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Compte rendu

Cadre de vie et manière d’habiter (XIIe-XVIe siècle). VIIIe Congrès international de la Société d’archéologie médiévale (Paris, 11-13 octobre 2001). Textes réunis par Danièle ALEXANDRE-BIDON, Françoise PIPONNIER et Jean-Michel POISSON, Caen, Publ. du CRAHM, 2006 ; 1 vol. in-4°, 328 p. ISBN : 2-902685-33-5. Prix : € 42,40.

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Citer cet article


  • Hartmann-Virnich, A.
(2008). Cadre de vie et manière d’habiter (XIIe-XVIe siècle). VIIIe Congrès international de la Société d’archéologie médiévale (Paris, 11-13 octobre 2001). Textes réunis par Danièle ALEXANDRE-BIDON, Françoise PIPONNIER et Jean-Michel POISSON, Caen, Publ. du CRAHM, 2006 ; 1 vol. in-4°, 328 p. ISBN : 2-902685-33-5. Prix : € 42,40. Le Moyen Age, Tome CXIV(2), XXXII-XXXII. https://doi.org/10.3917/rma.142.0369zf.

  • Hartmann-Virnich, Andreas.
« Cadre de vie et manière d’habiter (XIIe-XVIe siècle). VIIIe Congrès international de la Société d’archéologie médiévale (Paris, 11-13 octobre 2001). Textes réunis par Danièle ALEXANDRE-BIDON, Françoise PIPONNIER et Jean-Michel POISSON, Caen, Publ. du CRAHM, 2006 ; 1 vol. in-4°, 328 p. ISBN : 2-902685-33-5. Prix : € 42,40. ». Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, 2008. p.XXXII-XXXII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-XXXII?lang=fr.

  • HARTMANN-VIRNICH, Andreas,
2008. Cadre de vie et manière d’habiter (XIIe-XVIe siècle). VIIIe Congrès international de la Société d’archéologie médiévale (Paris, 11-13 octobre 2001). Textes réunis par Danièle ALEXANDRE-BIDON, Françoise PIPONNIER et Jean-Michel POISSON, Caen, Publ. du CRAHM, 2006 ; 1 vol. in-4°, 328 p. ISBN : 2-902685-33-5. Prix : € 42,40. Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, p.XXXII-XXXII. DOI : 10.3917/rma.142.0369zf. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-XXXII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369zf


Notes

  • [1]
    Y. ESQUIEU ET J.M. PESEZ, Cent maisons médiévales (du XIIe au milieu du XVIe siècle). Un corpus et une esquisse, Paris, 1998.

1 La publication, en 1998, de la synthèse des travaux du GDR 94 du Centre National de la Recherche Scientifique  [1], avait permis de dresser un bilan de la recherche sur la demeure médiévale dont le caractère nécessairement partiel invitait d’ores et déjà à une poursuite de l’enquête. La parution tant attendue des actes du huitième congrès de la Société d’archéologie médiévale, tenu en 2001, illustre la richesse et la complexité d’un sujet auquel l’archéologie et l’étude des sources écrites et iconographiques n’ont cesse d’apporter des éléments nouveaux tout en accusant la difficulté de la synthèse au-delà du constat et de la caractérisation des cas particuliers. Les études réunies, fort diverses tant du point de vue des objets que de celui des méthodes mises en œuvre, s’organisent autour de trois axes majeurs : l’habitat et l’organisation de l’espace, le cadre de vie de la demeure, et l’habitat dans son milieu environnemental, social, professionnel et juridique.

2 Si les Cent maisons médiévales publiées en 1998 privilégiaient la maison urbaine, le présent ouvrage tient plus largement compte du cadre villageois, et de ses formes d’habitat où le bois et les matériaux éphémères tiennent une place privilégiée. L’étude diachronique de la maison en bois en Italie padane relève la similitude des formes urbaines et rurales au Xe siècle, celle des bâtiments à abside des similitudes interrégionales méconnues. Pour le cas de la Belgique, archéologie du bâti, dendrochronologie et étude des textes contribuent à une meilleure compréhension de l’incidence du marché et du commerce du bois sur la construction.

3 L’étude des volumes habitables, de leurs aménagements intérieurs, de leur environnement et des espaces de circulation retrace des cadres de la vie villageoise où l’utilisation des espaces échappe parfois à l’interprétation archéologique. Leur mutation apparaît au village de Tremblay, où la morphologie de l’habitat des temps modernes s’annonce dès le XIIIe s. La notion de confort, profondément différente de celle d’aujourd’hui, échappe largement à l’analyse, et avec elle une dimension des conditions de vie tant rurale qu’urbaine : la possible promiscuité de l’atelier et du logement dans la Provence de la fin du Moyen Âge, ou celle des circulations des maisons à étages bourguignonnes, sont autant tolérées que l’exiguïté des espaces habités et la rareté voire absence de chauffage, la cheminée, étudiée à l’exemple des habitats seigneuriaux dans le massif central méridional, étant, à cet égard, l’apanage caractéristique des demeures aisées.

4 Autre aspect de la demeure, le besoin de protection s’exprime non seulement dans les dispositifs matériels, réels ou symboliques, à l’instar des maisons fortes du Dauphiné dont l’étude compare les inventaires du XIVe siècle à la réalité architecturale des dispositifs de défense, souvent succincte. La protection est aussi spirituelle, comme le montre une étude saisissante de l’infinité de stratagèmes religieux et superstitieux, diversement attestés par les sources écrites, archéologiques et iconographiques. Les usages des habitants de la maison urbaine sont illustrés à l’exemple de la Bohème médiévale et des maisons de Londres. L’étude des baies rappelle l’importance de la façade et de ses ouvertures pour l’ostentation du prestige du propriétaire, dans la mesure où le décor externe de la demeure, abordé ensuite, exprime tout particulièrement le contact et l’échange entre l’espace public et privé.

5 La dernière partie de l’ouvrage situe l’habitat dans son milieu : artisanal en contexte rural, comme dans le cas bien connu du village des miniers de Brandes-en-Oisans et de Pampailly, et dans celui de l’habitat de potier dans la France du Nord-Ouest. Contexte urbain ensuite, illustré par une enquête sur la relation entre les demeures urbaines, la voirie et les jardins dans l’El Andalus médiéval. Enfin, le cadre juridique du droit immobilier met en lumière un autre aspect de la relation de la maison et de ses occupants avec son environnement urbain, en fixant les modalités de l’entretien de la demeure, celles de la perception des bénéfices de la location – un des facteurs qui contribuèrent à la crise du logement de la fin du Moyen Âge – et celles de l’expropriation, donc de la hiérarchie de l’intérêt public et de l’intérêt privé, dont les enjeux spatiaux font l’objet du dernier article de l’ouvrage.

6 Au-delà des études de cas et de leur apport inégal aux dossiers thématiques, les champs d’étude illustrés par les contributions proposent avant tout un éventail de méthodes d’approche dont la confrontation participe à l’élargissement du dialogue interdisciplinaire. Dans ce sens, Cadre de vie et manières d’habiter est un carrefour d’idées tout à fait stimulant.

7 Andreas HARTMANN-VIRNICH


Date de mise en ligne : 14/11/2008

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369zf