S'abonner
Compte rendu

Michel Popoff, Armorial des papes et des cardinaux, Paris, Le Léopard d’or, 2016 ; 1 vol., 752 p. ISBN : 978-2-86377-252-2. Prix : € 270,00

Page LIII

Citer cet article


  • De Vaivre, J.-B.
(2016). Michel Popoff, Armorial des papes et des cardinaux, Paris, Le Léopard d’or, 2016 ; 1 vol., 752 p. ISBN : 978-2-86377-252-2. Prix : € 270,00. Le Moyen Age, Tome CXXII(3), LIII-LIII. https://doi.org/10.3917/rma.223.0701zza.

  • De Vaivre, Jean-Bernard.
« Michel Popoff, Armorial des papes et des cardinaux, Paris, Le Léopard d’or, 2016 ; 1 vol., 752 p. ISBN : 978-2-86377-252-2. Prix : € 270,00 ». Le Moyen Age, 2016/3 Tome CXXII, 2016. p.LIII-LIII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2016-3-page-LIII?lang=fr.

  • DE VAIVRE, Jean-Bernard,
2016. Michel Popoff, Armorial des papes et des cardinaux, Paris, Le Léopard d’or, 2016 ; 1 vol., 752 p. ISBN : 978-2-86377-252-2. Prix : € 270,00. Le Moyen Age, 2016/3 Tome CXXII, p.LIII-LIII. DOI : 10.3917/rma.223.0701zza. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2016-3-page-LIII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.223.0701zza


Notes

1 Jusqu’à présent, lorsque l’on rencontrait sur un ms. les armoiries d’un pape, la démarche la plus simple et la plus sûre était de se reporter au livre classique de D.L. Galbreath, Papal heraldry[51], ou celui, plus récent, du cardinal J. Martin, Heraldry in the Vatican[52]. Ceci étant, la quête était beaucoup plus compliquée pour les cardinaux, aucun instrument ne fournissant, pour ces princes de l’église, d’indications systématiques et fiables de nature à identifier les titulaires d’écus figurant, par exemple, sur un codex ou un monument.

2 M. Popoff vient de publier une somme qui va permettre de suppléer à cette lacune. Son Armorial des papes et des cardinaux, publié en 2016 par le Léopard d’or, constitue en effet un instrument de travail qui va se révéler indispensable aux médiévistes et historiens de la Renaissance. L’A. est parti d’une série de quinze armoriaux conservés à la Bayerische Staatsbibliothek (Munich), cotés Codex iconographicus 266–280 et qui totalisent 7833 armoiries, rassemblées en Italie au xvie siècle pour Hans Jacob Fugger (1516–1575) dans des recueils qu’il offrit au duc Albert V de Bavière. C’est donc un des éléments qui a servi de base à ce travail, mené durant des années. Le trop modeste M.P., qui a réduit à l’essentiel la présentation de son immense travail, ne s’est en effet pas borné à suivre les données de ces mss. Pour chacune des 1053 notices qu’il a rédigées sont en effet précisés le blasonnement des armes de chaque cardinal, une brève notice biographique, laquelle renvoie à une bibliographie précise sur les principaux imprimés, l’existence de mss, une référence systématique au(x) sceau(x) utilisés par chaque cardinal, un dessin d’un bon graphisme figurant ses armes, et, lorsque cela était possible, une reproduction d’un écu sculpté ou peint sur un support contemporain, bien souvent la photographie de son sceau.

3 Ce livre de 718 p. et 30 belles planches hors-texte de sceaux n’est pas seulement un catalogue. Dans les nombreuses annexes qui précèdent les notices, l’A. a édité nombre de pièces capitales pour la compréhension de ce domaine complexe, notamment des instructiones, dressant aussi la liste des évêchés suburbicaires, titres cardinalices et diaconies, cardinaux évêques, cardinaux prêtres, cardinaux diacres, avec une bibliographie complète. La liste des créations de cardinaux depuis l’an Mil est complétée par des statistiques cardinalices donnant, pour chacun des prélats cités, l’année de naissance, le cardinalat, l’âge à l’accession du cardinalat, l’année de la mort, l’âge de la mort, les années de cardinalat et ce sur près de quarante pages très lisibles. M.P. souligne que la légitimité des cardinaux créés durant le Grand Schisme n’était pas perçue par les contemporains comme elle a pu l’être par la suite dans l’historiographie moderne, les textes de l’époque n’utilisant jamais les termes d’anti-pape ou de pseudo-cardinal, termes n’apparaissant qu’au xviiie siècle. Dans le cas des cardinaux pour cette époque troublée, on se bornait en effet à indiquer simplement leur obédience. Parmi les nombreuses notations intéressantes, on se reportera utilement aux quelques pages de l’Annexe 8 intitulée Sigillographie papale et cardinalice. Il est étonnant en effet que Mabillon ait passé sous silence les sceaux cardinalices et que Heineccius se soit borné à indiquer que ces prélats employaient autrefois des sceaux ronds ou ovales sur cire rouge. Le corpus aujourd’hui publié comble donc une lacune. M.P. fait remarquer que la dignité de cardinal étant attachée aux sept évêchés du collège, les titulaires se sont dispensés longtemps de la mentionner dans leurs sceaux et même souvent dans les actes. À d’utiles notes de diplomatique, l’A. ajoute des indications sur la typologie des sceaux. Outre la table des noms, l’index des mots, devises et légendes rendra les plus grands services, tout comme l’index armorum, élaboré selon une grille dont M.P. a doté les nombreuses éditions de rôles d’armes médiévaux données par lui au cours des dernières décennies. La bibliographie générale qui occupe soixante-dix pages est très complète et ne néglige aucune des sources européennes.

4 Il ne serait pas équitable enfin de passer sous silence la qualité de l’impression, l’élégance de la typographie et de la mise en pages de ce beau livre, aux nombreuses illustrations en couleurs car doté de si nombreux dessins bien choisis, au graphisme respectant le style des époques concernées, de photographies d’écus inédits qui rehaussent encore cette œuvre et font honneur à l’éditeur français qui l’a prise en charge. En bref, une somme importante qui devra se trouver à l’avenir dans toutes les bibliothèques historiques dignes de ce nom.

5 Jean-Bernard de Vaivre


Date de mise en ligne : 21/08/2017

https://doi.org/10.3917/rma.223.0701zza