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Compte rendu

Sylvie Lefèvre, La magie du codex. Corps, folio, page, pli, cœur, Paris, Les Belles Lettres, 2023 ; 1 vol., 298 p. ISBN : 978-2-25145-368-2. Prix : € 25,90

Pages 313 à 322

Citer cet article


  • Uhlig, M.
(2025). Sylvie Lefèvre, La magie du codex. Corps, folio, page, pli, cœur, Paris, Les Belles Lettres, 2023 ; 1 vol., 298 p. ISBN : 978-2-25145-368-2. Prix : € 25,90. Le Moyen Age, Tome CXXXI(1), 313-322. https://doi.org/10.3917/rma.311.0313.

  • Uhlig, Marion.
« Sylvie Lefèvre, La magie du codex. Corps, folio, page, pli, cœur, Paris, Les Belles Lettres, 2023 ; 1 vol., 298 p. ISBN : 978-2-25145-368-2. Prix : € 25,90 ». Le Moyen Age, 2025/1 Tome CXXXI, 2025. p.313-322. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2025-1-page-313?lang=fr.

  • UHLIG, Marion,
2025. Sylvie Lefèvre, La magie du codex. Corps, folio, page, pli, cœur, Paris, Les Belles Lettres, 2023 ; 1 vol., 298 p. ISBN : 978-2-25145-368-2. Prix : € 25,90. Le Moyen Age, 2025/1 Tome CXXXI, p.313-322. DOI : 10.3917/rma.311.0313. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2025-1-page-313?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.311.0313


Notes

  • [1]
    Visible en ligne sur e-codices : https://www.e-codices.unifr.ch/fr/bge/lat0049/10r.
  • [2]
    B. Roux a elle aussi décrit le dispositif qui anime cette double page dans M. Uhlig, T. Radomme, avec B. Roux, Le don des lettres. Alphabet et poésie au Moyen Âge, Paris, 2023, p. 229.
  • [3]
    Sicut enim carta in qua scribitur abecedarium, doctrina paruulorum, quatuor clauis affligitur in poste, sic caro Christi uel pellis extensa est in cruce (ms. Cambridge, University Library, Peterhouse 109, fol. 163v, cité par H.L. Spencer, English Preaching in the Late Middle Ages, Oxford, 1993, p. 417) : « Tout comme la feuille sur laquelle l’ABC enseigné aux enfants est fixée par quatre clous sur un cadre, la chair ou la peau du Christ fut étendue sur la croix ». On trouvera ici un exemple de « hornbook » imprimé, post-médiéval, dont la couche de corne est bien visible : https://en.wikipedia.org/wiki/Hornbook#/media/File:ImagineRITCaryGraphicArtsCollectionHornbook.jpg.
  • [4]
    Voir http://hdl.handle.net/10934/RM0001.COLLECT.691217. Merci à M. Pitteloud et B. Racca de me l’avoir signalé.
  • [5]
    « Les livres, les manuscrits semblent projetés dans la lumière, dans un accrochage à trois dimensions qui donne l’impression que ces témoins de l’histoire humaine volent, qu’ils sont au-delà des contingences matérielles ». B. Lechot, Un musée qui donne le vertige, SwissInfo, en ligne. URL : https://www.swissinfo.ch/fre/culture/un-mus%C3%A9e-qui-donne-le-vertige/3633740, 21 novembre 2003.
  • [6]
    L’A. évoque la nécessité de revenir à l’objet-livre, après un détachement de tout support dans l’étude des livres dans les années 1970–1980, dans la capsule-vidéo de présentation disponible sur le site de l’éditeur (accès : https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251453682/la-magie-du-codex).
  • [7]
    L’A. nous y invite d’ailleurs lorsqu’elle compare la fin matérielle du livre avec l’épilogue en rhétorique (p. 96) et, plus généralement, par ses démonstrations sur la dématérialisation des concepts liés à la fabrication du livre, du volumen au codex puis aux supports électroniques.
  • [8]
    Bele tres douce dame, c’or vœilliés avoir pité et merchi de celui qui cest livre a fait en l’ouneur et en le loenge de vous, car, certes, s’il ne fust plus enluminés et plus espris de vostre amour ke nuls autres qui soit ou monde, il ne peüst avoir fait ni achievet chou ke il a fait. Richard de Fournival?, Li Commens d’amour, éd. A. Sally, Travaux de Linguistique et de Littérature, t. 10 [1972], p. 42, l. 22–26. Je remercie B. Viscidi de cette suggestion.
  • [9]
    J.L. Borges, El libro de arena, Madrid–Buenos Aires, 1983 ; trad. fr. Le Livre de sable, Œuvres complètes, t. 2, Paris, 1990, p. 552.
  • [10]
    O. Boulnois, Livres de sable. Les enjeux herméneutiques du commentaire au Moyen Âge, Commenter au Moyen Âge, éd. P. Bermon, I. Moulin, Paris, 2019, p. 23.
  • [11]
    N. Valazza, Le livre enflammé. Fictions et poétiques de l’autodafé, Paris, 2025.

« Ne jugez pas un livre à sa couverture », nous avertit G. Eliot. Pourtant, dans le cas de la Magie du codex que S.L. a publié aux Belles Lettres, on serait bien avisé de le faire, tant elle donne du contenu un avant-goût fidèle. Le splendide livre-cœur qui l’illustre, doté d’un effet relief, le grain du papier, la qualité des couleurs sont autant d’invitations à saisir, à toucher, puis à ouvrir cette boîte à trésors qui, au risque de faire mentir l’apologue médiéval des Quatre coffrets, est aussi belle au-dedans qu’au-dehors, émaillée de textes trichromes et de 145 illustrations en couleurs dont plusieurs en pleine page, même en double page, et sept en noir-blanc. Mais plus qu’une boîte, La Magie du codex est un livre ; un livre sur les livres, plus précisément un codex sur les codices, qui nous dit d’emblée de quoi il sera question : de livres dont la magie se révèle aussitôt qu’on les ouvre, comme ce livre d’heures à l’usage d’Amiens qui orne la couverture et dont « la forme du cœur ne se dévoile que par l’ouverture du livre » (p. 237). Le sous-titre annonce quant à lui la dispositio des chapitres, qui imite le déplacement dans l’espace du livre, « de son ouverture à son centre, des lieux périphériques jusqu’à son cœur » (p. 13). Destiné aux « amoureux des livres », La Magie du codex fait de l’objet-livre l’objet du livre. Il montre que, par son inertie propre autant que par les manipulations auxquelles il invite, le codex prend corps, prend vie – littéralement, si on croit l’…


Date de mise en ligne : 17/09/2025

https://doi.org/10.3917/rma.311.0313

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