur la pauvreté au Burkina Faso en comparant trois sources de financement différentes, dans un contexte d’espace fiscal contraint. Investir dans l’agriculture dans les pays en développement a des effets positifs sur l’ensemble de l’économie et le bien-être des populations (Fan, Hazell, & Thorat, (2000) en Inde, Zhang & Fan, (2004) en Chine, Fan & Zhang, (2008) en Ouganda, Tijani, Oluwasola, & Baruwa, (2015) au Nigeria et Benin & Odjo, (2018) au Kenya). Par ailleurs, en utilisant les données sur les dépenses publiques au niveau des districts et des régions et les données sur la production des ménages et en analysant les cas du Malawi par Benin, Thurlow, Diao, McCool, & Simtowe, (2008), de l'Éthiopie par Mogues (2011) et du Ghana par Benin, Mogues, Cudjoe, & Randriamamonjy (2008), ont constaté que la fourniture de divers biens et services publics dans l'agriculture et les secteurs connexes (éducation, santé et routes rurales) ont un impact considérable sur la productivité agricole et le bien-être des populations rurales. D’autres études existantes ont analysé spécifiquement le rôle de réduction de la pauvreté des dépenses publiques en agriculture. Fan et al., (2000) ont trouvé un effet négatif et statistiquement significatif des investissements publics en recherche et développement, en route rurale, en éducation rurale et développement rural sur la pauvreté rurale en Inde. Fan & Zhang, (2008) trouvent que les investissements publics en route rurale, en recherche et en extension agricole réduit la pauvreté rurale en Ouganda. Aragie & Balié, (2020) trouvent que la subvention aux intrants agricoles améliore la production et le bien-être des ménages. Cependant, peu de travaux empiriques existant traitent de la stratégie de l’allocation et de la priorisation des ressources publiques en termes d’investissement dans l’agriculture et dans le développement rural. De même, les travaux sur les modes de financement des dépenses publiques en agriculture sont rares.
5Ce travail contribue à la littérature existante sur l’impact des dépenses publiques en agriculture en comparant et en évaluant les effets de différents mécanismes de financement et leurs implications en termes de redistribution des revenus pour le cas du Burkina Faso. Pour ce faire, nous utilisons un modèle d’équilibre général calculable (MEGC) combiné à un modèle de microsimulation. Ce type de modèle est tout à fait adapté car il prend en compte les effets intersectoriels d’une telle politique, et permet d’évaluer la mise en place de cette politique avec différents modes de financement. Par ailleurs, en associant un modèle de microsimulation, nous pouvons déterminer les impacts sur la pauvreté de chacun des mécanismes de financement choisi. Notre étude vient compléter la littérature existante relative aux politiques agricoles au Burkina Faso. Souratié, Koinda, Decaluwé, & Samandoulougou, (2019) ont évalué les effets des politiques agricoles dans une perspective genre sans intégrer de mécanismes de financement des politiques. De même, Artavia, Kavallari, Magrini, Nakelse, & Koadima, (2020) évaluent différents types d’investissement dans le secteur agricole en insistant sur le lien entre l’investissement public et la productivité agricole. Notre analyse contribue également à éclairer les décideurs politiques et les acteurs du développement à prendre des décisions dans un contexte d’espace fiscal limité.
6La section suivante explique la méthodologie et les données utilisées. La section 3 présente les simulations et les résultats et enfin la section 4 conclue.
1. Méthodologie et données
7Afin d’évaluer l’impact de la politique de subvention des engrais sur l’économie burkinabé, nous utilisons un MEGC basé sur le modèle PEP 1-1 de Decaluwé et al., (2013). Bien que le modèle soit entièrement décrit dans Decaluwé et al., (2013), nous présentons les principales hypothèses. Le modèle est calibré avec la matrice de comptabilité sociale (MCS) agricole de 2013 du Burkina Faso (MAAH, 2016). En lien avec la MCS, notre modèle compte 27 branches de production dont 9 branches agricoles et 29 produits dont 10 agricoles. Pour chaque branche, la fonction de production est supposée être à rendement d’échelle constant et est représentée par un processus de production à trois niveaux. Au premier niveau la production est une combinaison entre la consommation intermédiaire totale de la branche et la valeur ajoutée à travers une fonction de type Leontief. Au second niveau, une fonction à élasticité de substitution constante (CES) est utilisée pour représenter la substitution entre le capital composite et le facteur composite travail. Au troisième niveau, le facteur composite travail est une combinaison entre les différentes catégories de travail (main-d’œuvre familiale, travail agricole salarié et travail non agricole). La demande de capital composite est une combinaison à travers une fonction CES entre le capital terre, le capital équipement agricole et le capital non agricole. Les branches agricoles (maïs, riz, tubercule…) sont peu intensives en capital et très majoritairement composées d’une main-d’œuvre familiale (Annexe 1).
