Avant-propos
- Par Robert Damien
Pages 3 à 5
Citer cet article
- DAMIEN, Robert,
- Damien, Robert.
https://doi.org/10.3917/mediu.012.0003
Citer cet article
- Damien, Robert.
- DAMIEN, Robert,
https://doi.org/10.3917/mediu.012.0003
Le chef bouge. Mieux : il jogge. Mais si le nouveau chef est arrivé, s’il court il court le furet, son pedigree est très ancien, et c’est à décrire ses métamorphoses, techniquement déterminées, que s’attache le présent numéro de Médium. Spécial et même très opportun, quoique pas vraiment opportuniste.
Certes, on n’ordonne plus, on ne commande plus, on manage, on ménage, on influence, on entraîne. Les mots de chef et d’autorité sont aujourd’hui plus qu’hier d’un usage difficile tant ils suscitent en chacun un imaginaire grimaçant de crainte et de répulsion. Pour mieux s’en protéger, on en use avec dérision : le chef y croit, se fait « la grosse tête » et se prend pour… un chef. Le bouffon heureusement nous en protège, l’ironie nous impose de la distance. La fonction d’autorité s’exerce aujourd’hui dans la dénégation.
En avons-nous pour autant fini avec elle ? Sa mort annoncée n’était-elle pas le stade supérieur d’une hégémonie ? La défiance protectrice ne couvre-t-elle pas un dangereux retrait d’investissement analytique ? Recouverts par les discours du management gestionnaire, psychologique ou médiatique, les exercices d’autorité ont été trop longtemps perçus comme des objets compromettants.
Les médiologues, on le sait, ne font pas dans la morale. Ce sont des gens de sac et de corde, qui ne craignent pas d’explorer les entrailles du monstre, en toute innocence et trivialité. Quels équipements matériels et symboliques sont au travail dans l’aura du meneur ou du président …