Henrike MANUWALD, Medialer Dialog. Die Große Bilderhandschrift des Willehalm Wolframsvon Eschenbach und ihreKontexte, Tübingen–Bale, A. Francke Verlag, 2008 ; 1 vol. in-8o, X–636 p. (Bibliotheca Germanica, 52). ISBN : 978-3-7720-8260-3. Prix : € 148,00.
- Par Astrid Guillaume
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Citer cet article
- GUILLAUME, Astrid,
- Guillaume, Astrid.
- Guillaume, A.
https://doi.org/10.3917/rma.183.0683zl
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- Guillaume, A.
- Guillaume, Astrid.
- GUILLAUME, Astrid,
https://doi.org/10.3917/rma.183.0683zl
1 Cet ouvrage de 636 p. sur les différents contextes des images illustrant le Willehalm (XIIIe siècle) de Wolfram von Eschenbach comporte 80 p. d’illustrations avec parfois plusieurs reproductions par page, en grande majorité en couleurs, une bibliographie dense, des références iconographiques utiles et un index qui facilitent l’entrée en matière et la pratique du volume ; il s’agit là de la publication de la thèse de H. Manuwald de l’Université de Cologne.
2 La réunion au sein d’un même volume d’une telle somme d’illustrations venant de nombreuses bibliothèques et musées européens ou américains est précieuse et d’autant plus appréciée que l’on connaît la difficulté pour accéder à certains mss et encore plus la difficulté pour les reproduire. Les illustrations sont ici magnifiquement imprimées sur papier glacé, ce qui permet bien sûr de confronter le texte aux différents visuels et apporte également de nombreux indices pour qui souhaiterait étudier en détail la représentation iconographique de certaines œuvres de l’époque. La représentation schématique de la structure des illustrations est particulièrement intéressante (annexe, p. 22).
3 Composée de treize grands chap., cette thèse présente une partie méthodologique éclairante, dans laquelle le choix de la méthode est discuté et finement estimé en fonction des différents contextes. Par exemple, la question d’utiliser la sémiotique ou non est ici soulevée, et ce à juste titre compte tenu du fait que l’A. analyse des images qu’il étudie également en tant que « système de signes complexes » (cf. le bilan sur cette question cruciale pour l’étude aux p. 534–538).
4 L’A. aborde aussi bien des aspects codicologiques que la (re)contextualisation des images ou la datation des variantes, que l’analyse du texte en tant que témoin d’un genre confronté à d’autres œuvres du même style ou de la même zone géographique.
5 Résumer l’étude en quelques lignes est impossible tant elle est dense et riche. On peut cependant tenter d’en extraire l’essence en disant que l’on trouve ici résumé de tout ce que l’on peut souhaiter connaître sur cette œuvre de Wolfram. Est également présentée une nouvelle approche sur les contextes historiques, les différentes versions manuscrites existantes, les autres œuvres esthétiquement proches et, surtout, les relations entre les deux médias que sont le texte et l’image. En effet, il existe peu d’études, que ce soit en germanistique ou en histoire de l’art, qui s’attaquent de front à la difficile question pluridisciplinaire des relations contextuelles entre texte et image dans le cadre des mss illustrés. De nombreuses études sur les images, illustrations et enluminures ou sur les textes seuls existent certes, mais la science de l’image en rapport avec le texte qu’elle illustre n’en est encore qu’à ses débuts en terme de méthodologie. C’est une véritable méthode d’observation de l’image par rapport au texte et du texte par rapport à l’image qui est ici proposée par l’intermédiaire d’une remise en contexte précise et systématique. Ce qui en ressort est une nouvelle forme d’étude critique, un nouveau sens, résultante du dialogue interactionnel entre les deux médias : texte et image recontextualisés.
6 Comme souvent, on constate que ce qui fait l’originalité et rend novateur une étude, c’est bien cette ouverture d’esprit sur plusieurs disciplines, car si l’A. ne s’était limité qu’au texte (germanistique), qu’à la langue (linguistique), qu’à l’image (histoire de l’art) ou qu’au contexte (histoire), il n’aurait rien dévoilé du sens profond de l’osmose de l’ensemble qui produit ce nouveau prisme d’interprétation et de connaissance sur l’ensemble de l’œuvre et ses contextes.
7 On ne peut donc que féliciter H.M. d’avoir accompli ce travail long et difficile au carrefour de plusieurs disciplines, qui deviendra à n’en point douter un modèle d’analyse pour d’autres textes illustrés du Moyen Âge et l’étude incontournable pour qui voudra approcher en profondeur le Willehalm par le mot et l’image.
8 Astrid GUILLAUME