8Le modèle considère quatre types d’agents ou d’institutions : les ménages, le gouvernement, les entreprises et le reste du monde. Les ménages tirent leurs revenus de la rémunération du travail (50,6 %) et du capital (35,6 %) et des transferts de revenus des secteurs institutionnels (13,8 %) (tableau 1). Ils dépensent leurs revenus pour la consommation des biens et services (89,0 %), paient des taxes directes au gouvernement et épargnent le reste (Annexe 2). Du côté de la consommation, le comportement des ménages est modélisé comme un système de dépenses linéaire (LES) et est soumis à sa contrainte budgétaire. Les ménages consacrent une large partie de leur budget de consommation à l’achat de produits alimentaires (Annexe 3).
9Ensuite, les entreprises tirent principalement leurs revenus des revenus du capital (74,8 %) et des transferts d’autres institutions. Après paiement de l’impôt sur le revenu (18,9 %) et transferts à d’autres institutions (28,74 %), le revenu restant constitue l’épargne des entreprises. Le gouvernement tire son revenu du revenu du capital (26,0 %), des taxes directes payées par les ménages (20,2 %), des transferts du reste du monde (23,3 %), des taxes indirectes sur les produits (16,6 %), des taxes sur les importations (12,2 %) et le reste des taxes sur la production. Il consacre 55,2 % de son revenu à la fourniture de biens publics (éducation, santé, justice…), puis fait des transferts notamment aux ménages et épargne le reste (Annexe 2).
Source de revenu des agents économiques en pourcentage de leur revenu total, 2013
| Travail | Capital | Ménage | Entreprise | GVT | TDH | TDF | TM | TI | TP | RDM | Importation | |
| Ménage | 50,6 | 35,6 | 6,8 | 1,4 | 2,1 | 3,5 | ||||||
| Entreprise | 74,8 | 14,4 | 7,4 | 3,4 | ||||||||
| Gouvernement (GVT) | 26,0 | 7,9 | 12,3 | 12,2 | 16,6 | 1,7 | 23,3 | |||||
| Reste du monde (RDM) | 3,0 | 5,7 | 1,8 | 89,5 |
Source de revenu des agents économiques en pourcentage de leur revenu total, 2013
Note : TDH : taxe directe payée par les ménages ; TDF : taxe directe payée par les firmes ; TM : taxe sur les importations ; TI : taxe indirecte sur les produits ; TP : taxe sur la production.10Le Burkina Faso a des échanges avec le reste du monde. Il importe principalement des produits manufacturiers, les produits des autres services privés et les produits agroalimentaires. Le pays est particulièrement dépendant de ses importations d’engrais, de produits chimiques et de produits manufacturés qu’il produit peu, ou pas, localement (Annexe 4). Il verse également des transferts et des revenus du capital au reste du monde. Le Burkina Faso exporte principalement des produits de l’extraction (or) et du coton, et reçoit des transferts aux résidents burkinabés. Pour modéliser les relations entre le Burkina Faso et le reste du monde, nous utilisons l’approche traditionnelle Armington et supposons que si le Burkina Faso veut augmenter sa part de marché sur le marché mondial, alors il doit être plus compétitif.
11Nous nous éloignons de l’hypothèse de plein emploi des facteurs retenue dans le modèle PEP 1-1. En effet, nous supposons la présence de chômage dans l’économie. Nous intégrons la rigidité du marché du travail en suivant l’approche de la courbe de salaire de Blanchflower & Oswald (1995). Enfin, le capital est mobile entre les activités, représentant une situation à moyen terme dans laquelle l’économie a le temps de s’ajuster.
12En termes de fermeture du modèle, nous supposons que le Burkina Faso est un petit pays, conséquemment les prix mondiaux sont exogènes. Le taux de change nominal est le numéraire du modèle. Le solde du compte courant est fixe. Nous supposons également que le déficit public est fixe, et selon les scénarios, la dépense courante du gouvernement en biens et services (Fin A) s’ajuste, ou bien le taux de taxe directe des firmes (FinB) ou le taux de taxe indirecte sur les produits (FinC).
