Transmettre par effraction
- Par Jean Lambert
Pages 41 à 58
Citer cet article
- LAMBERT, Jean,
- Lambert, Jean.
- Lambert, J.
https://doi.org/10.3917/mediu.005.0041
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- Lambert, J.
- Lambert, Jean.
- LAMBERT, Jean,
https://doi.org/10.3917/mediu.005.0041
Notes
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[1]
Anastasis : en grec, action de se lever après le sommeil, et de sortir (par exemple du temple), de s’éloigner, d’émigrer. Traduit dans les Évangiles et le christianisme par résurrection.
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[2]
Robert Hossein, dans son Jésus représentait au théâtre la résurrection par une foule sortant d’une colline.
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[3]
Maurice Halbwachs, La Topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte, PUF, 1941.
-
[4]
Jean Lambert, « L’histoire comme elle est apparue en islam », Esprit, juillet 2004.
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[5]
Jean Lambert, Le Dieu distribué, une anthropologie comparée des monothéismes, Éditions du Cerf, 1995.
-
[6]
Régis Debray, Les Communions humaines. Pour en finir avec « la religion », Fayard, 2005.
-
[7]
Jean Lambert, « Comment faire corps ? Fondations et morts suspectes » dans S.Franchet d’Esperey, Fondements et crises du pouvoir, Ausonius, 2003.
-
[8]
Jean Lambert, « Pour une anthropologie comparée des religions monothéistes », leçon inaugurale de la chaire Unesco de religions comparées, dans A. Charfi, Le fait religieux, Éditions Sahar, Tunis, 2005.
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[9]
Selon Dumézil les religions des Indo-Européens sont construites sur un panthéon à trois niveaux ou fonctions : au premier niveau, une double figure de souveraineté (Jupiter), au second, un jeune guerrier sauveur (Mars), et au troisième, une figure composite, Dame et Jumeaux, qui gère le multiple et la fécondité (Quirinus).
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[10]
Jean Lambert, « Les chemises de Joseph ou l’irrésistible ascension du fils béni de Jacob », Foi et vie, 3/1987.
-
[11]
Robert Hertz (1882-1915), philosophe et anthropologue français. Son œuvre interrompue construit véritablement la notion de fait religieux, et marque à sa naissance l’école française d’anthropologie.
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[12]
Robert Hertz, « Prééminence de la main droite », dans Sociologie religieuse et folklore, Alcan, 1928.
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[13]
Robert Hertz, « Représentation collective de la mort », dans Sociologie religieuse et folklore, Alcan, 1928
-
[14]
Émile Durkheim, Le Sentiment religieux à l’heure actuelle, Vrin, 1914, ou Archives de sociologie des religions, 27, 1969, 73-77.
- [15]
-
[16]
Marcel Mauss, Essai sur les variations saisonnières des sociétés Eskimos, 1906.
-
[17]
Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie (C. Lévi-Strauss éd.), PUF, 1950.
-
[18]
Henri Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion, PUF, 1932.
-
[19]
Edmond Ortigues, philosophe français, « Le mythe fragmentaire, la généalogie et l’oracle », conférence au Centre d’études religieuses de Gand, 1973 ; Le Monothéisme, Hatier, 1999.
-
[20]
Edmond Ortigues, Religions du livre et religions de la coutume, Le Sycomore, 1981.
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[21]
Henri Desroches, « Retour à Durkheim ? », Archives de sociologie des religions, 27, 1969, 79-88, évoque, avec le double palier de Durkheim, James, Bastide, Wach, Schleiermacher, Troeltsch et Bergson.
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[22]
Danièle Hervieu-Léger, Le Pèlerin et le converti, Flammarion, 1999.
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[23]
Lucrèce eût parlé de clinamen.
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[24]
Jean Lambert, « Ceci est autre chose : métaphore, tautologie et bifurcation », dans O. Abel, F. Smyth, Le livre de traverse, Éditions du Cerf, 1992.
Le tympan de Vézelay offre une remarquable allégorie visuelle des paradoxes de la transmission en montrant un Christ qui voyage aussitôt qu’il renaît dans ses disciples en marche. Il donne à réfléchir, au-delà du domaine religieux, aux deux sources inaltérables de la transmission culturelle : le transfert et l’hiatus, la fidélité et l’invention.
A Vézelay, la basilique Sainte-Madeleine, point de départ des croisades, ne met aucune croix en valeur, pas même dans le plan de l’édifice, mais un porche tardivement ajouré orienté vers un immense tympan central. Deux petits tympans latéraux l’encadrent, décrivant les limites terrestres de l’homme Jésus de Nazareth, sa naissance et sa mort. Mais au tympan central un immense Christ en mouvement, quasi assis dans une mandorle et quasi dansant, « anastase », semble se lever avec puissance. Ses larges mains rayonnent vers douze apôtres debout qu’il met en marche, telles des figurines dansant à ses côtés. Il s’agit certes d’une figure glorieuse après la mort, mais la scène ne représente cependant ni une Pentecôte ni un Jugement dernier, comme l’on dit ordinairement.
L’acteur premier de cette œuvre sont les pieds massifs, démesurés, des personnages, ce qui est cohérent pour un lieu de pèlerinage. Ceux du Christ reposent sur, et sont sculptés à même, une curieuse pierre rectangulaire, creusée d’un trou lui-même rectangulaire, qui intrigue toujours. Est-ce inachevé, détérioré ? En réalité, au centre géométrique est le tombeau, le trou fondateur de la mort, un petit tombeau vaincu dont ressuscite un immense Christ puissant, dynamique, qui piétine la mort en se relevant…