Les femmes, enjeu des rivalités coloniales et postcoloniales entre les deux rives de la Méditerranée
- Par Sophie Bessis
Pages 363 à 376
Citer cet article
- BESSIS, Sophie,
- Bessis, Sophie.
- Bessis, S.
https://doi.org/10.3917/ltm.674.0363
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- Bessis, S.
- Bessis, Sophie.
- BESSIS, Sophie,
https://doi.org/10.3917/ltm.674.0363
Notes
-
[1]
Dans l’original, les italiques ne figurent pas.
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[2]
« Nous sommes les Indigènes de la République », http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=6republique.fr/article.php3?id_article=6
-
[3]
www.indigenes-republique.org/spip.php?article667 (10 février 2007).
-
[4]
Gras et majuscules dans le texte.
-
[5]
Idem.
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[6]
Les italiques ne figurent pas dans l’original.
-
[7]
Idem.
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[8]
Nacira Guénif-Souilamas et Eric Macé, Les Féministes et le garçon arabe, éditions de l’Aube, 2004.
-
[9]
Sophie Bessis, Les Arabes, les femmes, la liberté, Paris, Albin Michel, 2007.
-
[10]
Leïla Babès, « Pour se protéger de la femme, objet de désirs », in Spiritualités, mis en ligne le 23 novembre 2004.
Dans les descriptions et les représentations réciproques qui se font concurrence d’une rive à l’autre de la Méditerranée dès avant l’époque coloniale, les femmes sont omniprésentes. Il faut en effet tenir compte du long moment précolonial si l’on veut comprendre la profondeur historique des enjeux et des fantasmes que se sont renvoyés les deux civilisations concurrentes prétendant à l’hégémonie en Méditerranée, l’arabe puis l’ottomane d’un côté, la chrétienne puis l’occidentale de l’autre. On ne fera pas ici l’histoire de ces représentations croisées, de ces instrumentalisations concurrentes, si importantes entre autres dans la construction de l’orientalisme. On rappellera simplement comment les femmes ont toujours été un enjeu symbolique majeur des rivalités entre les deux civilisations qui se faisaient face, comment leur condition et leur statut ont servi d’instrument de mesure pour juger réciproquement de leur avancement (dans les deux sens : liberté des femmes = décadence de l’Occident d’un côté, asservissement = primitivité des Orientaux de l’autre). Mais comment aussi leur instrumentalisation n’a servi en rien à changer leur condition à l’époque coloniale ni, a fortiori, dans les pays de la Méditerranée du Sud ayant accédé à l’indépendance en s’appuyant sur une mythologie identitaire à laquelle elles ont été assignées.
Vue du Nord, rappelons-le, la femme musulmane a longtemps été à la fois cloîtrée et lascive, promesse érotique enfermée dans les mots magiques de harem ou de bain turc, mais en même temps interdite du fait de sa claustration…
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