13En soi, le modèle d’équilibre général calculable ne permet pas une évaluation de l’incidence des dépenses publiques en agriculture sur la pauvreté du fait de la prise en compte d’un seul ménage représentatif. Pour permettre une telle évaluation de la pauvreté et de la distribution, le MEGC est associé à un modèle micro utilisant une méthode Top-Down, ce qui signifie que les résultats sur les dépenses de consommation des ménages et les prix des biens et services du modèle EGC alimentent ainsi la composante micro du modèle. Tout d’abord, les scénarios politiques c’est-à-dire la subvention et les modes de financement, sont simulés avec le MEGC. Les changements dans les prix et les dépenses de consommation des ménages issus des simulations du MEGC sont utilisés comme des inputs dans le modèle de microsimulation. En d’autres termes, la variation moyenne des dépenses de consommation du ménage représentatif du MEGC est utilisée pour mettre à jour les dépenses de consommation des ménages issus de l’Enquête multisectorielle continue (EMC) de 2014. Ensuite, les changements de l’indice du prix à la consommation du modèle EGC sont importés dans le modèle micro pour ajuster la ligne de pauvreté. Les dépenses de consommation des ménages de l’enquête mise à jour sont comparées à la nouvelle ligne de pauvreté pour définir les nouveaux statuts des ménages selon le milieu de résidence. Les impacts sur la pauvreté sont évalués à l’aide des indices de Foster et al., (1984), de l’incidence de la pauvreté (P0), de la profondeur de la pauvreté (P1) et de la sévérité de la pauvreté (P2). Pour l’inégalité, nous utilisons l’indice de Gini. Cette approche a l’avantage de prendre en compte simultanément les effets prix et revenu des réformes budgétaires. Les données de l’Enquête multisectorielle continue de 2014 réalisée par l'Institut national de la statistique et de la démographie (INSD, 2014) sont utilisées pour l’analyse de la pauvreté. Selon les données de l’enquête ménage, 40,1 % des ménages ont moins de 153 530 FCFA par an et sont donc considérés comme pauvres. La pauvreté n’est pas uniforme dans le pays : l’incidence de la pauvreté est plus importante en milieu rural (47.5 %) qu’en milieu urbain (13.69 %). Par ailleurs, certaines valeurs de paramètres du MEGC sont calibrées en utilisant les élasticités des travaux de Cockburn, Maisonnave, Robichaud, & Tiberti (2016) et Sawadogo et al. (2020).
2. Simulations de la politique et résultats
2.1 Scénarios
14Dans ce travail, nous simulons une réduction du coût d’acquisition de l’engrais. L’accès aux engrais de qualité à prix réduit et son adoption par les producteurs est au centre des préoccupations des autorités politiques burkinabé. Pour le programme de subvention aux prix des engrais, le gouvernement vise l’atteinte de l’objectif de 50kg/ha de la déclaration d’Abuja en 2015 et de 75kg/ha en 2022 (MAAH, 2020b). Des recherches antérieures ont prouvé que la demande d’engrais par les agriculteurs et la disponibilité physique des engrais sont les deux questions qui déterminent l’atteinte de l’objectif de 50kg/ha (Larson, 1996). À la suite d’une requête de l’Assemblée nationale du Burkina Faso en 2016 adressée au ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques et qui demandait une réduction du prix des engrais chimiques ; une évaluation du niveau des subventions des prix des engrais aux producteurs a été commanditée par ce ministre. Cette étude propose un niveau de subvention d’environ 10 % du prix du sac de 50 kg d’engrais aux producteurs et coûterait 6 milliards de FCFA (soit 0,3 %) par an au budget de l’État, avec 150 000 tonnes d’engrais subventionnées (Maître-d’Hôtel & Porgo, 2018).
15En suivant les recommandations du rapport Maître-d’Hôtel & Porgo (2018), nous évaluons la mise en œuvre de la réduction du prix unitaire de l’engrais de 10 % par la mise en place d’une subvention. Comme nous l’avons expliqué plus haut, le Burkina Faso doit mobiliser des ressources fiscales internes pour financer cette politique. Nous proposons trois sources de financement.
16Tout d’abord, nous supposons que le gouvernement réduit ses dépenses de consommation non productive (FinA). Pour ce faire, la dépense du gouvernement est endogène et se réduit exactement du montant de la subvention et en gardant le déficit public constant. Nous envisageons, ensuite, la possibilité que le gouvernement soit en mesure de mobiliser le montant requis de la subvention en augmentant le taux d'imposition sur le revenu des entreprises (FinB). Dans ce scénario, le taux de taxe directe sur les entreprises s’ajuste pour financer le montant de la subvention aux engrais en laissant le déficit du gouvernement constant. Enfin, nous supposons que le gouvernement développe une capacité de mobilisation de la fiscalité indirecte en augmentant le taux d’imposition de la valeur ajoutée (FinC). Pour ce faire le taux de taxe indirecte sur les produits s’ajuste de façon uniforme pour compenser la subvention aux engrais en maintenant le déficit public constant.
