Le couple aristocratique au haut Moyen Âge
- Par Régine Le Jan
Pages 33 à 46
Citer cet article
- LE JAN, Régine,
- Le Jan, Régine.
- Le Jan, R.
https://doi.org/10.4000/medievales.7083
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- Le Jan, Régine.
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https://doi.org/10.4000/medievales.7083
Notes
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[1]
Cité par J. Gaudemet, Le Mariage en Occident?: les mœurs et le droit, Paris, 1987, p. 15.
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[2]
K. Cooper, The Fall of the Roman Household, Cambridge, 2007, trad. anglaise du texte, p. 239-283.
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[3]
R. Le Jan, Famille et pouvoir dans le monde franc (viie-ixe siècle). Essai d’anthropologie sociale, Paris, 1995, p. 288-332. Voir entre autres les exemples donnés par P. Depreux, «?L’intégration des élites aristocratiques de Bavière et de Saxe au royaume des Francs. Crise ou opportunité???», dans F. Bougard, L. Feller, R. Le Jan éd., Les Élites au haut Moyen Âge. Crises et renouvellements, Turnhout, 2006, p. 225-252.
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[4]
Sur le rapt, S. Joye, La Femme ravie. Le mariage par rapt dans les sociétés occidentales du haut Moyen Âge, Turnhout, 2012.
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[5]
M. Borgolte, «?Kulturelle Einheit und religiöse Differenz?: Zur Verbreitung der Polygynie im mittelalterlichen Europa?», Zeitschrift für historische Forschung, 31 (2004), p. 1-36?; J. Rüdiger, Der König und seine Frauen. Polygynie und politische Kultur in Europa (9.-13. Jh.), Habilitationsschrift Humboldt-Universität Berlin, 2006.
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[6]
P. Stafford, Queens, Concubines and Dowagers, Athens (Géorgie), 1983, p. 62-79?; R. Le Jan, Famille et pouvoir…, p. 271-277?; A. Esmyol, Geliebte oder Ehefrau?? Konkubinen im frühen Mittelalter, Cologne, 2002.
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[7]
B. Kasten, Königssöhne und Königsherrschaft. Untersuchungen zur Teilhabe am Reich in der Merowinger- und Karolingerzeit, Hanovre, 1997, p. 71.
-
[8]
R. Le Jan, «?The Multiple Identities of Dhuoda?», dans R. McKitterick, R. Corradini éd., Ego Trouble in the Early Middle Ages. Authors and their Identities in the Early Middle Ages, Vienne, 2010, p. 211-220.
-
[9]
Edictum Rotharii (643), c. 153-164 (dans Le leggi dei Langobardi. Storia, memoria e diritto di un popolo germanico, éd. C. Azzara et S. Gasparri, Rome, 2005, p. 46-50). La distinction n’est pas explicitée par ailleurs, ni mise en relation avec le mariage.
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[10]
B. Kasten, Königssöhne…, p. 70-81.
-
[11]
J. Koch, «?Karl Martel – Ein minderrechtleicher Erbe Pippins?», dans J. Jarnut, U. Nonn, M. Richter éd., Karl Martell in seiner Zeit, Sigmaringen, 1994, p. 150-169 (p. 151-152).
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[12]
Liber Historiae Francorum, c. 48 (MGH SSRM II, p. 323).
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[13]
Ibid., c. 49, p. 324F.
-
[14]
Frédégaire, Chronique des temps mérovingiens. Continuations, c. 6 (trad. O. Devillers et J. Meyers, Turnhout, 2006).
-
[15]
Erchembert, Breviarum Regum Francorum (éd. G. Pertz, MGH SSII, Hanovre, 1829, a. 715-827, p. 328)?; J. Koch, «?Karl Martell…?».
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[16]
B. Kasten, Königssöhne…, p. 80-81.
-
[17]
Une source certes tardive, la Vita Landiberti de Sigebert de Gembloux, raconte que le domesticus Dodo, frère d’Alpais, avait tué l’évêque de Liège Lambert en 705 parce que ce dernier avait reproché à Pépin II d’avoir pris sa sœur pour concubine («?pro pellicatu suo?»)?: Vita Landiberti auctore Sigiberto, c. 16 (MGHSSRM VI, p. 398). Voir R. Gerberding, The Rise of the Carolingians and the Liber Historiae Francorum, Oxford, 1987, p. 118-119 et P. Fouracre, The Age of Charles Martel, Londres, 2000, p. 55.
-
[18]
Die Urkunden der Arnulfinger, no 2, éd I. Heidrich, online http://www.uni-bonn.de/~uph202.
