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Alfred Fouillée et le solidarisme : fondements et limites d’une filiation philosophique

Pages 157 à 177

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  • Martin, J.
(2025). Alfred Fouillée et le solidarisme : fondements et limites d’une filiation philosophique. Les Études Sociales, 182(2), 157-177. https://doi.org/10.3917/etsoc.182.0157.

  • Martin, Jean.
« Alfred Fouillée et le solidarisme : fondements et limites d’une filiation philosophique ». Les Études Sociales, 2025/2 n° 182, 2025. p.157-177. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-les-etudes-sociales-2025-2-page-157?lang=fr.

  • MARTIN, Jean,
2025. Alfred Fouillée et le solidarisme : fondements et limites d’une filiation philosophique. Les Études Sociales, 2025/2 n° 182, p.157-177. DOI : 10.3917/etsoc.182.0157. URL : https://shs.cairn.info/revue-les-etudes-sociales-2025-2-page-157?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/etsoc.182.0157


Notes

  • [1]
    . Guillaume Le Quintrec, « Alfred Fouillée et la psychologie des peuples », Cahiers de sociologie économique et culturelle, n° 15, 1991, p. 40.
  • [2]
    . Jean-Marc Bernardini, Le darwinisme social en France (1859-1918), Paris, CNRS Éditions, 1997, p. 195.
  • [3]
    . André Chaumeix, « Alfred Fouillée », Revue Des Deux Mondes, vol. 13, n° 4, 1913, p. 887.
  • [4]
    . Pascal Ory, Nouvelle histoire des idées politiques, Paris, Hachette, 2011, p. 401.
  • [5]
    . Michel Borgetto, « La doctrine solidariste de Léon Bourgeois», in : Carlos-Miguel Herrera (dir.), Les juristes face au politique. Tome I, Paris, Éditions Kimé, 2003, p. 47.
  • [6]
    . Sans souci d’exhaustivité, on peut ajouter : Alain Policar, « Solidarité, laïcité et république : l’actualité de la pensée de Célestin Bouglé », in : Célestin Bouglé, Solidarisme et libéralisme, Paris, L’Harmattan, 2009, p. XI ; Olivier Grenouilleau, L’invention du travail, Paris, Editions du Cerf, 2022, p. 142.
  • [7]
    . Une partie de l’historiographie se fait, néanmoins, plus modérée et précise dans son propos. Pour l’exemple, rapportons : Emmanuel d’Hombres, « Le solidarisme», Revue d’éthique et de théologie morale, vol. 260, n° 3, 2010, p. 81-107 ; Marie-Claude Blais, La solidarité, Paris, Gallimard, 2007, 352 p ; Jack Hayward, « “Solidarity” and the Reformist Sociology of Alfred Fouillée. I », The American Journal of Economics and Sociology, vol. 22, n° 1, 1963, p. 205-222
  • [8]
    . Alfred Fouillée naît le 18 octobre 1838 à La Pouèze. Après la mort de son père, il enseigne – au détriment de ses propres études – pour subvenir aux besoins de la famille, tout en préparant seul l’agrégation de philosophie – il est reçu premier en 1864. Sa carrière universitaire brillante le conduit jusqu’à l’École normale supérieure et à l’Institut. Mais, dès 1875, un décollement de la rétine et une maladie du cœur l’obligent à la retraite. Il meurt le 16 juin 1912. Voir : Jean Lawruszenko et Jordi Riba, « Plus qu’une simple anecdote : Introduction à la pensée d’Alfred Fouillée », Corpus, n° 53, 2007, p. 5-18.
  • [9]
    . Serge Audier, La pensée solidariste, Paris, PUF, 2010, 352 p.
  • [10]
    .  « Solidarisme », Trésor de la langue Française informatisé [en ligne], consulté le 03/01/2025, https://www.cnrtl.fr/lexicographie/solidarisme
  • [11]
    . Jean Lawruszenko et Jordi Riba, « Bibliographie d’Alfred Fouillée », Corpus, n° 53, 2007, p. 19-32.
  • [12]
    . Alfred Fouillée, Critique des systèmes de morale contemporains, Paris, G. Baillière, 1883, 411 p. et Le moralisme de Kant et l’amoralisme contemporain, Paris, Félix Alcan, 1905, 375 p. ; etc.
  • [13]
    . Alfred Fouillée, L’enseignement au point de vue national, Paris, Hachette, 1891, 451 p. et La conception morale et civique de l’enseignement, Paris, La Revue Bleue, 1902, 174 p. ; etc.
  • [14]
    . Alfred FouilléeTempérament et caractère selon les individus, les sexes et les races, Paris, Baillière, 1895, 378 p. et Esquisse psychologique des peuples européens, Paris, Félix Alcan, 1903, 550 p. 
  • [15]
