Article de revue

De « tout ce qu’il y a sous le ciel » à « l’Empire du milieu » : centralité chinoise et excentricité européenne

Pages 63 à 72

Citer cet article


  • Dubois de Prisque, E.
(2017). De « tout ce qu’il y a sous le ciel » à « l’Empire du milieu » : centralité chinoise et excentricité européenne. Monde chinois, 49(1), 63-72. https://doi.org/10.3917/mochi.049.0063.

  • Dubois de Prisque, Emmanuel.
« De “tout ce qu’il y a sous le ciel” à “l’Empire du milieu” : centralité chinoise et excentricité européenne ». Monde chinois, 2017/1 N° 49, 2017. p.63-72. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-monde-chinois-2017-1-page-63?lang=fr.

  • DUBOIS DE PRISQUE, Emmanuel,
2017. De « tout ce qu’il y a sous le ciel » à « l’Empire du milieu » : centralité chinoise et excentricité européenne. Monde chinois, 2017/1 N° 49, p.63-72. DOI : 10.3917/mochi.049.0063. URL : https://shs.cairn.info/revue-monde-chinois-2017-1-page-63?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/mochi.049.0063


Notes

  • [1]
    Histoire de la Pensée Chinoise, Seuil, 1997, p.371.
  • [2]
    Cf. Europe, la voie romaine, Folio Essais, 1999 ; et Au moyen du Moyen Âge, Champs essais, 2006.
  • [3]
    Matthieu Ricci et Nicolas Trigault, Histoire de l’Expédition chrétienne au royaume de Chine, Desclée de Brouwer, 1978.
  • [4]
    Sur le Figurisme, je m’appuie sur l’étude de D.E. Mungello, Curious Land, Jesuit Accomodation and the Origins of Sinology, The Hawai University Press, 1989.
  • [5]
    Cité par Anne Cheng, La Pensée en Chine aujourd’hui, Folio Essais. p.9. Les Jésuites réalisent exactement l’inverse de ce que décrit ici Edward Saïd. Ils ont contemplé la Chine d’on ne peut plus près, et d’abord de tout en bas, même s’ils ont gravi pas à pas, grâce à leur érudition et leur goût d’apprendre, les échelons de la hiérarchie sociale et politique en Chine, jusqu’à occuper des postes de ministres à la cour impériale.
  • [6]
    Leibniz écrit par exemple, à propos de la « théologie naturelle » des Chinois : « c’est le christianisme tout pur, en ce qu’il renouvelle la loi naturelle gravée dans nos cœurs, sauf tout ce que la révélation et la grâce y ajoutent, pour mieux redresser la nature »
  • [7]
    Cité par Joseph Shih, s.j, – qui radicalise encore le propos du Père Gallagher en omettant de préciser que ce dernier n’accorde la première place à ce récit que parmi les ouvrages historiques du XVIIe et non parmi l’ensemble de la littérature du grand siècle – dans son introduction à la cette Histoire de l’expédition chrétienne au royaume de Chine, selon la traduction de Nicolas Trigault, parue en 1978, aux éditions Desclée de Brouwer.
  • [8]
    La pensée en Chine aujourd’hui, p.184
  • [9]
    Pour une bonne introduction à la de la démarche de François Jullien : Penser d’un dehors (la Chine), en collaboration avec Thierry Marchaisse, Seuil, 2000.
  • [10]
    Contre François Jullien, Allia, 2006 : « les pères jésuites sont les auteurs de cette Chine « autre », faite pour « donner à penser », dont François Jullien nous a donné le dernier avatar (p.14) ».
  • [11]
    Voir par exemple Francesco Sisci, « Sous un même ciel », Diogène 221, Janvier 2008, p.108, ou encore Manlio Graziano, « Zhōngguó : La Chine au centre du monde, même pour le Saint-Siège », Outremer 15, 2005, p.32-33.
  • [12]
    Anne Cheng, dans son Histoire de la pensée chinoise écrit par exemple que « [D]ans la conception traditionnelle, la Chine n’est pas au centre du monde, elle est le monde (litt. « tout ce qui est sous le Ciel », tianxia) (p.595). »
  • [13]
    Pour s’en rendre compte, il suffit de comparer l’Histoire de l’expédition chrétienne en latin ou en français (p.73 et p.240) où apparaissent l’anecdote selon laquelle Ricci a mis la Chine au centre pour complaire aux Chinois) et le texte dans l’italien original de Ricci dans lequel l’auteur ne mentionne pas cela, comme si la centralité de la Chine allait de soi et qu’elle ne méritait pas d’explication. La thèse de Rigault est reprise partout, l’interprétation abusive du texte de Ricci commence donc dès l’origine puisque c’est sous la forme latine et française et donc sous la forme d’une traduction que les mémoires de Ricci se propagèrent en Occident au XVIIe siècle.
  • [14]
    « Celui qui gouverne le royaume [de Chine] avec puissance absolue est appelé seigneur de cet univers, pource qu’ils croient que leur royaume est quasi fermé de mêmes bornes que l’univers ; car à peine daignent-ils appeler royaumes les royaumes voisins, desquels ils en connaissaient peu devant qu’ils trafiquassent avec les Européens. Si cela semble étrange à quelqu’un des nôtres, qu’il sache aussi que le même peut sembler aux Chinois, s’ils entendent que plusieurs de nos monarques, qui n’ont jamais eu aucun droit sur le grand empire des Chinois, sont ornés des mêmes titres (Histoire de l’expédition chrétienne au royaume de Chine, p.73). »
  • [15]
    P.M. D’Elia, Storia d’ell’introduzione des Cristianesmo in Cina. Scrittada Matteo Ricci, s.j. lib. Dello Stato, Rome, (Fonte Ricciane) T.I, p.12. Souligné par moi.
  • [16]
    Jacques Bésineau, Matteo Ricci, Serviteur du Maître du Ciel, Desclée de Brouwer, 2003, p.58.
  • [17]
    Id. p.133.
  • [18]
    Grec, arabe, européen, à propos d’une polémique récente, Commentaire 124, Hiver 2008-2009 p.1188.
  • [19]
    Ricci lui-même écrivait dans une lettre à un condisciple en novembre 1585 : « Tu me verrais aujourd’hui tel que je suis : je suis devenu un Chinois. Dans nos vêtements, dans nos manières et dans tout ce qui est extérieur, nous nous sommes faits chinois. »
  • [20]
    Voir par exemple, p.120 du tome I des Fonte Ricciane « E conciosiachè loro nè comandino, nè prohibiscano niente di quello che si ha da credere delle cose dell’altra vita, e molti di loro seguono, insieme con questa sua, le altre due sette, venissimo a conchiudere che non è questa una legge formata, ma solo è propriamente une academia, instituita per il buon governo della republica. E cosi ben possono esser di questa accademia e farsi christiani, posciachè nel suo essentiale non contiene niente contra l’essentia della Fede Catholica, nè la Fede catholica impedisce niente, anzi agiuta molto alla quiete e pace della repubblica, che i suoi libri pretendono. »
  • [21]
    Fonte Ricciane, T.I p.38.
  • [22]
    Au Moyen du Moyen Âge, p.263-288.
  • [23]
    Fonte Ricciane, p.136-137.
  • [24]
    Matteo Ricci, Serviteur du Maître du Ciel, p.138.
  • [25]
    Histoire de l’Expédition chrétienne au Royaume de Chine, Introduction, p.20-21.
  • [26]
    Europe, la Voie romaine, p.230.
  • [27]
    La Pensée en Chine aujourd’hui, Introduction, p.10-11.
Français

