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Compte rendu

Le Silence du cloître, l’exemple des saints, XIVe–XVIIe siècles, éd. Frédéric MEYER, Ludovic VIALLET, Clermont-Ferrand, P.U. Blaise-Pascal, 2011 ; 1 vol. in-8o, 427 p. (Identités franciscaines à l’âge des réformes, 2). ISBN : 978-2-84516-461-1. Prix : € 38,00.

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Citer cet article


  • Sère, B.
(2012). Le Silence du cloître, l’exemple des saints, XIVe–XVIIe siècles, éd. Frédéric MEYER, Ludovic VIALLET, Clermont-Ferrand, P.U. Blaise-Pascal, 2011 ; 1 vol. in-8o, 427 p. (Identités franciscaines à l’âge des réformes, 2). ISBN : 978-2-84516-461-1. Prix : € 38,00. Le Moyen Age, Tome CXVIII(2), XXV-XXV. https://doi.org/10.3917/rma.182.0441y.

  • Sère, Bénédicte.
« Le Silence du cloître, l’exemple des saints, XIVe–XVIIe siècles, éd. Frédéric MEYER, Ludovic VIALLET, Clermont-Ferrand, P.U. Blaise-Pascal, 2011 ; 1 vol. in-8o, 427 p. (Identités franciscaines à l’âge des réformes, 2). ISBN : 978-2-84516-461-1. Prix : € 38,00. ». Le Moyen Age, 2012/2 Tome CXVIII, 2012. p.XXV-XXV. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-2-page-XXV?lang=fr.

  • SÈRE, Bénédicte,
2012. Le Silence du cloître, l’exemple des saints, XIVe–XVIIe siècles, éd. Frédéric MEYER, Ludovic VIALLET, Clermont-Ferrand, P.U. Blaise-Pascal, 2011 ; 1 vol. in-8o, 427 p. (Identités franciscaines à l’âge des réformes, 2). ISBN : 978-2-84516-461-1. Prix : € 38,00. Le Moyen Age, 2012/2 Tome CXVIII, p.XXV-XXV. DOI : 10.3917/rma.182.0441y. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-2-page-XXV?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.182.0441y


Notes

  • [1]
    Clermont-Ferrand, 2005.

1 Cette publication est le deuxième volet d’une vaste enquête sur les observances franciscaines menées du XIVe au XVIIe siècle grâce à la complémentarité d’un médiéviste, L. Viallet, et d’un moderniste, F. Meyer. Leur première publication conjointe insistait déjà par son titre, repris ici, sur les Identités franciscaines à l’âge des réformes[1]. C’est dire que l’angle d’approche, large et précis en même temps, rassemble des études autour de la famille franciscaine dans ses multiples modalités réformées et réformatrices : autour de la figure du saint fondateur mais aussi des colettines et des capucines, des récollets et des franciscains missionnaires. L’ère géographique se veut large, plus large que celle du premier volume : elle parcourt l’Europe de l’Italie (notamment l’Ombrie) et de la France en passant par la Bourgogne, la Savoie, la Lorraine, l’Auvergne, s’arrête aussi en Irlande pour naviguer enfin vers la Nouvelle-Espagne et la Nouvelle-France. L’ensemble regroupe 22 communications. Trois grandes part. s’enchaînent. La première reprend, appliquée à la spiritualité franciscaine et observante, l’antique débat autour de l’alternance entre la prière et l’action, entre le cloître et l’apostolat, entre l’esprit érémitique de la Portioncule et l’apostolat missionnaire vers les foules. C. Caby introduit la réflexion par des considérations sur l’érémitisme qui dans le contexte général de la fin de Moyen Âge suscite plus de méfiance que de bienveillance. Pourtant l’observance réformatrice franciscaine l’érige en idéal comme si du ressourcement de la vie solitaire pouvaient sourdre les forces réformatrices. L.V. prolonge la même idée en montrant que le repli sur le cloître comme forme de recadrage dans l’ordre semble mieux adapté au précepte de reformatio que ne le serait la liberté des grandes espaces à évangéliser. Le cloître sépare et cette séparation (entre séculiers et réguliers, entre frères et laïcs) est lue comme une cléricalisation, voire monacalisation, de l’ordre. De son côté, D. Nebbiai pointe, de manière passionnante, l’interprétation de l’érémitisme par des franciscains humanistes. Nourris de Pétrarque, ils en réemploient l’idéal solitaire, non plus dans l’exaltation du goût des lettres et de la sociabilité intellectuelle, mais dans celui d’une heremitica conversatio. Les deuxième et troisième grandes thématiques, inspirées et introduites par les réflexions de B. Dompnier, s’attachent aux dévotions elles-mêmes. Après le croire, le faire croire. Aussi les études scrutent-elles les figures de sainteté, les écritures hagiographiques, les dévotions et cultes de saints et surtout les circulations de ces dévotions comme le culte de saint François en Irlande, la dévotion à l’Enfant Jésus en Lorraine, le Rosaire dans les confréries dominicaines à Clermont. Il ressort plusieurs constats : le relatif désintérêt des franciscains pour les reliques depuis le XIVe siècle, une sensibilité dévotionnelle plutôt orientée vers la prédication par l’exemple, les images de piété et l’usage de la parole mise en scène voire chantée.

2 En réalité, ces trois thématiques, fondamentalement intéressantes en soi, ne semblent pourtant pas permettre d’unifier le volume autour d’une seule réflexion, signe de la richesse et de la densité de ces identités franciscaines. Le titre, en une typographie décroissante, trahit cette difficulté d’unifier l’approche et d’en mener une synthèse. D’emblée, le lecteur ne saura donc pas vraiment quel est le fil conducteur du volume. La table des matières et la répartition des communications confirment cet éclatement de la réflexion. Éclatement cependant foisonnant au terme duquel F.M. et L.V. concluent sur d’« introuvable identités » franciscaines, voire sur un « malaise identitaire » qu’il convient pourtant de penser en termes de dynamiques.

3 Bénédicte SÈRE


Date de mise en ligne : 28/08/2012

https://doi.org/10.3917/rma.182.0441y