    . Néanmoins, le solidarisme ne se réduit pas à Léon Bourgeois. Mon corpus ne se limite donc pas à ses œuvres et à son réseau, même si sa pensée apparaîtra davantage mobilisée dans cet article puisque, étant donné sa centralité, elle met davantage en lumière les diverses orientations du solidarisme.
  • [16]
    . Léon Bourgeois, Solidarité [5e édition], Paris, Armand Colin, 1906, p. 172.
  • [17]
    . Léon Bourgeois, Solidarité, Paris, Armand Colin, 1896, p. 149-150.
  • [18]
    .  « L’homme ne devient pas seulement, au cours de sa vie, le débiteur de ses contemporains ; dès le jour même de sa naissance, il est un obligé. L’homme naît débiteur de l’association humaineEn entrant dans l’association, il y prend sa part d’un héritage accumulé par les ancêtres de lui-même et de tous », Ibid., p. 116-117.
  • [19]
    .  « Doctrine », Trésor de la langue Française informatisé [en ligne], consulté le 03/01/2025, https://www.cnrtl.fr/lexicographie/doctrine
  • [20]
    .  « Mouvement », Trésor de la langue Française informatisé [en ligne], consulté le 03/01/2025, https://www.cnrtl.fr/lexicographie/mouvement
  • [21]
    . Ibid.
  • [22]
    . Pour l’exemple, notons que l’on retrouve, ainsi, Léopold Mabilleau dans la Ligue internationale de l’aliment pur ou, encore, Charles Gide dans l’Association des abonnés au téléphone ; Edmond Char, « De la consommation nationale », Revue de la solidarité sociale, n° 73, 1910 p. 108-109 ; Armand Fénétrier, « La Fédération des Associations de Consommateurs », Revue de la solidarité sociale, n° 73, 1910, p. 109-110.
  • [23]
    . « Dans toutes les sociétés, il y a une masse indifférente et égoïste qui ne se soucie que du dividende, mais au dedans il y a quelques individualités – c’est précisément eux qui représentent cette petite âme de bonté dont parlait Shakespeare – qui font fermenter et vivre toute la masse inerte. », Charles Gide, « La coopération », in : Léon Bourgeois (dir.), Les applications sociales de la solidarité, Paris, Félix Alcan, 1904, p. 53.
  • [24]
    . Thérence Carvalho, « Sur l’influence en histoire des idées », Journal of interdisciplinary History of Ideas, vol. 12, n° 23, 2023, p. 1-23.
  • [25]
    . Ibid.
  • [26]
    . Ibid.
  • [27]
    . J. Lawruszenko et J. Riba, « Bibliographie… », op. cit.
  • [28]
    . Nous avons dépouillé, de manière exhaustive – autant afin d’établir une histoire du réseau solidariste qu’afin d’éclairer certains versants de la doctrine solidariste –, la Revue de la solidarité sociale (de 1904 à 1914), les Questions pratiques (1900-1936) et la Revue des études coopératives (1921-1940) – toutes ces revues peuvent être attachées au solidarisme. S’ensuit que notre méthode et, donc, nos résultats sont contraints par la manière dont on constituait, au début du XXe siècle, son appareil critique.
  • [29]
    . Jacques Rancière, « Histoire des mots, mots de l’histoire », Communications, 58, 1994, p. 91.
  • [30]
    . Daniele Lorenzini, « La généalogie comme méthode de possibilisation », in : Quentin Landenne et Emmanuel Salanskis (dir.), Les métamorphoses de la « généalogie » après Nietzsche, Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles, 2022, p. 115-147.
  • [31]
    . T. Carvalho, « Sur l’influence… », op. cit.
  • [32]
    . Ibid.
  • [33]
    . Voltaire utilise autant le terme pour qualifier Rousseau que pour qualifier l’ensemble des écrivains. Voir : Guy Besse, « Jean-Jacques Rousseau, la solitude et l’histoire », CERM, n° 16, 1963, p. 1-23 ; Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIX e siècle. Tome 8 F-G, Paris, Administration du grand Dictionnaire universel, 1872, p. 814.
  • [34]
    . Anastasios Brenner, « Science et scientisme », Raison présente, n° 171, 2009, p. 15-27.
  • [35]
    . Alfred Fouillée, La science sociale contemporaine, Paris, Hachette, 1880, p. 13.
  • [36]
    .  Alfred Fouillée, « La philosophie des idées-forces», Revue philosophique de la France et de l’étranger, vol. 8, 1879, p. 6.
  • [37]
    . Alfred Fouillée, L’avenir de la métaphysique fondée sur l’expérience, Paris, Germer-Baillière, 1889, p. 121-122.
  • [38]
    . A. Fouillée, La science…op. cit., p. 111.
  • [39]
