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Compte rendu

John Sabapathy, Officers and Accountability in Medieval England 1170–1300, Oxford, Oxford UP, 2014 ; 1 vol., xvi–312 p. ISBN : 978-0-19-964590-9. Prix : GBP 60

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  • Lachaud, F.
(2017). John Sabapathy, Officers and Accountability in Medieval England 1170–1300, Oxford, Oxford UP, 2014 ; 1 vol., xvi–312 p. ISBN : 978-0-19-964590-9. Prix : GBP 60. Le Moyen Age, Tome CXXIII(2), XI-XI. https://doi.org/10.3917/rma.232.0377k.

  • Lachaud, Frédérique.
« John Sabapathy, Officers and Accountability in Medieval England 1170–1300, Oxford, Oxford UP, 2014 ; 1 vol., xvi–312 p. ISBN : 978-0-19-964590-9. Prix : GBP 60 ». Le Moyen Age, 2017/2 Tome CXXIII, 2017. p.XI-XI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2017-2-page-XI?lang=fr.

  • LACHAUD, Frédérique,
2017. John Sabapathy, Officers and Accountability in Medieval England 1170–1300, Oxford, Oxford UP, 2014 ; 1 vol., xvi–312 p. ISBN : 978-0-19-964590-9. Prix : GBP 60. Le Moyen Age, 2017/2 Tome CXXIII, p.XI-XI. DOI : 10.3917/rma.232.0377k. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2017-2-page-XI?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.232.0377k


1 Le beau livre que J. Sabapathy consacre à la notion de « responsabilité » des officiers dans l’Angleterre du « long xiiie siècle » vient s’inscrire dans un renouveau de l’histoire administrative qui fait appel à l’histoire des mentalités comme à l’histoire du droit et à l’histoire sociale. Avec brio, l’A. analyse les processus tendant à rendre l’officier responsable de son action, et cela dans des domaines aussi variés que l’administration urbaine, l’administration seigneuriale, l’administration royale (les « sheriffs »), l’« administration » ecclésiastique (les évêques), mais aussi les collèges universitaires. Dans un style enlevé, J.S. retrace, pour chaque domaine examiné, et toujours à partir de cas spécifiques, ce qui fait la particularité du processus de responsabilité, ou plutôt d’« accountability », un terme dont la traduction par « responsabilité » ne rend peut-être pas pleinement le sens, puisque « accountability » sous-entend aussi le recours à un audit des comptes financiers. Si l’Angleterre semble, par la richesse de ses sources, par le caractère sophistiqué de la pensée sur ces questions à une date haute, un terrain privilégié pour approcher la question sous des angles aussi différents, elle ne semble pas constituer un cas unique, ce que la parfaite maîtrise par l’A. d’une bibliographie dans plusieurs langues permet de mettre en lumière.

2 On retiendra ici deux développements particulièrement bien venus dans l’ouvrage. L’excellent chap. consacré aux baillis et aux sénéchaux prend pour appui deux cas particuliers, celui de Robert de Chilton, prévôt d’un des manoirs de l’abbaye de Battle (début du xiie siècle) et celui de John de Valle, bailli d’Agnès de Valence en Irlande (fin du xiiie siècle), pour discuter l’évolution des procédures relatives au contrôle d’officiers parfois victimes de seigneurs peu scrupuleux, depuis des mécanismes semi-réguliers jusqu’à l’action monstravit de compoto (1259/1260) – qui permettait aux seigneurs d’initier des actions dans les cours contre leurs baillis défaillants – puis au Statut de Westminster ii (1285). Loin toutefois de postuler un quelconque progrès – et encore moins un progrès à mettre en rapport avec l’« étatisation » des structures de gouvernement –, l’A. souligne avec raison l’évolution vers une plus grande stabilité et publicité des procédures. À l’abri de cette histoire générale de l’évolution de la responsabilité des officiers seigneuriaux, on trouve des considérations sur des questions plus ponctuelles, mais d’un grand intérêt, comme celle qui souligne le lien existant entre le degré croissant de sophistication des comptes financiers et le développement de l’action obligeant les administrateurs à rendre des comptes. L’autre section de l’ouvrage que l’on peut mettre en exergue ici est le chap. consacré aux évêques : l’A. rapproche systématiquement l’infamia, le scandalum, l’investigation officielle et l’enquête, pour reprendre sa classification, et retrace brillamment les hésitations et transformations du droit canon comme de la pratique politique en matière de contrôle des évêques par la papauté. Il en résulte une analyse particulièrement nuancée et attentive à la chronologie, autour de deux cas majeurs, ceux de Geoffroi archevêque d’York (1194–1202), qui se retrouva en butte aux attaques venues de son chapitre, et de Walter Langton, dont l’affaire prit fin en 1303.

3 L’A. se meut avec une aisance déconcertante dans un ensemble touffu d’arguments parfois contradictoires comme de faits complexes, et impose à son propos un cadre théorique très sûr, qu’il s’agisse de tirer la leçon des évolutions sur la période considérée, laquelle apparaît comme un moment de transformations majeures, ou de réfléchir à la pertinence des travaux récents relatifs à la responsabilité et à l’office, notamment ceux de T. Bisson : l’hypothèse de l’interaction ou de l’opposition entre des pratiques relevant de la fidélité (l’« amour ») et de l’office (le « droit ») est toutefois ici reformulée comme celle de l’interaction entre les pratiques d’audit des comptes et les normes de responsabilité. L’ensemble de l’ouvrage est riche de suggestions et de pistes ouvertes pour les recherches futures, qu’un historien spécialiste ou non de l’histoire de l’Angleterre aura plaisir et intérêt à lire. Peut-être pourra-t-on, dans la poursuite de l’enquête, reposer quelques questions simples, en particulier celle du lien entre les processus émanant de la notion administrative de « responsabilité » et le fait que pour la période étudiée les offices ont souvent une dimension semi-privée, les officiers étant responsables sur leurs biens de la gestion de leur office. Mais il s’agit sans doute ici de la face cachée de l’histoire de l’office médiéval.

4 Frédérique Lachaud


Date de mise en ligne : 01/02/2018

https://doi.org/10.3917/rma.232.0377k