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[19]
Sur la hiérarchisation sociale, voir F. Bougard et R. Le Jan, «?Hiérarchie?: le concept et son application dans les sociétés du haut Moyen Âge?», dans F. Bougard, D. Iogna-Prat, R. Le Jan éd., Hiérarchie et stratification sociale dans l’Occident médiéval (400-1100), Turnhout, 2008.
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[20]
S. Croix, Work and Space in Rural Settlements in Viking-Age Scandinavia – Gender Perspectives, Thèse de doctorat de l’université d’Aarhus, 2012.
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[21]
Sur les dots, F. Bougard, L. Feller, R. Le Jan éd., Dots et douaires dans le haut Moyen Âge, Rome, 2002.
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[22]
D. Hellmuth, Frau und Besitz. Zum Handlungsspielraum von Frauen in Alamannien (700-940), Sigmaringen, 1998.
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[23]
C. La Rocca, «?Pouvoirs des femmes, pouvoir de la loi dans l’Italie lombarde?», dans S. Lebecq et al. éd., Femmes et pouvoirs des femmes à Byzance et en Occident (vie-xie s.), Villeneuve-d’Ascq, 1999, p. 37-50.
-
[24]
Chartae latinae antiquiores (ChLa)?: Facsimile-Edition of the Latin Charters Prior to the Ninth Century, 13, France I, no 569, éd. H. Atsma, J. Vezin, Dietikon, Zürich, 1981, p. 88.
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[25]
H.-W. Goetz, «?Coutumes d’héritage et structures familiales au haut Moyen Âge?», dans F. Bougard, C. La Rocca, R. Le Jan éd., Sauver son âme et se perpétuer. Transmission du patrimoine et mémoire dans le haut Moyen Âge, Rome, p. 203-237 (p. 222-223).
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[26]
Sur la Bavière, voir G. Bührer-Thierry, «?Femmes donatrices, femmes bénéficiaires. Les échanges entre époux en Bavière du viiie au xe siècle?», dans Dots et douaires…, p. 329-351 (p. 338-341).
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[27]
Die Urkunden der Arnulfinger, no 4, 5 (13 mai 706), 6 (2 mars 714).
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[28]
Sur les précaires et leur diffusion, Les Transferts patrimoniaux en Europe occidentale, viiie-xe siècle, MEFRM 111-2 (1999).
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[29]
Urkundenbuch zur Geschichte der mittelrheinischen Territorien [electronic resource http://books.google.com], éd. H. Beyer, L. Eltester, A. Goerz, Coblence, 1860-1874, 1, no 14. R. Le Jan, Famille…, p. 353.
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[30]
Chronique et chartes de l’abbaye de Saint-Mihiel, éd. A. Lesort, Paris, 1909, no 32?; R. Le Jan, Famille…, p. 355.
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[31]
R. Le Jan, Famille…, p. 355-356.
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[32]
R. Le Jan, «?Douaires et pouvoirs des reines en Francie et en Germanie (vie-xe s.)?», dans Ead., Femmes, pouvoirs et société dans le haut Moyen Âge, Paris, 2001, p. 68-88.
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[33]
R. Le Jan, «?Mariage et relations internationales?: l’amitié en question???», dans Le relazioni internationazionali nell’alto medioevo, Atti delle settimane LVIII, Spoleto, 8-12 aprile 2010, Spolète, 2011, p. 188-224 (197-204).
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[34]
B. Kasten, Königssöhne…, p. 65-66.
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[35]
Confraternitates Augienses (désormais Cod. Aug.), dans Libri Confraternitatum Sancti Galli, Augiensis, Fabariensis, éd. P. Piper, MGH Necrologia, Berlin, 1885?: II, p. 460.
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[36]
P. Fouracre, The Age…, p. 161-164.
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[37]
Sur le rôle de Bertrade, voir J. L. Nelson, «?Bertrada?», dans M. Becher et J. Jarnut, Das Dynastiewechsel von 751, Münster, 2004, p. 93-108.
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[38]
M. de Jong, The Penitential State. Authority and Atonement in the Age of Louis the Pious, 814-840, Cambridge, 2009, p. 188-213. G. Bührer-Thierry, «?La reine adultère?», Cahiers de Civilisation médiévale, 35 (1992), p. 299-312.
-
[39]
Sur l’usage juridique du terme, P. Delogu, «?“Consors regni”. Un problema carolingo?», Bolletino dell’Istituto storico per il medioevo e Archivio muratoriano, 76 (1964), p. 47-98.
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[40]
Sur Engelberge, voir F. Bougard, art. Engelberga, dans Dizionario biografico degli Italiani, t. 47, Rome, 1993, p. 668-676, http://www.treccani.it/enciclopedia/imperatrice-engelberga_(Dizionario-Biografico)/ ; C. La Rocca, «?La reine et ses liens avec les monastères dans le royaume d’Italie?», dans R. Le Jan éd., La Royauté et les élites dans l’Europe carolingienne, Villeneuve-d’Ascq, 1998, p. 269-284 (p. 279-283).