    .  « La tendance à la fonction crée l’organe », Alfred Fouillée, La liberté et le déterminisme, Paris, Ladrange, 1872,p. 282.
  • [40]
    .  « L’expression la plus haute et la plus réfléchie de la volonté, dans ses rapports avec autrui, étant la convention réciproque ou le contrat », A. Fouillée, La science…op. cit., p. 3.
  • [41]
    . Ibid., p. 10.
  • [42]
    . Alfred FouilléeLes éléments sociologiques de la morale, Paris, Félix Alcan, 1905, p. 228.
  • [43]
    . A. Fouillée, La science…op. cit., p. 148.
  • [44]
    . Ibid., p. 10.
  • [45]
    . Ibid., p. 148.
  • [46]
    . L. Bourgeois, Solidarité, op. cit.
  • [47]
    . Caroline Tixier, « La théorie du quasi-contrat social chez Léon Bourgeois », Jus Politicum, n° 15, 2016, p. 2.
  • [48]
    . L. Bourgeois, Solidarité, op. cit., p. 14.
  • [49]
    . Ibid., p. 70.
  • [50]
    . Ibid., p. 82.
  • [51]
    . Ibid., p. 64-65.
  • [52]
    . Ibid., p. 126-127.
  • [53]
    . Le concept se retrouve jusque dans ses ouvrages posthumes : Alfred FouilléeEsquisse d’une interprétation du monde, Paris, Félix Alcan, 1913, p. 381 et Humanitaires et libertaires au point de vue sociologique et moral, Paris, Félix Alcan, 1914, p. 25 et 47.
  • [54]
    . Alfred Fouillée, La propriété sociale et la démocratie, Paris, Hachette, 1884, p. 1.
  • [55]
    . L. Bourgeois, Solidaritéop. cit., p. 53.
  • [56]
    . Ibid., p. 69.
  • [57]
    . Ceux passés à la postérité et, aussi, ceux d’auteurs plus confidentiels (plus de 500 au total), ayant écrit dans les revues que nous avons dépouillées.
  • [58]
    . Charles Gide, La solidarité, Paris, P.U.F., 1932, 234 p. ; L’idée de solidarité en tant que programme économique, Paris, Giard et Brière, 1893, 25 p. ; ainsi que la vingtaine d’articles qu’il a livrés aux revues que nous avons dépouillées.
  • [59]
    .  C. Bouglé, Le solidarisme, op. cit. ; ainsi que les quelques articles qu’il a livrés aux revues que nous avons dépouillées.
  • [60]
    . Pour exemple : Ibid., p. 3.
  • [61]
    . On pense, bien sûr, à la pensée de Jean-Jacques Rousseau, antérieure d’un siècle à celle d’Alfred Fouillée.
  • [62]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 307.
  • [63]
    . A. Fouillée, Morale des idées…, op. cit., p. 325.
  • [64]
    . Alfred FouilléeLe socialisme et la sociologie réformiste, Paris, Félix Alcan, 1909, p. 26.
  • [65]
    . Alfred Fouillée, La démocratie politique et sociale en France, Paris, Félix Alcan, 1910, p. 4.
  • [66]
    . On pourrait ajouter Alfred Fouillée, La propriété sociale et la démocratie, Paris, Félix Alcan, 1909, p. X ou Les éléments…, op. cit., p. XI.
  • [67]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 307.
  • [68]
    . Alfred Fouillée, « La théorie de l’État et le rôle de l’idée de contrat dans la science sociale contemporaine », Revue des Deux Mondes, vol. 32, n° 4, 1879, p. 759-793.
  • [69]
    . Ibid., p. 764.
  • [70]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 307.
  • [71]
    . On peut, d’ailleurs, ajouter une autre mention sans importance :« Une société au sein de laquelle des enfants peuvent encore se trouver abandonnés est engagée envers ces enfants par ce que les jurisconsultes appellent un quasi-contrat », A. Fouillée, La propriété…,op. cit., p. 132.
  • [72]
    . Joseph Tissot, Principes du droit public. Introduction philosophique, Dijon, Marescq, 1872, p. 601.
  • [73]
    . « Adoptant entièrement notre théorie dans un livre qui parut en 1899 [erreur de Fouillée, Solidarité paraissant en 1896], M. Léon Bourgeois », A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 309.
  • [74]
    . Nous nous appuyons, ici, sur une remarque formulée par Pierre-Xavier Boyer : « Disgrâce ancienne [pour Fouillée] puisque, peu après sa mort, une notice nécrologique le présentait déjà, employant un passé simple cruel, comme “un philosophe qui eut son heure de célébrité” », Pierre-Xavier Boyer, « Aux origines de l’élitisme républicain : Les aristocraties d’Alfred Fouillée », Revue Française d’Histoire des Idées Politiques, vol. 22, n° 2, 2005, p. 261.
  • [75]
