Petra JANKE, Ein heilbringender Schatz. Reliquienverehrung am Halberstädter Dom im Mittelalter. Geschichte, Kult und Kunst, Munich-Berlin, Deutscher Kunstverlag 2006 ; 1 vol. in-8o, 324 p. ISBN : 3-422-06639-X. Prix : € 39,90.
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Citer cet article
- MARIAUX, Pierre-Alain,
- Mariaux, Pierre-Alain.
- Mariaux, P.-A.
https://doi.org/10.3917/rma.142.0369zp
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- Mariaux, P.-A.
- Mariaux, Pierre-Alain.
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https://doi.org/10.3917/rma.142.0369zp
Notes
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[1]
Le trésor de la Sainte Chapelle, éd. J. DURAND et M.P. LAFFITTE, cat. d’exp., Paris, 2001 ; Der Basler Münsterschatz, cat. d’exp., Bâle, 2001. Treasure in the Medieval West, éd. E.M. TYLER, York, 2000 ; Tesori. Forme di accumulazione della ricchezza nell’alto medioevo (secoli V-XI), éd. S. GELICHI et C. LA ROCCA, Rome, 2004 ; Vom Umgang mit Schätzen, éd. E. VAVRA, K. HOLZNER-TOBISCH et T. KÜHTREIBER, Vienne, 2007. Au mois de novembre 2006 s’est tenu à Bâle et à Neuchâtel, sous le titre Le trésor au Moyen Âge. Pratiques, discours, images, le dernier colloque en date consacré à cette question, dont les actes paraîtront à la fin de cette année.
1 Depuis quelques années, le trésor apparaît comme l’un des concepts centraux des études médiévales et fait l’objet de plusieurs études transdisciplinaires, plus rarement monographiques. On mentionnera pour mémoire les actes des colloques de York, Bologne et Krems, et les catalogues d’exposition consacrés aux trésors de la Sainte-Chapelle de Paris et de la cathédrale de Bâle [1]. La monographie de P. Janke s’inscrit à la suite de ces études, tout en s’en distinguant fortement. Le but de son ouvrage est en effet de rassembler l’ensemble des sources et des témoignages textuels qui traitent de la dévotion aux reliques à la cathédrale d’Halberstadt, de les confronter tant à une étude historique et artistique des reliquaires qui les préservent qu’aux résultats des fouilles archéologiques menées autour de la cathédrale, pour parvenir de la sorte à brosser un portrait certes local mais complet du culte des reliques au Moyen Âge. Par sa richesse, sa diversité et son caractère préservé, le trésor d’Halberstadt se prête admirablement à une étude polymorphe de ce genre, et l’on peut dire que l’A. répond aux objectifs qu’elle s’était fixés : l’originalité de cet ouvrage repose en effet sur la ferme volonté d’analyser dans la durée et de présenter ensemble les reliques et les reliquaires conservés par une seule institution.
2 L’ouvrage se développe ainsi en deux parties d’égale longueur. La première, fruit d’une enquête historique serrée, s’ouvre par un chapitre bref et général consacré au culte des reliques, et se poursuit par un second chapitre plus dense, tout entier dévolu à l’histoire de la dévotion aux reliques à la cathédrale d’Halberstadt, que le lecteur est invité à suivre des origines de l’évêché à l’établissement du « Dommuseum » à la fin du XIXe siècle. Le culte des reliques se lit ainsi en parallèle à l’histoire des développements et des modifications architecturaux, de l’arrivée de reliques – notamment celles ramenées de Constantinople par l’évêque Konrad de Krosigk en 1205 –, des consécrations d’autels, des traditions liturgiques, des récits de miracles, etc. La seconde partie est un catalogue de plus de cinquante reliquaires et de leur contenu, qui est l’occasion pour l’A. de proposer en préambule le résultat d’une étude statistique très succincte quant à l’origine des reliques. C’est assurément la partie la plus intéressante de l’ouvrage pour celui qui s’intéresse plus généralement au trésor médiéval et à son contenu.
3 Même si le résultat semble un peu artificiel par son articulation bipartite, il offre un parcours muséal bienvenu du sujet. On a relevé la volonté originale de présenter le matériel dans son intégralité, tenant compte au mieux des témoins matériels préservés, et de l’analyser à la lumière des sources textuelles. Les annexes (un tableau des reliques, la liste alphabétique des saints concernés, un glossaire et une bibliographie qu’il faut compléter par la lecture des notes de bas de page) ne pallient malheureusement pas l’absence d’index et de tables, ce qui rend peu maniable voire difficile la consultation de l’ouvrage. Mais que le lecteur ne se méprenne pas : le mérite premier de l’étude est de rester accessible au public lettré et curieux, et son A. parvient admirablement à rendre hommage à l’un des trésors ecclésiastiques médiévaux parmi les plus importants et les plus méconnus.
4 Pierre-Alain MARIAUX