Conjointure arthurienne. Actes de la Classe d’excellence de la Chaire Francqui 1998, Liège, 20 février 1998, éd. Juliette DOR, Louvain-la-Neuve–Turnhout, Publications de l’Institut d’Études médiévales de l’U.C.L.–Brepols, 2000 ; 1 vol. in-8o, VI–127 p. (Coll. Textes, études, congrès, 20). Prix : € 22,31.
- Par Leo Carruthers
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- CARRUTHERS, Leo,
- Carruthers, Leo.
- Carruthers, L.
https://doi.org/10.3917/rma.172.0369zi
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1 Ce volume réunit, sous la direction de J. Dor, neuf contributions dues à cinq Belges, deux Anglais et deux Américains. Consacrés à divers aspects de la littérature arthurienne, médiévale et moderne, les articles sont majoritairement rédigés en français (six cas, trois autres étant en anglais). La Classe d’excellence du sous-titre fait allusion à un rassemblement des membres et invités de la Section belge de la Société arthurienne, dont l’hôte de marque, occupant en 1998 la chaire interuniversitaire au titre étranger de la Fondation Franqui, était le savant cantabrigien, D. Brewer. Ce dernier examine ici la manière dont Malory fait de son héros, Lancelot, un chevalier qui dépasse les stéréotypes littéraires dont il est issu.
2 S’inspirant justement de son compatriote Malory, Alfred Tennyson, poète anglais du XIXe siècle qui a grandement contribué à éveiller l’intérêt du public pour la Table ronde, fait l’objet d’une étude féministe conduite par E. Brewer. G. Claasens, du côté moyen néerlandais, explore le rôle du narrateur dans le roman Lanceloet en het hert met de witte voet par rapport à l’original français. C. Deschepper, quant à elle, tente d’élucider le personnage ambigu du sénéchal Keu, chez qui elle décèle des attributs autres que ceux, purement négatifs, qu’on a l’habitude de lui accorder. D. Maddox, qui analyse l’épreuve héroïque appelée le « fier baiser » dans Le Bel Inconnu, fait remarquer les qualités tant négatives que positives que révèle cet acte chez Guinglain. Une certaine dimension allégorique, quelque peu inattendue, voit le jour dans les œuvres de Chrétien de Troyes, selon l’interprétation de D. Piraprez. Alors que dans Floriant et Florete S. Sturm-Maddox dénoue les filiations romanesques qui rappellent l’histoire troublée de la Sicile sous le règne normand, M. Thiry-Stassin s’attache à l’évolution variée subie, sous les plumes de Geoffrey de Monmouth et de Wace, par Ygerne, mère du roi Arthur.
3 Sortant un peu de la critique littéraire, enfin, une expérience originale a été menée, sous la direction de L. Gemenne, en matière de réception des lais de Marie de France par des élèves du secondaire ; leur professeur croit que l’enseignement gagne à mettre sur pied des projets de recherches communes plutôt que d’inculquer des vérités préétablies. Ainsi, la diversité des thèmes examinés dans ces mélanges ainsi que l’excellente qualité des articles démontrent à nouveau toute la richesse des études arthuriennes actuelles, qui attirent les chercheurs de divers horizons.
4 Leo CARRUTHERS