    .  J. Lawruszenko et J. Riba, « Plus qu’une simple… », op. cit., p. 17 ; Edmond-Marc Lipiansky, « Identité nationale et psychologie. Alfred Fouillée », in : Jacques Chevallier, L’identité politique, Paris, PUF, 1994, p. 36 ; Gustave Fagniez, « Nécrologie. M. Alfred Fouillée », Revue internationale de l’enseignement, t. 64, 1912, p. 278.
  • [76]
    . Voir l’« organisme des idées-forces », A. Fouillée, Morale…,op. cit., 1908, p. XXIV.
  • [77]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 307.
  • [78]
    .  « M. Fouillée résume lui-même ses apports à la morale solidariste dans son dernier livre Les éléments sociologiques de la morale », C. Bouglé, Le solidarisme, op. cit., p. 3.
  • [79]
    . Alfred Fouillée a « longtemps avant M. Bourgeois […] défendu les idées de quasi-contrat et de dette », Joseph Segond, « Quelques publications récentes sur la morale », Revue philosophique de la France et de l’Étranger, t. 67, 1907, p. 97.
  • [80]
    . Sans souci d’exhaustivité, on peut ajouter Charles Chabot, « Revue des livres de pédagogie », Revue pédagogique, t. 44, n° 4, 1904, p. 355 ou Alphonse Darlu, « Encore quelques réflexions sur le quasi-contrat social », Revue de métaphysique et de morale, t. VI, 1898, p. 115.
  • [81]
    . A. Chaumeix, « Alfred Fouillée », op. cit., p. 887.
  • [82]
    .  Également remarqué par Louis Moreau de Bellaing, « Le solidarisme et ses commentaires actuels », in : Jacques Chevallier, La solidarité, un sentiment républicain ?, Paris, PUF, 1992, p. 86 : « Fouillée qui prend ses distances avec la doctrine [solidariste] ».
  • [83]
    .  Pour illustration : « Quoi que nous ayons pu dire nous-même, au point de vue juridique et moral, du quasi-contrat, de l’“organisme contractuel”auquel se ramène la société, enfin de la réduction possible de tous les droits proprement juridiques à des droits inter-personnels, nous sommes obligés de réagir contre une interprétation individualiste de ce principe qui nous semble abusive. », A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 310.
  • [84]
    . L. Bourgeois, Solidaritéop. cit., p. 156.
  • [85]
    . Ibid.
  • [86]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 312.
  • [87]
    . Ibid.
  • [88]
    . Ibid.
  • [89]
    . Ibid., p. 299.
  • [90]
    . Ibid., p. 311.
  • [91]
    . Ibid., p. 312.
  • [92]
    . Ibid., p. 311.
  • [93]
    . Quand l’Institut s’intéresse, en 1903, à la solidarité sociale, on peut lire « Le raisonnement [solidariste] contient une contradiction qui de suite râpe les yeux et l’esprit. Les hommes, dit-on, sont liés par une association antérieure à leur naissance et dont ils ne se peuvent dégager : puis quelques lignes plus bas, on les assimile à des personnes ayant contracté, ayant formé une association avec d’autres. », Eugène d’Eichtal, « La solidarité sociale : ses nouvelles formules », in : Académie des sciences morales et politiques, La solidarité sociale, Paris, Picard, 1903, p. 9 ; Célestin Bouglé, lui-même, écrit qu’« On arrête quelquefois les solidaristes dans leurs spéculations juridiques par une objection préalable : si votre interprétation du quasi-contrat était recevable en effet qu’auriez-vous besoin de préparer des lois pour remédier aux injustices sociales ? », C. Bouglé, Le solidarisme, op. cit., 85-86
  • [94]
    . Pour l’exemple : « Le système de Léon Bourgeois [la dette sociale] arriverait à une situation inverse, et qui par cela même, il faut bien en convenir, serait plus humaine ; mais qui serait, elle aussi, un état de guerre sociale. », C. Gide, La solidarité…, op. cit., p 130.
  • [95]
    . Pour l’exemple : « La théorie du quasi-contrat est un de ces efforts d’adaptation. Sa place est marquée parmi les tentatives de ce qu’on a appelé le “socialisme juridique”. Et peut-être des juristes trouveront-ils, pour transformer le droit, des notions plus “commodes” que celle du quasi-contrat. », Célestin Bouglé, « Doctrine et sentiments solidaristes », Revue de la solidarité sociale, n° 43, 1908, p. 2-3.
  • [96]
    . Pour l’exemple : « Or, dans la réalité des choses, le mot « solidarisme » présente, déjà en lui-même, une désinence qui sonne à l’oreille d’une façon vraiment un peu abstraite, évoquant des disputes d’école, des arguties scholastiques, en somme pour employer la savoureuse expression de Montaigne tout un “tintamarre de cervelles”. », Joseph Ribet, « La philosophie de la solidarité », Revue de la solidarité sociale, n° 4, 1904 p. 49.
