Florilège de Perceforest , éd. Gilles Roussineau, Genève, Droz, 2017 ; 1 vol., xxx–694 p. (Texte courant, 4). ISBN : 978-2-600-05831-5. Prix : € 17,91.
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Citer cet article
- FERLAMPIN-ACHER, Christine,
- Ferlampin-Acher, Christine.
- Ferlampin-Acher, C.
https://doi.org/10.3917/rma.241.0145i
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- Ferlampin-Acher, Christine.
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https://doi.org/10.3917/rma.241.0145i
Notes
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[4]
Genève, 1987–2014.
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[5]
Sur ces versions, voir les art. de J. Taylor, M.D. Leclerc et F. Maillet, dans Perceforest. Un roman arthurien et sa réception, éd. C. Ferlampin-Acher, Rennes, 2012, p. 355–370, 371–394, 407–420, ainsi que C. Ferlampin-Acher, Rémanences et oublis. Le Conte de la Rose, Perceforest, Bandello, Senecé, Musset et Gaston Paris, à paraître dans Maistre Hues mout bien traita/Nes d’escrire sont las mi doit/ L’espasse de mil ans n’i samble pas un jor. Mélanges offerts à Denis Hüe, éd. C. Ferlampin-Acher, F. Pomel, Paris, à paraître.
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[6]
Perceforest. The Prehistory of King Arthur’s Britain, éd. N. Bryant, Cambridge, 2011, avec un index très utile p. 783–791, et une introduction très générale, qui rend compte de façon thématique de l’intérêt du texte (p. 1–25). Dans A Perceforest reader, N. Bryant reprend en 117 p., quatorze extraits.
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[7]
Voir S. Marcotte, Traduire le Perceforest en français contemporain ou la question du seuil en traduction intralinguale, Perceforest. Un roman arthurien et sa réception, éd. C. Ferlampin-Acher, Rennes, 2012, p. 421–438.
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[8]
J. Lods, Le roman de Perceforest. Origines, composition, caractères, valeur et influence, Genève, 1951 ; S. Huot, Postcolonial Fictions in the Roman de Perceforest . Cultural Identities and Hybridities, Cambridge, 2007 ; C. Ferlampin-Acher, Perceforest et Zéphir. Propositions autour d’un récit arthurien bourguignon, Genève, 2010 ; N. Chardonnens, L’autre du même. Emprunts et répétitions dans le Roman de Perceforest, Genève, 2015.
1 Après avoir mené à terme la titanesque entreprise d’édition des six livres de Perceforest [4] – environ 6000 p. –, G. Roussineau a eu l’excellente idée d’en proposer un Florilège qui en présente 24 extraits, dans le texte original qui reprend l’édition qu’il en a donnée (avec l’indication des corrections effectuées, en bas de page), accompagnée d’une traduction en français moderne. Voilà qui permettra certainement de mieux faire connaître cette création hors normes qui tisse un lien historique entre Alexandre le Grand et le roi Arthur et invente à la matière de Bretagne une pré-histoire truffée de préfigurations construites à l’aide de réécritures magistrales !
2 G.R. n’est cependant pas le premier à accommoder Perceforest sous la forme de morceaux choisis. S’il a existé des éditions intégrales de ce volumineux récit à la Renaissance (1528, 1531–1532), c’est surtout l’histoire du Chevalier Doré, tirée du livre 3 qui a été isolée et diffusée (sept éditions au moins). Plus tard, la Bibliothèque universelle des Romans a publié un extrait fortement condensé du roman fleuve en 1776, puis en 1785 l’histoire du Chevalier Doré (qui n’est d’ailleurs pas explicitement rattachée à Perceforest dans cette version réduite). Le marquis de Paulmy quant à lui a consacré un volume des Mélanges tirés d’une grande bibliothèque à un résumé du roman sous forme d’extraits en 1780 [5]. Bien évidemment l’entreprise de G.R. nous livre un Perceforest nettement plus fidèle, à travers des extraits qui couvrent l’ensemble des six livres et rendent compte de la diversité du texte, dans la langue originale. La nécessité de rendre Perceforest accessible a d’ailleurs présidé aussi il y a quelques années à la traduction en anglais (sans le texte original) par N. Brant en 2011 de 171 passages (fondés pour les l. 1–4 sur l’édition de G.R. et pour les deux derniers sur l’édition de 1528, l’entreprise éditoriale de G.R. n’étant pas alors arrivée à terme), dans un ouvrage très volumineux [6].
3 La diversité de Perceforest est telle que les choix de N. Bryant et G.R. ne se superposent pas exactement, même si les deux florilèges rendent bien compte de l’ensemble du roman. Si N. Bryant répartit à peu près équitablement ses 178 extraits sur les six livres, G.R. privilégie les l. 3 et 4 : il propose deux extraits pour le l. 1 (44 p.), cinq pour le l. 2 (97 p.), six pour le l. 3 (287 p.), cinq pour le l. 4 (161 p.), un pour le l. 5 (25 p.), cinq pour le l. 5 (65 p.). Ce choix se justifie fort bien, dans la mesure où se concentrent dans ces deux livres certains des épisodes les plus commentés et les plus séduisants du roman (la préfiguration de la Table Ronde au Franc Palais, les poissons chevaliers, la Bête Glatissant, le Temple du Dieu Souverain, l’histoire de Troÿlus et Zélandine qui préfigure la Belle au Bois Dormant, le Conte de la Rose, l’île de la singesse, Zéphir). Les l. 5 et 6, essentiels pour comprendre les enjeux de Perceforest mais moins « découpables », se prêtaient moins à l’exercice de l’extrait : l’introduction de G.R., qui résume l’ensemble du roman et en dessine les orientations majeures, comble ce manque et ne peut qu’inviter le lecteur curieux à poursuivre sa lecture dans le texte intégral.
4 La question peut se poser de la nécessité de traduire un texte dont la langue, le moyen français, est nettement moins éloignée du français moderne que l’ancien français [7] : à lire la traduction de Gilles Roussineau, très alerte et fidèle au texte, il apparaît clairement que la démarche est justifiée.
5 Le seul regret que l’on peut émettre est l’absence d’une bibliographie, les notes de l’introduction ne rendant pas compte du regain d’intérêt connu parmi les chercheurs par Perceforest, en particulier grâce à l’édition intégrale désormais à disposition. Un renvoi aux quelques monographies consacrées à ce roman n’aurait par exemple pas été inutile [8]. Il n’en demeure pas moins que ce florilège de Perceforest permettra idéalement aux lecteurs, médiévistes ou non, de découvrir ce texte, qui du xvie siècle au xviiie siècle (voire au xixe siècle), fut régulièrement cité comme exemple du roman de chevalerie français, avant de tomber dans un oubli profond jusque dans les années 1950.
6 Christine Ferlampin-Acher