Au moment où le jésuite Matteo Ricci rencontre la Chine, au début du XVIe siècle, l’excentricité européenne, selon la définition qu’en a donné Rémi Brague, et la centralité chinoise, se trouvent dans un rapport de complémentarité qui a donné une forme spécifique à cette rencontre, loin du mythe contemporain du dialogue des civilisations.

Mots-clés

  • Matteo Ricci
  • empereur Wanli
  • Chine
  • Jésuites
  • cartographie
  • Rémi Brague
  • Figurisme
  • évangélisation
  • Tiānxià
  • Zhōngguó

Mots-clés éditeurs : cartographie, Chine, empereur Wanli, évangélisation, Figurisme, Jésuites, Matteo Ricci, Rémi Brague, Tiānxià, Zhōngguó


English

When the Jesuit Matteo Ricci meets China, at the beginning of the 16th century, European eccentricity and Chinese centrality are in a relationship of complementarity that gives a specific shape to their encounter, far from the contemporary myth of the dialogue of civilizations.

Keywords

  • Matteo Ricci
  • emperor Wanli
  • China
  • Jesuits
  • cartography
  • Rémi Brague
  • Figurism
  • evengelization
  • Tiānxià
  • Zhōngguó

Mots-clés éditeurs : cartography, China, emperor Wanli, evengelization, Figurism, Jesuits, Matteo Ricci, Rémi Brague, Tiānxià, Zhōngguó


Date de mise en ligne : 27/09/2017

https://doi.org/10.3917/mochi.049.0063

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