2.2 Résultats de simulations
17Avant d’analyser les résultats en détail, expliquons les mécanismes ou les effets auxquels on pourrait s’attendre à la suite de la mise en place de cette politique. Dans le cas du Burkina Faso, les engrais chimiques ne sont pas produits localement, ils sont intégralement importés. Les secteurs qui utilisent le plus d’engrais dans leurs consommations intermédiaires sont les secteurs du mil et sorgho suivi des secteurs du maïs, du coton et du riz. Dans chacun des scénarios, la mise en place d’une subvention au prix des engrais devrait diminuer le coût de la production agricole et permettre d’augmenter la production des secteurs agricoles et, ceteris paribus, le prix des produits agricoles devrait diminuer. Nous pouvons penser qu’il y aura un impact sur l’emploi, ainsi qu’un effet d’entraînement sur les autres secteurs dans la mesure où les secteurs agricoles nécessiteront davantage de consommations intermédiaires pour produire. Les ménages, principaux consommateurs de produits agricoles, devraient voir leur consommation augmenter. Ces effets macro-économiques devraient être amendés selon le financement choisi.
18Dans le cas où le gouvernement réduit sa dépense publique (FinA), on s’attend à deux effets directs : d’une part, la consommation publique diminue et, ceteris paribus, la production du secteur non-marchand devrait diminuer, ainsi que la demande de travail dans ce secteur. Les travailleurs tenteront de trouver un emploi dans les autres secteurs, exerçant ainsi une pression à la baisse sur le taux de salaire. Dans le cas où le taux de taxe directe des entreprises (FinB) compense la politique, on peut s’attendre, d’une part, à ce que le revenu disponible des entreprises diminue, et donc cela pourrait occasionner une contraction de leur épargne et peser sur l’investissement. L’effet sur l’économie dépend de l’amplitude de la contraction de l’épargne des entreprises comparé aux effets positifs de la mise en place de la subvention décrits au paragraphe précédent. Enfin, dans le troisième scénario de financement (FinC), ce sont les ménages qui voient le prix TVA incluse des produits de consommation augmenter (sauf pour les produits agricoles), et, conséquemment, on peut s’attendre à une baisse de la consommation finale des ménages. La baisse de la consommation affecte les secteurs dont les ventes sont principalement destinées vers la consommation finale des ménages (par exemple les produits agroalimentaires ou les produits d’élevage). Ces secteurs feront face à une contraction de la demande et réduiront conséquemment leur production, exerçant un impact négatif sur l’emploi. Les effets nets de telles mesures ne peuvent pas être connus ex ante.
2.2.1 Résultats
19La politique de dépenses publiques en engrais engendre une augmentation de la production agricole de 0,21 % pour le scénario FinA, de 0,15 % pour le scénario FinB et de 0,17 % pour le scénario FinC (Annexe 5). La majorité des secteurs agricoles bénéficient de cette politique et recrutent de nouveaux travailleurs de sorte que l’effet sur l’emploi est positif. Dans le premier scénario, cet effet est atténué compte tenu des licenciements dans le secteur non-marchand. Comme nous l’avons indiqué plus haut, l’augmentation de la production dans les secteurs agricoles a des effets intersectoriels positifs sur les autres secteurs, compte tenu de l’augmentation des consommations intermédiaires des secteurs agricoles. Ainsi, des secteurs tels que les secteurs de l’agro-industrie, ou les secteurs de la production de produits chimiques et du commerce voient leur production augmenter.
20L’augmentation de la production conduit à une réduction des prix des produits agricoles et donc une baisse de l’indice du prix à la consommation quel que soit le financement. Cette diminution est plus prononcée dans le scénario FinA (tableau 2). Cette baisse des prix permet une augmentation de consommation réelle des ménages quel que soit le mécanisme de financement. Toutefois, l’augmentation de la consommation réelle des ménages est plus faible dans le dernier scénario de financement.
Effets macro-économiques de la politique de dépenses publiques en engrais, Burkina Faso (% par rapport à la situation initiale)
| FinA | FinB | FinC | |
| PIB réel | - 0.02 | 0,07 | 0,14 |
| Emploi total | - 0,02 | 0,12 | 0,04 |
| Consommation réelle des ménages | 0,33 | 0,47 | 0,31 |
| Investissement total | - 0,18 | - 0,58 | - 0,12 |
| Indice du prix à la consommation (IPC) | - 0,22 | - 0,06 | - 0,03 |
Effets macro-économiques de la politique de dépenses publiques en engrais, Burkina Faso (% par rapport à la situation initiale)
2.2.2 Impacts sur les agents
21L'impact sur le revenu des ménages est positif en raison de l’augmentation du revenu du travail. En effet, les ménages profitent de l’augmentation de l’emploi dans l’économie, notamment dans les secteurs agricoles, et ce quel que soit le mécanisme de financement. Le revenu disponible augmente, excepté pour le scénario dans lequel l’augmentation des taxes directes finance la politique. L’épargne privée des ménages, qui est une part du revenu disponible, varie dans le même sens que ce dernier.