  • [97]
    . A. Chaumeix, « Alfred Fouillée », op. cit., p. 887.
  • [98]
    . Voir C. Bouglé, Le solidarisme, op. cit., p. 3-5.
  • [99]
    . « Ayant nous-même, à maintes reprises, insisté dans divers ouvrages sur l’idée de solidarité, y ayant même joint le premier, dans la Science sociale contemporaine, ces idées de contrat implicite et de quasi-contrat qui ont depuis fait fortune, nous nous sommes cru particulièrement autorisé à mettre en lumière ce qu’il y a de légitime et d’illégitime dans la conception de la solidarité aujourd’hui à la mode.», A. FouilléeLes éléments sociologiques…, op. cit., p. XI.
  • [100]
    . Alfred Valensi, « A propos d’une enquête sur le féminisme », Revue de la solidarité sociale, n° 59, 1909, p. 69 ; Placide Astier, « L’enseignement technique et la société moderne », Revue de la solidarité sociale, n° 5-6, 1913, p. 66 ; Maffeo-Charles Poinsot, « Sur l’éducation », Revue de la solidarité sociale, n° 74, 1910, p. 116 et « Clemenceau solidariste », Revue de la solidarité sociale, n° 46, 1908, p. 53 ; Pierre Clerget, « La géographie dans ses rapports avec l’économie sociale », Questions pratiques de législation ouvrière et d’économie sociale, n° 3, 1903, p. 82 ; Gaëtan Pirou, « Le radicalisme social », Questions pratiques, n° 4, 1925 p. 142et « Le radicalisme social », Revue des études coopératives, n° 13, 1924, p. 11.
  • [101]
    . Á noter, tout de même, un biais : la présence de Charles Gide dans le comité de rédaction de la Revue des études coopératives.
  • [102]
    . J. Lawruszenko et J. Riba, « Bibliographie… », op. cit.
  • [103]
    . P. Clerget, « La géographie… », op. cit., p. 82.
  • [104]
    . P. Astier, « L’enseignement… », op. cit., p. 66 ; M.-C. Poinsot, « Sur l’éducation », op. cit., p. 116.
  • [105]
    . A. Valensi, « A propos…», op. cit., p. 69.
  • [106]
    . G. Pirou, « Le radicalisme social », Questions pratiques, n° 4, 1925 p. 142 et « Le radicalisme social », Revue des études coopératives, n° 13, 1924, p. 11.
  • [107]
    . M.-C. Poinsot, « Clemenceau…», op. cit., p. 53 ; Joseph Charmont, La renaissance du droit naturel, Paris, L. Chauny et L. Quinsac, 1927, p. 143-144 ; C. Bouglé, Le solidarisme, op. cit., p. 3-5.
  • [108]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 311.
  • [109]
    . Ainsi, dans les trois revues dépouillées, on ne trouve aucune mention de l’organisme contractuel.
  • [110]
    . M.-C. Poinsot, « Clemenceau…», op. cit., p. 53.
  • [111]
    .  Léon Bourgeois, « Première conférence », in : Alfred Croiset et Léon Bourgeois (dir.), Essai d’une philosophie de la solidarité, Paris, Félix Alcan, 1902, p. 7.
  • [112]
    . « Et si l’on veut conserver le mot, parce qu’il est commode, parce qu’il exprime des analogies importantes, du moins faut-il dire avec M. Fouillée que la société humaine est un organisme contractuel », Ibid., p. 7.
  • [113]
    . « Léon Bourgeois s’en est aperçu et, très habilement, il a modifié sa thèse. Ce n’est plus la théorie du quasi-contrat : c’est celle de la mutualité. Celle-ci, quoiqu’elle ait beaucoup moins frappé le public que celle du quasi-contrat et même soit restée généralement ignorée – et beaucoup plus heureuse et mérite d’être retenue. », C. Gide, La solidarité…, op. cit., p. 133-134.
  • [114]
    . Ibid.
  • [115]
    .  Léon Bourgeois est étudiant au moment où Alfred Fouillée est nommé maître de conférences à l’École Normale Supérieure ; il formule sa théorie du quasi-contrat social, dans Solidarité, vingt ans plus tard.
  • [116]
    . Notons, néanmoins, qu’Alfred Fouillée a répondu à un questionnaire proposé par la Revue de la solidarité sociale (A. Valensi, « A propos…», op. cit., p. 69) et a participé à a minima un congrès aux côtés de Léon Bourgeois (« Congrès universel des races », Revue de la solidarité sociale, n° 87, 1911, p. 142).
  • [117]
