Quellen zur Alltagsgeschichte im Früh- und Hochmittelalter, 2e part., éd. Ulrich NONN, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2007 ; 1 vol. in-8o, XX–284 p. (Ausgewählte Quellen zur deutschen Geschichte des Mittelalters – Freiherr vom Stein- Gedächtnisausgabe, 40 b). ISBN : 978-3-534-03159-7. Prix : € 99,90.
Page XLVII
Citer cet article
- HARTMANN-VIRNICH, Andreas,
- Hartmann-Virnich, Andreas.
- Hartmann-Virnich, A.
https://doi.org/10.3917/rma.172.0369zu
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- Hartmann-Virnich, A.
- Hartmann-Virnich, Andreas.
- HARTMANN-VIRNICH, Andreas,
https://doi.org/10.3917/rma.172.0369zu
1 La publication de ce second tome complète le recueil bilingue de textes sur l’histoire de la vie quotidienne au Moyen Âge composé, traduit et annoté par U. Nonn. Si le premier tome, que nous avons commenté dans un précédent c.r., avait pour sujet l’homme et à la femme, l’évolution des conditions de leur existence, le cadre familial au sein de la société, et la mort, le présent ouvrage a pour thème et toile de fond la stratification sociale. Quatre chapitres de longueur inégale, précédés chacun d’un court commentaire destiné à l’initiation de l’historien débutant, illustrent tour à tour la vie et les conditions de travail du paysan, l’artisanat et le commerce, la vie monastique, et la vie courtoise.
2 D’emblée, l’accent mis sur les deux dernières parties, qui occupent à elles seules les deux-tiers environ de l’ouvrage, réduit la place impartie aux deux premières, et au monde que celles-ci ont vocation de refléter, sans commune mesure avec les proportions démographiques, ni avec l’immense diversité des conditions et des cadres de vie, dans une période chronologique qui s’étend du début du haut Moyen Âge au XIIIe siècle. Un autre déséquilibre, inhérent au choix thématique des chapitres qui oblige, par exemple, à réduire la majorité des sources relatives à la chevalerie au seul XIIe siècle, tient au parti pris de l’É. qui, pour faire découvrir les sources majeures de l’histoire médiévale, privilégie pour le monde paysan le témoignage des textes du premier millénaire.
3 Si le lecteur appréciera la nature concrète, palpable de certains fragments d’une réalité qui ne transparaît souvent qu’à travers le témoignage de l’archéologie, comme dans le cas de l’alimentation et de la production agricole, la fusion des références à la réglementation du travail et aux statuts juridiques des rustici dans un seul et vaste cadre chronologique tend à effacer l’évolution des formes de la dépendance et de la servitude sur lesquelles se fonde la hiérarchie sociale, et les différences entre les périodes mérovingienne, carolingienne et féodale. Le regard sur l’artisanat, en privilégiant les métiers « nobles » du métal et de la santé à partir du témoignage des sources du premier millénaire, particulièrement sollicitées, apporte un éclairage non moins partiel que les références à l’éducation chevaleresque, à l’adoubement et au tournoi qui dominent dans la caractérisation de la classe guerrière du système féodal, au détriment d’axes thématiques qui auraient permis de mettre davantage en relief la place du miles dans le tissu social dans son ensemble, et dans l’histoire. Quant au monachisme, l’accent mis sur les thèmes, certes essentiels, de l’application et du respect des préceptes de la vie monastique, et de l’interprétation controversée de la règle de saint Benoît comme fondement de cette dernière, prime sur l’évocation du monde des convers et des serviteurs, pourtant indispensables à la vie du monastère.
4 Si l’amateur d’histoire médiévale et l’historien débutant, inspirés par une image classique de la période, trouveront dans cet ouvrage des acteurs et des thèmes attendus, on aurait tort de s’indigner du parti pris de l’E. Car c’est avant tout l’effet didactique, escompté, d’une sensibilisation pour un premier accès aux sources écrites qui justifie la sélection proposée : face au recul des langues anciennes, de la latinité en particulier, qui tend à éloigner le grand public du contact direct avec les fondements scripturaires de l’histoire, U.N. veut de toute évidence captiver, surprendre et retenir l’attention, pour éveiller la curiosité du lecteur et pour susciter chez lui un intérêt actif. Dans ce sens, on ne peut que souhaiter que son message soit compris, et que son ouvrage puisse trouver sa place dans les programmes d’initiation des formations universitaires, nonobstant son prix plutôt élevé.
5 Andreas HARTMANN-VIRNICH