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Compte rendu

The Cross Goes North. Processes of Conversion in Northern Europe, AD 300-1300, éd. Martin CARVER, York-Woodbridge, York Medieval Press-Boydell, 2003 ; 1 vol. in-8º, XIV-588 p. ISBN : 1903153115. Prix : GBP 75 ; USD 130.

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Citer cet article


  • Carruthers, L.
(2004). The Cross Goes North. Processes of Conversion in Northern Europe, AD 300-1300, éd. Martin CARVER, York-Woodbridge, York Medieval Press-Boydell, 2003 ; 1 vol. in-8º, XIV-588 p. ISBN : 1903153115. Prix : GBP 75 ; USD 130. Le Moyen Age, Tome CX(1), XI-XI. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2004-1-page-XI?lang=fr.

  • Carruthers, Leo.
« The Cross Goes North. Processes of Conversion in Northern Europe, AD 300-1300, éd. Martin CARVER, York-Woodbridge, York Medieval Press-Boydell, 2003 ; 1 vol. in-8º, XIV-588 p. ISBN : 1903153115. Prix : GBP 75 ; USD 130. ». Le Moyen Age, 2004/1 Tome CX, 2004. p.XI-XI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2004-1-page-XI?lang=fr.

  • CARRUTHERS, Leo,
2004. The Cross Goes North. Processes of Conversion in Northern Europe, AD 300-1300, éd. Martin CARVER, York-Woodbridge, York Medieval Press-Boydell, 2003 ; 1 vol. in-8º, XIV-588 p. ISBN : 1903153115. Prix : GBP 75 ; USD 130. Le Moyen Age, 2004/1 Tome CX, p.XI-XI. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2004-1-page-XI?lang=fr.

1 Parmi les multiples événements de part le monde marquant l’aube du troisième millénaire chrétien, un congrès international, ouvert par l’archevêque d’York, s’est tenu dans cette ville, l’un des plus hauts lieux ecclésiastiques d’Angleterre, en juillet 2000. Le comité d’organisation, heureuse collaboration entre la municipalité, l’université d’York, les musées et plusieurs autres organismes culturels, a fait appel à de nombreux spécialistes – archéologues, anthropologues, médiévistes, historiens de l’art – pour disserter sur le phénomène de la christianisation de l’Europe, en particulier sur l’expansion de l’Église vers le nord du continent. Le présent volume réunit trente-sept des communications présentées à cette occasion, rédigées par un total de quarante-deux auteurs, car plusieurs articles, notamment ceux des archéologues, sont signés à deux ou à trois. Il est pourtant dommage que l’É. n’ait pas songé à inclure une référence à l’université (ou au musée) où travaillent tous ces experts, rien n’étant dit quant à leur origine nationale ni à leur rattachement institutionnel ; si l’on devine une majorité de Britanniques, les noms des autres participants semblent indiquer une bonne représentation de plusieurs pays nordiques européens.

2 Il est difficile de rendre compte adéquatement de la variété des sujets et des approches dont il est question dans ce tome lourd, dont le fil conducteur se révèle, somme toute, assez ténu. Présentant une optique géographique étendue, il survole mille ans d’histoire, en passant des Alpes à la Laponie et des péninsules du sud-ouest d’Irlande aux fjords scandinaves. Quoiqu’en laisse entendre le titre, il s’agit donc, plutôt qu’un livre sur un sujet unique, d’une célébration de la diversité : diversité des peuples du nord, des idéologies, des païens et des missionnaires, des réactions des uns aux autres, et des chocs entre cultures de tradition impériale ou barbare. Au cœur du problème sont les relations souvent difficiles entre les pouvoirs politiques et religieux qui se frayaient un long chemin vers la création des États modernes.

3 Quatre divisions grossières sont établies, à commencer par trois articles sur les « procédés de conversion » du sous-titre, suivis de dix communications consacrées aux pays celtiques, puis d’une douzaine à l’Angleterre (surtout à l’Église northumbrienne, dont York possède la primauté), pour conclure par douze études des territoires germaniques, scandinaves et baltiques. Parmi ces derniers, les Estoniens occupent la dernière place en ordre chronologique, ce peuple ayant été converti seulement au XIIIe siècle, à la pointe du glaive, par des nobles venant d’Allemagne.

4 Fruits de recherches fines, fouillées, réfléchies, tous les articles sont d’excellente qualité, très bien documentés, chacun étant passionnant dans son genre. Le volume est illustré de 49 planches (photographies de lieux et d’objets d’art) et de 87 figures (cartes et dessins). Mais en l’absence d’une problématique clairement délimitée, le lecteur aura intérêt à bien examiner la table des matières afin de trouver ce qui l’intéresse particulièrement. Explorer l’index n’est pas d’une grande utilité, car la plupart des entrées ne donnent qu’une seule référence, révélant ainsi le manque d’homogénéité du thème. Pour ne pas rester sur une note qui n’est négative qu’en apparence, terminons par dire que ces Actes d’une grande richesse dépassent la simple « histoire de l’Église » pour poser des questions de fond sur les raisons internes, culturelles, socio-économiques, voire sexuelles (le rôle certain des femmes, surtout des reines et des princesses), qui ont conduit les peuples du nord à s’ouvrir peu à peu à la religion de Rome.

5 Leo CARRUTHERS