22Les entreprises dont le revenu dépend majoritairement du revenu du capital voient leur revenu diminuer, notamment dans le premier scénario. Leur épargne diminue également. La baisse de l’épargne des firmes, principal contributeur au budget d’investissement total, cause une diminution de l’investissement total (tableau 2). La baisse du budget d’investissement a un impact sur les secteurs produisant des biens d’investissement (notamment le secteur de la construction).
23Pour le gouvernement, le revenu diminue légèrement quel que soit le mécanisme de financement (Annexe 6). En effet, la baisse du niveau général des prix combinée à une baisse des quantités entraîne une diminution des recettes collectées sur les taxes indirectes. Par ailleurs, les taxes directes sur les firmes diminuent compte tenu de la réduction de leur revenu (FinA et FinC).
2.2.3 Impacts sur la pauvreté
24Pour l’analyse nous nous focalisons sur l’indice (P0), la profondeur (P1) et la sévérité de la pauvreté (P2). L’incidence de la pauvreté détermine la part des personnes pauvres dans la population totale. La profondeur indique la différence entre le niveau moyen de revenu des pauvres et le seuil de pauvreté. Enfin, la sévérité mesure les différences de revenu à l’intérieur des populations pauvres. En d’autres termes, si la sévérité augmente, les plus pauvres sont davantages affectés par la réforme mise en place.
25L’impact sur la pauvreté de la politique agricole est l’effet net sur la variation du revenu des ménages et du niveau général des prix. Avant la mise en place de la politique de subvention, un peu plus de 40 % des ménages sont pauvres. Cette donnée cache de fortes disparités géographiques, avec 13.69 % de ménages pauvres en milieu urbain contre 47,5 % en zones rurales. De plus, parmi les pauvres, la situation est encore plus difficile pour 9,7 % d’entre eux. Cette intensité de la pauvreté est plus importante en milieu rural (11,6 %) qu’en milieu urbain (2,9 %). Enfin, en situation de référence, la sévérité de la pauvreté touche 3,3 % des pauvres au niveau national, dont environ 4,0 % des pauvres en milieu rural et 0,9 % en milieu urbain.
26Les résultats montrent que la réduction du coût d’acquisition des engrais réduit les trois dimensions de la pauvreté aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain (figure 1). Au niveau national, l’incidence de la pauvreté diminue de 0,44 point de pourcentage pour le scénario FinB, de 0,33 point de pourcentage pour la simulation FinA et pour le scénario FinC.
27Cette réduction est plus importante en milieu rural qu’en milieu urbain (Annexe 7). Comme au niveau national, la réduction en point de pourcentage de l’incidence de la pauvreté rurale est supérieure quand la politique agricole est financée par un impôt sur le revenu (FinB) des entreprises (-0,53) suivie par la réduction des dépenses publiques (FinA) (-0,38) et, l’augmentation des taxes indirectes (-0,38).
Conclusion
28Le Burkina Faso a établi à travers les différentes politiques et programmes de développement agricole un programme de subvention des prix des engrais chimiques pour augmenter la productivité agricole et améliorer le bien-être de sa population. Toutefois il est limité par l'importance des ressources financières et techniques qui seraient nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. C’est dans ce contexte que cette étude évalue et compare les effets sur la production, sur les revenus des agents et la pauvreté de la politique agricole à travers trois modes de financement. Les conclusions suivantes peuvent être tirées des résultats :
- Dans l'ensemble, la réduction des coûts d’acquisition des engrais chimiques pour les agriculteurs a des effets positifs sur la production, le revenu et la pauvreté. Les bénéfices sont sensiblement plus élevés pour les ménages ruraux, ce qui révèle le rôle positif que ces politiques peuvent jouer pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté.
- Les résultats montrent que la politique de subvention aux intrants est bénéfique en termes de production agricole et de réduction de la pauvreté. Cela suggère que, dans une économie d’agriculture de subsistance, pour améliorer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté la subvention aux intrants pourrait faire partie des politiques efficaces.