    . J. Lawruszenko et J. Riba, « Plus qu’une simple… », op. cit., p. 7-8 ; Georges Picot, Concours de l’Académie : sujets proposés, prix et récompenses décernés, Paris, Imprimerie nationale, 1901, p. 66 et p. 70 ; Augustin Guyau, La philosophie et la sociologie d’Alfred Fouillée, Paris, Félix Alcan, 1913, p. XI-XIV ; G. Fagniez, « Nécrologie… »,op. cit., p. 277 ; G. Le Quintrec, « Alfred Fouillée… », op. cit., p. 40-41.
  • [118]
    . A. Guyau, La philosophie…,op. cit.,p. XV.
  • [119]
    . J. Lawruszenko et J. Riba, « Plus qu’une simple… », op. cit., p. 6-7.
  • [120]
    . A. Guyau, La philosophie…, op. cit., p. XI.
  • [121]
    . Alfred Fouillée, « Introduction », in : Jean-Marie Guyau, Pages choisies des grands écrivains : J. M. Guyau, Paris, Armand Colin, 1895, p. VI ; A. Guyau, La philosophie…, op. cit., p. XIV-XV.
  • [122]
    . G. Fagniez, « Nécrologie… », op. cit., p. 277.
  • [123]
    . « C’est qu’il lui est apparu avec une menaçante évidence qu’avant de philosopher, il faut vivre, primo vivere, deinde philosophari, qu’il faut avant tout soustraire la flamme vacillante de la pensée à la malignité du coup de vent qui pourrait l’éteindre », Ibid., p. 277.
  • [124]
    . On trouve une référence à l’« idée-force » dès A. Fouillée, La liberté…, op. cit., p. 272.
  • [125]
    . A. Fouillée, La science…op. cit., p. 115.
  • [126]
    . Ainsi qu’à des considérations sur l’histoire de la philosophie et la psychologie des peuples.
  • [127]
    . Absent de A. Fouillée, Critique des systèmes…, op. cit., p. 360 à A. Fouillée, Esquisse psychologique…, op. cit., p. 60.
  • [128]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 310-312.
  • [129]
    . Á tel point que Célestin Bouglé écrit : « Le “solidarisme” semble en passe de devenir, pour la troisième République, une manière de philosophie officielle. Il est le fournisseur attitré de ces grands thèmes moraux qui font l’accord des consciences, et que le moindre personnage public se sent obligé de répéter aux occasions solennelles. », C. Bouglé, Le solidarisme, op. cit., p. 1.
  • [130]
    . « Ceux qui ont fait du solidarisme sans prononcer le mot, sans, peut-être, se mêler à la chose », M.-C. Poinsot, « Clemenceau…», op. cit., p. 53 ; « Il était donc (comme beaucoup de gens en France) solidariste sans le savoir. », Émilien Senchet, Liberté du travail et solidarité vitale, Paris, V. Giard et E. Brière, 1903, p. 203 ; « Le solidarisme, forme de l’entr’aide, a grandi dans les sociétés modernes au point de devenir presque un sentiment nouveau. », M.-C. Poinsot, « Sur l’éducation », op. cit., p. 117.
  • [131]
    . « C’est dire combien il est difficile de préciser aujourd’hui l’état de la doctrine. Tant de contributions disséminées manifestent souvent des tendances assez divergentes. Chacun tire à soi le patrimoine commun. Chacun interprète les théories à sa façon. On serait tenté de dire, en ce sens, qu’il y a presque autant de solidarismes que de solidaristes. », C. Bouglé, Le solidarisme, op. cit., p. 1 ; « Tout d’abord, il n’y a pas une théorie solidariste, mais plusieurs, très différentes », Paulin Malapert, Essai d’une philosophie de la solidarité, Paris, Félix Alcan, 1902, p. 19.
  • [132]
    . Remarqué dès le tout début du XXe siècle : « Dans sa forme actuelle, encore imprécise, l’école solidariste nous offre le reflet le plus fidèle des tendances, des aspirations générales, et aussi des hésitations des Parlements, dans l’œuvre colossale de réglementation du travail qu’ils ont simultanément entreprise à la fin du XIXe siècle. », Paul Pic, « De l’interventionnisme », Questions pratiques de législation ouvrière et d’économie sociale, n° 7, 1902, p. 211.Plus largement, à propos de ce paradigme nouveau, voir : Jean-Fabien Spitz, Le moment républicain en France, Paris, Gallimard, 2005, 526 p.
  • [133]
    . A. Fouillée, Humanitaires…,op. cit., p. 17.
  • [134]
    . A. Fouillée, La science…op. cit., p. 63.
  • [135]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 9.
  • [136]
    . A. Fouillée, La science…op. cit., p. 190.
  • [137]
    . A. FouilléeLes éléments…, op. cit., p. 302.
  • [138]
    . A. FouilléeLe socialisme…op. cit., p. 26.
  • [139]
    . Notons, par exemple, que tous les hommes précédemment mentionnés sont mobilisés dans Le solidarisme de Bouglé.
Français

