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Compte rendu

La Distruzione di Milano (1162). Un luogo di Memorie, éd. Pietro Silanos, Kai-Michael Sprenger, Milan, Vita e Pensiero, 2015 ; 1 vol., xi–305 p. (Ordines. Studi su istituzioni e società nel medioevo europeo, 2). ISBN : 978834330098. Prix : € 28,00

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Citer cet article


  • Occhipinti, E.
(2016). La Distruzione di Milano (1162). Un luogo di Memorie, éd. Pietro Silanos, Kai-Michael Sprenger, Milan, Vita e Pensiero, 2015 ; 1 vol., xi–305 p. (Ordines. Studi su istituzioni e società nel medioevo europeo, 2). ISBN : 978834330098. Prix : € 28,00. Le Moyen Age, Tome CXXII(3), LII-LII. https://doi.org/10.3917/rma.223.0701zz.

  • Occhipinti, Elisa.
« La Distruzione di Milano (1162). Un luogo di Memorie, éd. Pietro Silanos, Kai-Michael Sprenger, Milan, Vita e Pensiero, 2015 ; 1 vol., xi–305 p. (Ordines. Studi su istituzioni e società nel medioevo europeo, 2). ISBN : 978834330098. Prix : € 28,00 ». Le Moyen Age, 2016/3 Tome CXXII, 2016. p.LII-LII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2016-3-page-LII?lang=fr.

  • OCCHIPINTI, Elisa,
2016. La Distruzione di Milano (1162). Un luogo di Memorie, éd. Pietro Silanos, Kai-Michael Sprenger, Milan, Vita e Pensiero, 2015 ; 1 vol., xi–305 p. (Ordines. Studi su istituzioni e società nel medioevo europeo, 2). ISBN : 978834330098. Prix : € 28,00. Le Moyen Age, 2016/3 Tome CXXII, p.LII-LII. DOI : 10.3917/rma.223.0701zz. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2016-3-page-LII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.223.0701zz


1 Le texte réunit les actes, comprenant dix relations, d’une journée d’étude qui a eu lieu en décembre 2012 à l’initiative de l’Università Cattolica de Milan et du Deutsches Historisches Institut de Rome à l’occasion du 850e anniversaire de la destruction de Milan.

2 Les textes de P. Silanos et de P. Costa introduisent le sujet et en définissent les contours pour mieux cerner les thèmes. On peut distinguer deux types de mémoire, la mémoire culturelle et la mémoire communicative, la première se formant sur la quantité de situations fournies par la seconde.

3 Pour les termes, on reconnaît dans les mots-clés « identité », « mémoire », « ville », les bases pour construire une narration du passé en fonction du présent.

4 M.P. Alberzoni fait porter son attention sur l’historiographie de la ville. Elle prend en considération les études récentes sur les chroniques de l’époque, et trouve des traces de la mémoire historique dans des documents publics et dans des actes privés. Elle souligne combien un événement aussi capital que la destruction de la ville et la privation du droit de citoyenneté pour les habitants introduit une rutpure, un « avant » et un « après ». L’A. conclut par un aperçu sur l’affrontement entre l’Empire et le mouvement des communes au xiiie siècle dans une perspective de superposition d’éléments, mais qui sont nés à des époques différentes.

5 La mémoire collective se construit également en localisant des lieux qui les sont symboles de la ville, et qui expriment toute la portée de la destruction et le souvenir indélébile des faits, mais qui marquent aussi le début d’une renaissance par le retour des Milanais dans leur ville. C’est ce que souligne M. Bottazzi dans son essai. Le texte est complété par huit figures des bas-reliefs sculptés sur les murs et les colonnes de la Porte romaine.

6 Les contributions d’A. Pasquetti et d’A. Lucioni se donnent pour but de suivre la description et la mémorisation du calvaire de la ville sur une longue période, grâce, respectivement, aux sources allemandes et italiennes. Dans le premier cas, on doit cependant préciser que l’on veut présenter une vue d’ensemble germano-impériale et, donc, aussi sur la base de sources d’origine italienne. On souligne que, après avoir identifié les lieux de la mémoire de Barberousse et de l’Imperium, le cœur du discours repose sur l’honor outragé par la perfidie des Milanais. De ce point de vue, on remarque que tous les récits ne laissent planer aucun doute sur le fait que, à l’égard de Milan, vengeance et justice ne font qu’un à cause de l’intolérable conduite de la ville. À partir du xve siècle et au siècle suivant aussi, le récit de la victoire sur Milan est l’élément essentiel de la mythification de Frédéric Ier : Lucioni part de l’image de la défaite de Milan, mais aussi de la renaissance successive esquissée par Bonvesin de la Riva, et suit les événements milanais à travers les chroniques du bas Moyen Âge – avec une attention particulière pour Galvano Fiamma – et à l’historiographie du xvie et du xviie siècle (Bossi, Merula, Corio, Cagnola, Calco, Bugati, Morigia, Besozzo, Ripamonti), qui est riche mais pas aussi précise quant à l’analyse des documents.

7 Pourtant déjà dans la seconde moitié du xviie siècle et au xviiie siècle, grâce aux œuvres d’ecclésiastiques comme Puricelli, Sassi, Fumagalli et du comte Giulini, la recherche devient plus rigoureuse et l’on s’efforce de donner une interprétation historique en mettant en rapport les faits. C’est le cas de l’Histoire de Milan de Pietro Verri où les événements du xiie siècle se déroulent autour de la personne de l’empereur qui est implacablement jugé comme un « barbare ».

8 G. Langella, dans son essai bref mais significatif, analyse ce sujet dans les œuvres littéraires du xixe siècle. Il souligne que, bien qu’on exhalte le mouvement de révolte de la ville dans la lutte épique contre l’Empire – qui est vu comme précurseur de cet empire contre lequel combattaient les patriotes du xixe siècle – on ignore dans l’ensemble l’épisode de la destruction de Milan parce qu’on le juge trop avilissant et presque infamant. On doit mettre en valeur d’autres faits : la Ligue lombarde qui se constitue, la bataille de Legnano – que l’hymne national italien, l’hymne de Mameli, rappelle comme un des épisodes les plus significatifs de l’histoire nationale, et la paix de Constance, citée par Berchet.

9 Ce n’est qu’à une époque un peu postérieure et une fois l’unification nationale accomplie, que dans le Parlement de Carducci, on prend en considération rétrospectivement le drame de la population chassée de ses maison et la dévastation de la ville pour exhalter la volonté des Milanais de battre militairement l’empereur Frédéric.

10 Dans l’essai de C. Kaul, on souligne que l’humiliation de Milan est bien représentée dans l’espace germanique, dans des fresques et dans des œuvres historiques du xixe siècle : l’image d’ensemble qui en ressort est très significative par rapport à l’actualité de cette époque parce que Fréderic Ier est vu comme un modèle d’empereur et de guide pour son peuple.

11 Le rapport passé/présent est mis en lumière aussi par M.G. Leonardi à travers l’observation des images du portail du dôme de Milan, sculpté entre 1935 et 1950 qui évoquent les faits du xiie siècle. Le cardinal I. Schuster, à la tête de l’église ambrosienne entre 1929 et 1954 et qui vécut avec les Milanais une période tragique pendant et après la fin de la guerre, fit de Galdino della Sala un modèle duquel s’inspirer pour guider la renaissance de la ville.

12 Dans le dernier essai, K. Gorich rappelle les différents aspects de la mémoire historique dans la tradition culturelle allemande et italienne.

13 Elisa Occhipinti


Date de mise en ligne : 21/08/2017

https://doi.org/10.3917/rma.223.0701zz