Mittelhochdeutsche Minnereden und Minneallegorien der Wiener Handschrift 2796 und der Heidelberger Handschrift Pal. germ. 348, sous la dir. de Michael MAREINER, t. 2, « Von einem Schatz ». Eine mittelhochdeutsche Minneallegorie. Wörterbuch und Reimwörterbuch, Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Vienne, Lang, 2003 ; 1 vol., 466 p. (Europäische Hochschulschriften. European University Studies. Publications universitaires européennes., 1re sér., Deutsche Sprache und Literatur. Langue et littérature allemandes. German Language and Literature, 1863). ISBN : 3-03910-087-4. Prix : €63,80.
- Par Astrid Guillaume
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- GUILLAUME, Astrid,
- Guillaume, Astrid.
- Guillaume, A.
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1 Cet ouvrage de 466 pages édité, traduit et présenté par M. Mareiner, est le deuxième volume de Von einem Schatz, dictionnaire de termes et de rimes sur le discours et l’allégorie courtois allemands (Minnerede et Minneallegorie) dans les manuscrits de Vienne 2796 et de Heidelberg Pal.germ.348. On a affaire ici à un dictionnaire spécialisé dans le discours courtois. L’ouvrage comprend une introduction, une liste des abréviations et deux grandes parties : le dictionnaire et le dictionnaire des rimes.
2 Dans le dictionnaire qui fait plus de 350 pages, l’A. a recensé l’ensemble du vocabulaire présent dans les deux manuscrits offrant ainsi une aide à la compréhension non seulement des deux textes précités mais également d’autres écrits du même genre. Au-delà du rapport au texte littéraire, ce dictionnaire présente également un grand intérêt sur le plan linguistique et tout particulièrement lexicologique. En effet, les unités de sens ici répertoriées sont présentées avec leur catégorie grammaticale, leur traduction en allemand moderne, une référence chiffrée permettant de les retrouver rapidement dans le manuscrit d’origine, un bref entourage syntaxique et avec toutes les variantes orthographiques et syntaxiques apparaissant dans le texte. Exemplep. 77 : sous l’entrée dîn, on lira qu’il s’agit d’un pronom possessif, signifiant « dein » en allemand moderne, que l’on peut retrouver p.30 l. 5 (30,5) sous la forme deine gab, puis ailleurs din tugent krafft uund güt, puis ailleurs in dinem sinn » ou alors dinr ler unnd stür zü guot, etc. Ces présentations de colocations seront précieuses pour le philologue en quête d’une variante orthographique ou pour le littéraire en quête d’un concept en contexte. Lorsqu’il s’agit d’un verbe comme « dienen » par exemple, l’A. différencie les occurrences a) sans objet et b) avec datif. Quand il s’agit d’un substantif, l’A. signale si c’est un féminin, un masculin ou un neutre faible ou fort. Ce dernier aspect revêt une importance toute particulière quand il est question d’expliquer certains phénomènes en linguistique diachronique dans les opérations de composition et de dérivation lexicales par exemple. Les nombreux renvois comme « ane gebërn, siehe angeborn » (p.27) ou encore « ûz gëten, siehe ûz jëten » p.306 seront bien utiles dans le cas d’une variante orthographique peu connue ou usitée.
3 La seconde partie n’est pas moins bien faite et enrichissante. Il s’agit cette fois d’un dictionnaire de rimes de près d’une centaine de pages, qui présente les différents types de rimes, ainsi que les suffixes avec leurs correspondances rimiques. Exemple p.396, sous l’entrée enig/ênig, on trouve « menig/wenig » ou alors sous olde/ olde, on trouve « golde/solde », puis juste après sous l’entrée olde/olte, on lit « golde/ wolte », les associations de sens ainsi révélées en disent long sur le message que souhaitait faire passer le poète médiéval. L’ouvrage possède également un index alphabétique des termes référencés et des rimes.
4 Même si aujourd’hui, on trouve en ligne des dictionnaires d’allemand médiéval complets, performants et d’un accès facile, permettant, par le biais de l’interactivité, de s’enrichir ou de calculer des statistiques de colocations en quelques secondes (cf. le glossaire présenté sur le site de l’Université de Salzburg), le dictionnaire de M.M. n’en demeure pas moins un outil supplémentaire fort bienvenu, qui trouvera sa place sur les rayonnages des bibliothèques au côté du bien connu M. Lexer.
5 En somme, cet ouvrage, fruit d’un travail considérable que nous ne pouvons qu’admirer et saluer à sa juste valeur, sera un outil très précieux aussi bien pour le linguiste que pour le littéraire.
6 Astrid GUILLAUME