Dragons entre sciences et fictions, sous la direction de Jean-Marie Privat, Paris, CNRS Éditions, 2006 (Ill.), 203 p.
- Par Monique Goullet
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- GOULLET, Monique,
- Goullet, Monique.
- Goullet, M.
https://doi.org/10.4000/medievales.4232
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Publié à l’occasion d’une exposition sur les dragons coproduite par le Conseil général de la Moselle et le Museum national d’Histoire naturelle, et après un colloque qui s’est tenu à l’Université de Metz sur l’hybridité – concept représenté par l’image du dragon –, ce livre mérite l’attention de chercheurs de multiples disciplines, et particulièrement des historiens médiévistes ouverts à l’anthropologie. Il propose en effet une réflexion polyphonique sur les modes et les enjeux des imaginaires de l’hybridité : « le dragon n’est-il pas par excellence la créature hybride ? », demande Jean-Marie Privat dans sa très belle introduction, qui rend compte de la polysémie du draco et de son rôle dans l’histoire de l’humanité (p. 5-9). Le livre s’ouvre d’abord au « dragon des sciences » (p. 12-51) : celui de la paléontologie, dont les progrès ont fait accoucher les dragons d’animaux bien réels (Philippe Taquet) ; celui de l’Allemand Kircher – auteur du Mundus subterraneus paru à Amsterdam en 1665 –, supposé naître dans les grottes souterraines par génération spontanée (Michel Meurger) ; le dragon asiatique, que Jacques Ivanoff traque à travers les représentations fantastiques de l’Asie du Sud-Est ; le dragon aquatique, que le christianisme a métamorphosé en être néfaste (Aliette Geistdoerfer) ; une « sémantique de l’hybride » (Guy Achard-Bayle) clôt cette première section. Lui succède le « dragon des religions » (p. 54-93), celui de la Bible, bien sûr (Pierre-Marie Beaude), celui des prédicateurs et des processions médiévales (Pascal Collomb), celui de l’hagiographie, vu à travers l…