S'abonner
Compte rendu

Stephan WALDHOFF, Alcuins Gebetbuch für Karl den Großen. Seine Rekonstruktion und seine Stellung in der frühmittelalterlichen Geschichte der libelli precum , Münster, Aschendorff Verlag, 2003 ; 1 vol. in-8o, IX–485 p. (Liturgiewissenschaftliche Quellen und Forschungen, 89). ISBN : 978-3402040683. Prix : € 62,00.

Page XI

Citer cet article


  • Judic, B.
(2010). Stephan WALDHOFF, Alcuins Gebetbuch für Karl den Großen. Seine Rekonstruktion und seine Stellung in der frühmittelalterlichen Geschichte der libelli precum , Münster, Aschendorff Verlag, 2003 ; 1 vol. in-8o, IX–485 p. (Liturgiewissenschaftliche Quellen und Forschungen, 89). ISBN : 978-3402040683. Prix : € 62,00. Le Moyen Age, Tome CXVI(3), XI-XI. https://doi.org/10.3917/rma.163.0725k.

  • Judic, Bruno.
« Stephan WALDHOFF, Alcuins Gebetbuch für Karl den Großen. Seine Rekonstruktion und seine Stellung in der frühmittelalterlichen Geschichte der libelli precum , Münster, Aschendorff Verlag, 2003 ; 1 vol. in-8o, IX–485 p. (Liturgiewissenschaftliche Quellen und Forschungen, 89). ISBN : 978-3402040683. Prix : € 62,00. ». Le Moyen Age, 2010/3 Tome CXVI, 2010. p.XI-XI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2010-3-page-XI?lang=fr.

  • JUDIC, Bruno,
2010. Stephan WALDHOFF, Alcuins Gebetbuch für Karl den Großen. Seine Rekonstruktion und seine Stellung in der frühmittelalterlichen Geschichte der libelli precum , Münster, Aschendorff Verlag, 2003 ; 1 vol. in-8o, IX–485 p. (Liturgiewissenschaftliche Quellen und Forschungen, 89). ISBN : 978-3402040683. Prix : € 62,00. Le Moyen Age, 2010/3 Tome CXVI, p.XI-XI. DOI : 10.3917/rma.163.0725k. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2010-3-page-XI?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.163.0725k


1 On attribue à Alcuin la composition de plusieurs prières ou d’instructions pour la prière connues sous divers titres : De laude Dei, De psalmorum usu, De laude psalmorum, Officia per ferias, etc. Tout en faisant l’étude approfondie de tous ces textes, l’A. s’intéresse ici avant tout au « livre de prière composé par Alcuin pour Charlemagne ». Il fallait d’abord examiner la question du vocabulaire : qu’entend-on par « prière privée » ? La distinction entre « privé » et « public » a-t-elle un sens pour le haut Moyen Âge ? Quelle est la relation entre prière liturgique et non liturgique ? En s’appuyant sur les réflexions les plus récentes, l’A. rappelle quelques textes : saint Cyprien, au milieu du IIIe siècle, évoque le moment où « dans les sacrifices nous faisons une prière avec plusieurs personnes » et le moment où « nous prions à l’écart par des prières privées ». La Règle de saint Benoît, au VIe siècle, prévoit que, après avoir achevé l’opus Dei, la prière commune, chaque frère ne doit pas être empêché de prier peculiariter. Cette distinction se retrouve aussi dans les lettres d’Alcuin. Quand il s’adresse à ses frères de York, il leur demande de prier pour lui « aussi bien dans les heures communes de la sainte oraison que dans les intercessions secrètes de vos prières ». Ce principe d’une prière « privée, « particulière », « secrète » repose fondamentalement sur Mt 6, 5–8 : « retire-toi dans ta chambre […] prie ton Père qui est là dans le secret ». Les livrets de prières, libelli precum, ont connu un développement important dans le haut Moyen Âge dans les îles Britanniques, mais ils se sont aussi répandus sur le continent. On peut attribuer à l’influence d’Alcuin les libelli precum qui figurent dans des manuscrits, tels qu’Orléans 184, écrit au début du IXe siècle dans la région de Salzbourg où Arn était en étroite correspondance avec Alcuin ou Paris, BnF, ms. lat. 13388, écrit à Tours pour Corbie et contenant une grande collection de prières appelée libellus turonensis. Mais le rôle d’Alcuin est allé plus loin. Nous avons le témoignage très précis de la Vita Alcuini rédigée probablement une vingtaine d’années après la mort d’Alcuin à Ferrières dans l’entourage de l’un de ses disciples : « Ensuite il [Alcuin] instruisit Charles par de nombreuses leçons dans les arts libéraux et dans les écritures divines, de sorte qu’il devint le plus sage de tous les rois des Francs qui ont vécu depuis l’avènement du Christ. Il lui apprit aussi pendant tout le temps de sa vie quels psaumes de la pénitence il faut chanter avec la litanie, les oraisons et les prières, quels psaumes pour faire une oraison spéciale, quels psaumes pour la louange de Dieu, quels psaumes aussi pour chaque tribulation, quel psaume encore pour qu’il s’exerce dans les louanges divines. Celui qui veut savoir cela qu’il lise son petit livre adressé à Charles sur l’organisation de la prière (de ratione orationis) » (Vita Alcuini, c. 15). C’est ce texte, suivi à la lettre, qui permet à l’A. de reconstruire le livret de prière de Charlemagne dont deux témoins manuscrits sont ici utilisés : Oxford, Bodleian Library, ms. d’Orville 45 et Paris, BnF, ms. lat. 2731A. Le premier a été écrit à Moissac dans la deuxième moitié du XIe siècle, le deuxième est attribué à un scribe de la région de Reims de la fin du IXe siècle. Chaque élément de la description du libellus dans la Vita Alcuini se retrouve dans l’un et l’autre manuscrit. Cela permet une reconstruction extrêmement soigneuse du livre de prière non sans examiner pour chaque pièce l’ensemble des œuvres d’Alcuin. L’ouvrage comprend en annexe des tableaux de concordance entre plusieurs manuscrits et les textes de prière des deux manuscrits principalement étudiés. On ne peut qu’admirer la problématique et la qualité d’érudition d’un tel travail.

2 Bruno JUDIC


Date de mise en ligne : 28/10/2011

https://doi.org/10.3917/rma.163.0725k