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[41]
Cartulaire de Brioude, éd. H. Doniol, Clermont-Ferrand, 1863, no 131.
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[42]
R. Le Jan, «?L’épouse du comte au ixe siècle. Évolution d’un modèle et idéologie du pouvoir?», dans Ead., Femmes…, p. 21-29.
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[43]
Vita Geraldi I, c. 34 (PL 133, col. 663).
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[44]
A. Bernard, A. Bruel éd., Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, 1, Paris, 1876, no 205, p. 193.
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[45]
R. Le Jan, «?La fondation de Cluny, le genre et le premier âge féodal?», dans D. Iogna-Prat, F. Mazel, I. Rosé éd., Cluny, le monachisme et la société au premier âge féodal (880-1050), Rennes, 2013, p. 215-223.
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[46]
R. Le Jan, «?Douaires…?», p. 76-88.
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[47]
Sur cette lettre, G. Gandino, «?Aspirare al regno?: Berta di Toscana?», dans C. La Rocca éd., Agire da donna. Modelli e pratiche di rappresentazione (secoli vi-x), Turnhout, 2007, p. 249-268?; T. Lazarri, «?La rapprezentatione dei legami di parentela e il ruolo delle donne nell’alta aristocrazia del regno italico (secc. ix-x)?: l’esempio di Berta di Toscana?», ibid., p. 129-149.
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[48]
Liutprand de Crémone, Antapodosis II, 39 (éd. P. Chiesa, Turnhout, 1998, p. 51)?; T. Lazzari, «?La rappresentazione…?», p. 139-140.
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[49]
Adémar de Chabannes, Chronique III, c. 64 (trad. Y. Chauvin et G. Pon, Turnhout, 2003, p. 284).
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[50]
T. de Hemptinne, «?Women as Mediators between the Powers of comitatus and sacerdotium. Two Countesses of Flanders in the Eleventh and Twelfth Centuries?», dans M. Gosman, A. Vanderjagt et J. Veenstra éd., The Propagation of Power in the Medieval West, Groningue, 1997, p. 287-299.
Le couple conjugal n’est pas une donnée sociale invariable et intangible, mais une construction soumise au changement. Au haut Moyen Âge, le système de parenté cognatique et la faiblesse des structures étatiques placent le mariage au centre des échanges qui assurent l’équilibre social et qui régulent la compétition entre les groupes aristocratiques, mais il faut distinguer mariage et couple. Au début de la période, les tendances polygyniques affaiblissent la visibilité du couple, si le rapport de force ne permet pas à une épouse de s’imposer. À terme cependant, la sédentarisation et la christianisation ont joué en faveur du mariage légal en promouvant la conjugalité et la monogamie. Dès le viie siècle, des couples développent ensemble des stratégies patrimoniales et politiques, ce qui permet aux évêques de promouvoir, au ixe siècle, une idéologie sociale fondée sur le modèle conjugal. Cependant, c’est seulement à la fin du ixe siècle qu’interviennent des changements profonds qui conduisent à associer directement l’épouse aristocratique à la gestion du pouvoir et à mettre en scène le couple en tant qu’acteur social et politique.
- haut Moyen Âge
- aristocratie
- parenté
- mariage
- couple
Mots-clés éditeurs : aristocratie, couple, haut Moyen Âge, mariage, parenté
The Aristocratic Couple in the Early Middle Ages
The Aristocratic Couple in the Early Middle Ages
Conjugal couple is no invariable and inviolable social fact, but a changeable construction. In the Early Middle Ages, the cognatic Kinship system and the weakening of the State have placed the marriage in the middle of the social exchange system which assured the balance within the society and which regulated the competition between aristocratic groups. But we have to make the difference between marriage and couple. At the beginning of the period, polygenic trends weakened the conjugal visibility, if the balance of power didn’t allow one of the spouses to get the upper hand upon the other. Nevertheless, afterward, people’s settlement and Christianization have worked in favor of legal marriage, by promoting conjugality and monogamy. From the seventh century, couples have developed together patrimonial and political strategies, and in the ninth century, Carolingian bishops could promote a social ideology based on the conjugal model. Nevertheless, it’s only at the end of the ninth century that deep change led to associate the aristocratic legal spouse directly to power management and to present the couple as a social and political actor.
- Early Middle Ages
- aristocracy
- kinship
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Mots-clés éditeurs : aristocracy, couple, Early Middle Ages, kinship, marriage