- En ce qui concerne les sources alternatives de financement de la politique agricole, le financement de la politique de subvention par l’impôt sur le revenu des entreprises est supérieur en termes de production, de réduction de la pauvreté et moins préjudiciable au revenu des ménages. Nous constatons, également, que le financement de la politique de subvention par la réduction des dépenses publiques est préjudiciable à la croissance économique, à l’emploi et au revenu des ménages. Le financement de la politique par l’impôt indirecte est négatif pour le secteur non agricol. Toutefois, c’est un instrument nécessaire pour l’améliorer de la croissance économique.
30En somme, la subvention des intrants peut être considérée comme un instrument pour parvenir à une croissance agricole et à une réduction de la pauvreté. Toutefois, en matière de financement, pour accroître la production agricole et réduire la pauvreté, le financement par l’impôt sur le revenu des entreprises paraît être le moins dommageable sur le reste de l’économie.
31 ANNEXES
Répartition de la valeur ajoutée selon les secteurs, Burkina Faso, 2013
| Travail agricole salarié | Main-d’œuvre familiale | Travail non agricole | Terre | Capital agricole | Capital non agricole | Total | |
| Maïs | 10,4 | 88,4 | 1,0 | 0,2 | 100,0 | ||
| Riz | 2,5 | 96,1 | 1,1 | 0,3 | 100,0 | ||
| Mil/sorgho | 19,0 | 79,1 | 1,6 | 0,3 | 100,0 | ||
| Fonio | 16,8 | 81,5 | 1,4 | 0,3 | 100,0 | ||
| Tubercule | 0,7 | 98,9 | 0,3 | 0,1 | 100,0 | ||
| Légumineux | 3,0 | 96,9 | 0,1 | 0,0 | 100,0 | ||
| Coton | 9,5 | 78,9 | 4,3 | 6,7 | 0,6 | 100,0 | |
| Fruit et légume | 13,8 | 38,2 | 39,4 | 8,6 | 100,0 | ||
| Autre agriculture | 1,1 | 48,6 | 41,2 | 9,1 | 100,0 | ||
| Elevage | 0,2 | 4,8 | 95,0 | 100,0 | |||
| Sylviculture | 0,6 | 2,5 | 0,0 | 96,9 | 100,0 | ||
| Pêche et chasse | 0,2 | 4,8 | 95,0 | 100,0 | |||
| Extraction | 22,3 | 77,7 | 100,0 | ||||
| Industrie agroalimentaire | 20,4 | 79,6 | 100,0 | ||||
| Boisson et tabac | 53,2 | 46,8 | 100,0 | ||||
| Textile et habillement | 43,7 | 56,3 | 100,0 | ||||
| Menuiserie et imprimerie | 5,3 | 94,7 | 100,0 | ||||
| Fabrication savons et médicaments | 5,6 | 94,4 | 100,0 | ||||
| Industrie manufacturière | 27,0 | 73,0 | 100,0 | ||||
| Fabrication de produit chimique | 11,6 | 88,4 | 100,0 | ||||
| Construction | 23,3 | 76,7 | 100,0 | ||||
| Commerce | 6,1 | 93,9 | 100,0 | ||||
| Hébergement et restauration | 92,7 | 7,3 | 100,0 | ||||
| Transport et télécommunication | 23,4 | 76,6 | 100,0 | ||||
| Finances | 37,1 | 62,9 | 100,0 | ||||
| Administration publique | 55,8 | 44,2 | 100,0 | ||||
| Autres services privés | 38,2 | 61,8 | 100,0 |
Répartition de la valeur ajoutée selon les secteurs, Burkina Faso, 2013
Répartition des dépenses des agents institutionnels en proportion de leur revenu, Burkina Faso, 2013
| Ménage | Gouvernement | Entreprise | Reste du monde | |
| Transfert aux ménages | 6,8 | 3,8 | 0,0 | 5,2 |
| Transfert aux entreprises | 0,0 | 4,8 | 15,0 | 1,9 |
| Taxe directe | 4,4 | 0,0 | 19,6 | 0,0 |
| Reste du monde | 2,0 | 2,1 | 10,9 | 0,0 |
| Biens et servicess | 89,0 | 55,2 | 0,0 | 57,0 |
| Epargne | - 2,2 | 34,1 | 54,5 | 16,3 |
