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Pages 26 à 27
Citer cet article
- AUDEBRAND, Fabrice,
- Audebrand, Fabrice.
- Audebrand, F.
https://doi.org/10.3917/lcd.060.0026
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- Audebrand, F.
- Audebrand, Fabrice.
- AUDEBRAND, Fabrice,
https://doi.org/10.3917/lcd.060.0026
Bernard Lahire, Dans les plis singuliers du social. Individus, institutions, socialisation, Éditions La Découverte, 2013
1Étrange forme que celui de cet opuscule, qui se veut à la fois plaidoyer et retour sur les thèses essentielles de cette figure de la sociologie française. Il est normal, à un certain moment de sa carrière, de vouloir éclairer, pour soi comme pour autrui, le chemin parcouru. Mais plus que de répondre à la critique, comme l’ont régulièrement fait Michel Onfray ou Umberto Eco, Bernard Lahire se lance ici dans une critique constructive de la notion d’individualisme. Car la thèse de son livre tourne autour de cette notion, que ce professeur à l’École normale supérieure perçoit comme un effet de mode dans le paysage sociologique.
2Lahire dénonce le fait que la sociologie soit morte avec l’avènement de l’individualisme et nous invite à nous interroger sur des idées reçues, qui voudraient que les sciences sociales ne s’intéressent pas à l’individu et à sa construction et que le postmodernisme ait mis à bas tous discours sociologiques. Sur des bases historiques et épistémologiques solides, l’auteur nous rappelle que la sociologie s’intéresse bien sûr à l’individu, que ce dernier n’est pas la limite absolue.
3La sociologie parle des individus, certes de leurs interactions, sociales par essence, mais elle parle aussi de leur construction, de leur développement, de leur identité. L’individu n’est pas exclu, loin de là, des sciences sociales qui en définitive n’ont jamais cessé de l’étudier. La sociologie n’est pas une science «?froide?» incapable de porter un discours sur la «?singularité?» et «?l’authenticité?» des «?vrais?» hommes. Elle parle d’eux, eux qui vivent et grandissent en société. Preuve finale de cette autorisation de la sociologie à penser l’homme, et non plus seulement l’Homme, ce dialogue que Bernard Lahire construit entre la sociologie et les sciences cognitives. Bien loin d’être sœurs-ennemies, ces disciplines tiennent en fait le même discours?: la plasticité cérébrale rend l’homme sensible à son environnement et tout cadre d’interaction détermine les façons de percevoir les informations. L’environnent social qu’étudie la sociologie, construit l’homme, individu pourtant toujours singulier (que la sociologie n’a jamais nié). cqfd donc.
4Un excellent questionnement pour les éducateurs, épistémologiquement proches d’une approche clinique, et qui ne peuvent pour autant jamais faire l’économie d’une analyse des facteurs environnementaux.