S'abonner
Compte rendu

Des signes dans l’image. Usages et fonctions de l’attribut dans l’iconographie médiévale (du Concile de Nicée au Concile de Trente). Actes du colloque de l’EPHE (Paris, INHA, 23–24 mars 2007), éd. Michel Pastoureau, Olga Vassilieva-Codognet, Turnhout, Brepols, 2015 ; 1 vol., 268 p. (Répertoire iconographique de la littérature du Moyen Âge. Les études du RILMA, 3). ISBN : 978-2-503-53673-6. Prix : € 90,00

Page XII

Citer cet article


  • Wirth, J.
(2016). Des signes dans l’image. Usages et fonctions de l’attribut dans l’iconographie médiévale (du Concile de Nicée au Concile de Trente). Actes du colloque de l’EPHE (Paris, INHA, 23–24 mars 2007), éd. Michel Pastoureau, Olga Vassilieva-Codognet, Turnhout, Brepols, 2015 ; 1 vol., 268 p. (Répertoire iconographique de la littérature du Moyen Âge. Les études du RILMA, 3). ISBN : 978-2-503-53673-6. Prix : € 90,00. Le Moyen Age, Tome CXXII(3), XII-XII. https://doi.org/10.3917/rma.223.0701l.

  • Wirth, Jean.
« Des signes dans l’image. Usages et fonctions de l’attribut dans l’iconographie médiévale (du Concile de Nicée au Concile de Trente). Actes du colloque de l’EPHE (Paris, INHA, 23–24 mars 2007), éd. Michel Pastoureau, Olga Vassilieva-Codognet, Turnhout, Brepols, 2015 ; 1 vol., 268 p. (Répertoire iconographique de la littérature du Moyen Âge. Les études du RILMA, 3). ISBN : 978-2-503-53673-6. Prix : € 90,00 ». Le Moyen Age, 2016/3 Tome CXXII, 2016. p.XII-XII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2016-3-page-XII?lang=fr.

  • WIRTH, Jean,
2016. Des signes dans l’image. Usages et fonctions de l’attribut dans l’iconographie médiévale (du Concile de Nicée au Concile de Trente). Actes du colloque de l’EPHE (Paris, INHA, 23–24 mars 2007), éd. Michel Pastoureau, Olga Vassilieva-Codognet, Turnhout, Brepols, 2015 ; 1 vol., 268 p. (Répertoire iconographique de la littérature du Moyen Âge. Les études du RILMA, 3). ISBN : 978-2-503-53673-6. Prix : € 90,00. Le Moyen Age, 2016/3 Tome CXXII, p.XII-XII. DOI : 10.3917/rma.223.0701l. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2016-3-page-XII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.223.0701l


1 On parle beaucoup d’attributs dans les recherches iconographiques sans se donner la peine de dire ce qu’on entend par là, de sorte qu’un colloque sur le sujet était une bonne occasion d’y réfléchir un peu. Tour à tour, M. Pastoureau et C. Heck s’y sont employés de manière très complémentaire, le premier privilégiant l’esprit de finesse, le second l’esprit de géométrie, l’un pour faire sauter la distinction devenue traditionnelle entre attribut, caractère et symbole, l’autre au contraire pour la consolider.

2 M.P. part de la fonction classificatoire ou individuante des objets représentés pour montrer l’équivalence entre, par exemple, les particularités physiques des animaux et les accessoires, comme la souris dans la gueule du chat, qui les identifient tout autant ; C. Heck en revanche distingue les procédés mis en œuvre du point de vue sémiologique. De fait, pour dire que deux procédés différents possèdent la même fonction, il faut bien commencer par les distinguer plutôt que de tout considérer comme attribut. Le problème est d’articuler les deux points de vue.

3 Pour ma part, je préfèrerais garder le terme d’attributs pour les conventions propres à l’image, comme les nimbes ou la roue de sainte Catherine, parler d’insignes pour les instruments classificatoires qui appartiennent à la réalité représentée, comme la couronne du roi ou la mitre de l’évêque, enfin des caractères réels ou supposés d’un objet ou d’une classe d’objets, comme les longues oreilles de l’âne ou les cheveux roux de Judas. Il est évident que ces catégories sont fluctuantes et M.P. a raison d’insister là-dessus : on représente le roi au lit, la couronne sur la tête, comme si on pouvait dormir avec un tel couvre-chef. Un insigne peut ainsi se transformer en attribut. Mais, encore une fois, il n’est pas possible de décrire correctement ce genre de phénomènes en se passant d’une typologie des signes et il s’agit là d’une tâche importante de l’histoire des images.

4 Les deux exposés sont riches en informations sur l’évolution de l’attribut et mettent en rapport sa présence de plus en plus systématique à partir du xie siècle avec le développement des signes d’identification sociale et individuelle, de l’onomastique à l’héraldique. C. Heck constate également la simultanéité paradoxale de ce développement avec celui du naturalisme artistique. Ils sont complétés par une utile mise au point historiographique de C. Denoël.

5 Les études de cas montrent de manière saisissante la diversité des conceptions de l’attribut. Si l’étude de R. Marks sur le succès relatif de deux saints, Gilles et Érasme, dans deux comtés anglais est quelque peu hors-sujet, les exposés d’I. Villela-Petit et de L. Hablot constituent les deux pôles extrêmes de la compréhension du problème. La première parle de l’attribut au sens strict du terme, en remarquant d’abord la fréquence des attributs qui « surpassent » le saint, ainsi l’Agneau de Dieu que l’on donne à saint Jean-Baptiste et à sainte Agnès. Se concentrant ensuite sur le cas d’Agnès, elle examine la substitution de l’Agneau au feu qui faisait allusion à son histoire de vestale convertie au christianisme. L’étude de la fabrication de la sainte pour damer le pion au culte de Vesta explique de manière remarquable la substitution d’un culte à l’autre. À l’opposé, L. Hablot traite d’un insigne, le bâton de commandement sous toutes ses formes, du reste fort bien. L’iconographie est ici complètement documentaire et ne fait intervenir aucun signe propre à l’image. On serait tenté de lui reprocher d’avoir considéré que les images sont transparentes, de ne pas distinguer l’information iconographique de l’information socio-juridique, comme le fait J.-L. Chassel envers la sigillographie, mais cela ne serait probablement pas pertinent dans ce cas. Les peintres semblent en effet témoigner de la plus grande attention envers les codes politiques mis en œuvre.

6 Signalons encore, outre l’étude précise des contaminations entre la représentation de l’Espérance et celle de la Fortune par O. Vassilieva-Codognet, les deux communications relatives à l’attribut dans l’art byzantin, respectivement celle de J. Durand et C. Jolivet-Lévy et celle de M. Bacci. Il apparait clairement que l’attribut proprement dit est peu utilisé avant le xiie siècle, au profit d’une part de l’inscription du nom et d’autre part de la tendance à donner aux saints des traits physiques individuels. L’influence occidentale est réelle, comme le montrent les deux contributions, mais Bacci tend à la relativiser, en remarquant que le développement limité de l’attribut en est parfois indépendant et qu’il vise aussi des fonctions non identificatoires.

7 Jean Wirth


Date de mise en ligne : 21/08/2017

https://doi.org/10.3917/rma.223.0701l