| Gouvernement | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 19,6 |
| Total | 100 | 100 | 100 | 100 |
Répartition des dépenses de consommation des ménages par biens et services, Burkina Faso, 2013
| Part des dépenses des ménages | |
| Maïs | 3,0 |
| Riz | 1,3 |
| Mil/sorgho | 6,1 |
| Fonio | 0,4 |
| Tubercule | 4,6 |
| Haricot | 1,6 |
| Vouandzou | 0,1 |
| Coton et autre oléagineux | 1,7 |
| Fruits et légumes | 1,5 |
| Autre agriculture | 0,0 |
| Elevage | 10,2 |
| Sylviculture | 1,9 |
| Pêche et chasse | 0,6 |
| Extraction | 0,0 |
| Produits agroalimentaires | 20,8 |
| Boisson et tabac | 11,1 |
| Textile et habillement | 2,2 |
| Menuiserie et artisanat | 1,9 |
| Médicaments et savons | 1,4 |
| Produits manufacturiers | 8,0 |
| Autres produits chimiques | 0,4 |
| Engrais | 0,3 |
| Construction | 0,1 |
| Commerce | |
| Hébergement et restauration | 3,3 |
| Transport et télécommunication | 3,6 |
| Finances | 2,1 |
| Services publics | 2,4 |
| Autres services privés | 9,4 |
| Total | 100 |
Répartition des dépenses de consommation des ménages par biens et services, Burkina Faso, 2013
| Part des exportations dans les exportations totales | Degré d’ouverture | Part des importations dans les importations totales | Taux de pénétration des importations | |
| Maïs | 0,5 | 5,3 | 0,0 | 0,1 |
| Riz | 0,0 | 0,8 | 0,0 | 1,4 |
| Mil/sorgho | 0,1 | 0,3 | 0,0 | 0,3 |
| Fonio | 0,0 | 7,6 | 0,0 | 1,6 |
| Tubercule | 0,2 | 1,8 | 0,1 | 1,1 |
| Haricot | 0,2 | 5,8 | 0,0 | 0,1 |
| Coton et autre oléagineux | 22,5 | 56,6 | 0,1 | 0,6 |
| Fruits et légumes | 1,3 | 22,8 | 0,2 | 7,7 |
| Autre agriculture | 0,0 | 4,0 | 0,6 | 58,5 |
| Elevage | 1,9 | 4,0 | 0,0 | 0,1 |
| Sylviculture | 0,0 | 0,3 | 0,0 | 0,0 |
| Pêche et chasse | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,4 |
| Extraction | 53,0 | 99,4 | 0,3 | 55,9 |
| Produits agroalimentaires | 0,8 | 1,7 | 7,9 | 24,0 |
| Boisson et tabac | 0,2 | 1,1 | 2,2 | 16,2 |
| Textile et habillement | 0,6 | 18,1 | 2,1 | 53,3 |
| Menuiserie et artisanat | 0,0 | 0,4 | 1,5 | 38,1 |
| Médicaments et savons | 0,0 | 3,7 | 2,7 | 85,9 |
| Produits manufacturiers | 2,3 | 17,6 | 36,6 | 84,1 |
| Autre produit chimique | 0,2 | 10,6 | 5,0 | 85,8 |
| Engrais | 0,0 | 4,8 | 100,0 | |
| Construction | 2,1 | 4,6 | 1,5 | 5,3 |
| Transport et télécommunication | 4,3 | 13,4 | 3,4 | 16,0 |
| Finances | 3,2 | 28,6 | 2,5 | 32,8 |
| Service public | 1,3 | 1,4 | 0,4 | 0,7 |
| Autres services privés | 5,3 | 14,3 | 28,1 | 58,3 |
| Total | 100 | 100 |
Impact de la politique de dépenses publiques en engrais sur la production et sur l’emploi (variation en % par rapport à la base), Burkina Faso
| FinA | FinB | FinC | ||||
| Production | Emploi | Production | Emploi | Production | Emploi | |
| Maïs | 0,77 | 0,77 | 0,86 | 0,85 | 0,78 | 0,77 |
| Riz | 0,16 | 0,16 | 0,26 | 0,26 | 0,21 | 0,20 |
| Mil/sorgho | 1,02 | 1,01 | 1,08 | 1,08 | 1,02 | 1,01 |
| Fonio | 0,21 | 0,21 | 0,30 | 0,29 | 0,23 | 0,22 |
| Tubercule | - 0,28 | - 0,29 | - 0,18 | - 0,18 | - 0,22 | - 0,22 |
| Légumineux | - 0,07 | - 0,07 | 0,01 | 0,01 | - 0,03 | - 0,03 |
| Coton | - 0,15 | - 0,17 | - 0,34 | - 0,36 | - 0,29 | - 0,31 |