L’influence d’Alfred Fouillée sur le solidarisme est souvent surestimée et sa place dans l’histoire des sciences sociales est, en conséquence, appréciée à tort. S’il est, en effet, cité dans Solidarité de Léon Bourgeois, ouvrage fondateur du solidarisme, sa pensée n’a jamais été pleinement intégrée à la doctrine de ce mouvement. Alfred Fouillée, loin d’être un solidariste, se fait même critique à l’égard de la philosophie du « quasi-contrat social » et son rôle dans la genèse de celle-ci relève davantage d’une construction historiographique que d’une véritable filiation. Cet article a pour objectif d’étudier les véritables liens d’attraction et de rejet qui unissent Alfred Fouillée et le solidarisme.

  • histoire des idées
  • Alfred Fouillée
  • philosophie politique
  • solidarisme
  • Léon Bourgeois

Mots-clés éditeurs : histoire des idées, Alfred Fouillée, philosophie politique, solidarisme, Léon Bourgeois


English

Alfred Fouillée and solidarism: Foundations and limitations of a philosophical affiliation

Alfred Fouillée’s influence on solidarism is often overestimated, and his place in the history of the social sciences is consequently misjudged. Although he is indeed mentioned in Léon Bourgeois’s Solidarité, the founding work of solidarism, his thought was never fully integrated into the doctrine of this movement. Far from being a solidarist, Alfred Fouillée was even critical of the philosophy of the “quasi-social contract”, and his role in its genesis is more a matter of historiographical construction than of genuine intellectual lineage. This article aims to explore the true dynamics of attraction and rejection that link Alfred Fouillée and solidarism.

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  • Léon Bourgeois

Mots-clés éditeurs : history of ideas, Alfred Fouillée, political philosophy, solidarism, Léon Bourgeois


Date de mise en ligne : 23/02/2026

https://doi.org/10.3917/etsoc.182.0157

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