La Mort du roi Arthur. Roman publié d’après le manuscrit de Lyon, Palais des Arts, 77, complété par le manuscrit BnF n.a.f. 1119, éd. bil., trad., prés. et notes par Emmanuèle BAUMGARTNER et Marie-Thérèse DE MEDEIROS, Paris, Champion, 2007 ; 1 vol., in-8°, 537 p. (Champion Classiques, Moyen Âge, 20). ISBN : 978-2-7453-1579-3. Prix : € 14,00.
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- GAULLIER-BOUGASSAS, Catherine,
- Gaullier-Bougassas, Catherine.
- Gaullier-Bougassas, C.
https://doi.org/10.3917/rma.152.0375zl
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- Gaullier-Bougassas, C.
- Gaullier-Bougassas, Catherine.
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Notes
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[1]
The Vulgate Version of the Arthurian Romances, t. 6, Washington, 1913.
1 Pour cette édition et cette traduction entièrement nouvelles, la très regrettée E. Baumgartner et M.T. de Medeiros ont choisi des manuscrits de base qui offrent une image de la Mort du Roi Arthur différente de celle de l’édition procurée par J. Frappier (1re éd., 1936). Alors que ce dernier se fondait sur le manuscrit Arsenal 3347 (ms. A), isolé dans la tradition manuscrite, que l’édition d’O. Sommer a été réalisée à partir du manuscrit de Londres Add. 10294 [1], elles ont retenu le manuscrit de Lyon, Palais des Arts 77 (ms. K, de la fin du XIIIe siècle), déjà adopté comme manuscrit de base par A. Pauphilet pour son édition de la Queste del Saint Graal (1923). Comme elles l’indiquent dans leurs remarques sur la riche tradition manuscrite de ce roman (52 manuscrits), le manuscrit K de Lyon appartient à un groupe de 10 manuscrits qui copient le texte de la Mort Arthur à la suite de l’Agravain (dernière partie du Lancelot) et de la Quête. Ses lacunes (le début du texte, soit les c. 1-58, l. 14 de leur édition ; les deux derniers folios) ont été comblées respectivement par le manuscrit Z (BnF, n. a. fr. 1119), puis essentiellement par le manuscrit 02 (Oxford, Bibliothèque Bodléienne, Rawlinson D. 899) selon la note de la page 458. L’ensemble du texte a été contrôlé avec les manuscrits Z, O2, R (BnF, fr. 344), M1 (Londres, B.L., Add. 17443) et T (BnF, fr. 12573).
2 D’abondantes notes signalent les divergences spécifiques de la version du manuscrit de Lyon et mettent en valeur les choix esthétiques et les nouvelles interprétations qu’elles reflètent. Une lecture synoptique est donc désormais possible de la version du manuscrit de Lyon et de celle du manuscrit édité par J. Frappier, et les É. soulignent son large intérêt philologique et littéraire. Leur travail est complété par un choix de variantes (p. 473-494), un index des noms propres et un riche glossaire (p. 495-523), ainsi que par des éléments de bibliographie (p. 37-46).
3 L’introduction littéraire (p. 28-36) insiste sur la construction du texte à la fois comme continuation et dénouement du Lancelot et de la Queste del Saint Graal, à partir de la reprise de fils laissés en attente, de réminiscences et d’allusions (d’où l’importance de la mémoire), de jeux sur les points de vue, et comme réécriture innovante de la version « historique » de la fin du monde arthurien transmise au XIIe siècle par Geoffroy de Monmouth et Wace. Le récit de la fin d’un monde longtemps célébré comme idéal s’accompagne de signes qui montrent « les failles ou l’épuisement de motifs et de valeurs propres au monde arthurien, le tarissement d’une écriture » (p. 31), tout en proposant d’expliquer l’effondrement de l’univers arthurien autrement que ne le faisaient les textes « historiques » du XIIe siècle et en mettant l’accent sur les responsabilités individuelles.
4 De cet univers désenchanté ressort enfin la figure lumineuse de Lancelot, comme l’étudie E.B. dans le texte de la conférence qu’elle a prononcée au XXIe Congrès International Arthurien à Utrecht en juillet 2005 et qui est reproduit ici en guise de postface (Lancelot et son clan, p. 525-536). Elle montre admirablement comment les différences du manuscrit édité contribuent à infléchir le portrait de Lancelot, qui perd sa situation d’isolement, et, avec les compagnons qui l’entourent, devient une sorte de contre-pouvoir dans le monde arthurien, tout en refusant le statut de roi.
5 Cette excellente édition, accompagnée d’une précise et élégante traduction, représente donc un progrès majeur pour notre connaissance de l’un des textes capitaux de la littérature arthurienne du XIIIe siècle.
6 Catherine GAULLIER-BOUGASSAS