| Fruit et légume | - 0,18 | - 0,36 | - 0,12 | - 0,31 | - 0,14 | - 0,32 |
| Autre agriculture | - 0,39 | - 0,55 | - 0,53 | - 0,70 | - 0,47 | - 0,63 |
| Elevage | 0,27 | - 1,18 | 0,17 | - 1,08 | 0,26 | - 1,09 |
| Sylviculture | 0,29 | - 1,19 | 0,16 | - 1,11 | 0,10 | - 1,29 |
| Pêche et Chasse | 0,21 | - 1,42 | 0,26 | - 1,16 | 0,23 | - 1,31 |
| Extraction | 0,29 | 0,54 | - 0,10 | 0,01 | - 0,10 | - 0,10 |
| Industrie agroalimentaire | 0,45 | 0,71 | 0,48 | 0,60 | 0,43 | 0,43 |
| Boisson et tabac | 0,83 | 0,99 | 0,88 | 0,95 | 0,67 | 0,67 |
| Textile et habillement | 0,07 | 0,25 | 0,06 | 0,14 | - 0,39 | - 0,39 |
| Menuiserie et imprimerie | 0,18 | 0,49 | 0,13 | 0,27 | - 0,12 | - 0,13 |
| Fabrication savons et médicaments | 0,16 | 0,47 | - 0,23 | - 0,09 | - 0,17 | - 0,17 |
| Industrie manufacturière | 0,19 | 0,42 | - 0,35 | - 0,24 | - 0,42 | - 0,43 |
| Fabrication de produit chimique | 0,46 | 0,75 | - 0,12 | 0,01 | - 0,13 | - 0,13 |
| Construction | - 0,07 | 0,18 | - 0,63 | - 0,52 | - 0,79 | - 0,79 |
| Commerce | 0,19 | 0,49 | 0,09 | 0,24 | 0,04 | 0,03 |
| Hébergement et restauration | 0,00 | 0,02 | 0,26 | 0,28 | 0,13 | 0,13 |
| Transport et télécommunication | 0,06 | 0,31 | - 0,04 | 0,07 | - 0,14 | - 0,14 |
| Finances | 0,36 | 0,56 | 0,04 | 0,14 | - 0,18 | - 0,18 |
| Administration publique | - 0,89 | - 0,74 | - 0,02 | 0,05 | 0,01 | 0,01 |
| Autres services privés | 0,24 | 0,44 | - 0,03 | 0,06 | - 0,26 | - 0,26 |
| Agriculture | 0,21 | 0,18 | 0,15 | 0,17 | 0,17 | 0,15 |
| Non agriculture | - 0,01 | - 0,21 | 0,01 | 0,06 | - 0,07 | - 0,06 |
| Total | 0,05 | - 0,02 | 0,05 | 0,12 | 0,00 | 0,04 |
Impact de la politique de dépenses publiques en engrais sur la production et sur l’emploi (variation en % par rapport à la base), Burkina Faso
| FinA | FinB | FinC | |
| Revenu disponible des ménages | 0,06 | 0,36 | 0,23 |
| Consommation privée | 0,11 | 0,41 | 0,28 |
| Revenu du gouvernement | - 0,66 | - 0,07 | - 0,03 |
| Consommation publique | - 0,98 | - 0,04 | 0,00 |
| Revenu des entreprises | - 0,18 | - 0,11 | - 0,07 |
| Épargne des entreprises | - 0,18 | - 1,18 | - 0,07 |
| Épargne des ménages | 0,02 | 0,02 | 0,02 |
Impact de la politique de dépenses publiques en engrais sur la pauvreté (une variation en % par rapport à la base 2014), Burkina Faso
| Rural | FGT-0 | FGT-1 | FGT-2 |
| Base | 47,50 | 11,57 | 3,96 |
| FinA | - 0,80 | - 0,99 | - 1,22 |
| FinB | - 1,11 | - 1,54 | - 1,90 |
| FinC | - 0,81 | - 1,02 | - 1,26 |
| Urbain | FGT-0 | FGT-1 | FGT-2 |
| Base | 13,69 | 2,92 | 0,90 |
| FinA | - 0,96 | - 1,18 | - 1,44 |
| FinB | - 0,96 | - 1,83 | - 2,24 |
| FinC | - 0,96 | - 1,21 | - 1,48 |
| National | FGT-0 | FGT-1 | FGT-2 |
| Base | 40,11 | 9,68 | 3,29 |
| FinA | - 0,81 | - 1,00 | - 1,24 |
| FinB | - 1,10 | - 1,56 | - 1,92 |
| FinC | - 0,82 | - 1,03 | - 1,27 |
Impact de la politique de dépenses publiques en engrais sur la pauvreté (une variation en % par rapport à la base 2014), Burkina Faso
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Mots-clés éditeurs : agriculture, Burkina Faso, modèle d’équilibre général calculable, pauvreté, politique agricole
Date de mise en ligne : 14/10/2021
https://doi.org/10.3917/med.195.0011