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Compte rendu

The individual in Celtic literatures : CSANA Yearbook, 1, éd. Joseph Falaky NAGY, Dublin, Four Courts Press, 2001 ; 1 vol. in-8º, 128 p.

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  • Carruthers, L.
(2003). The individual in Celtic literatures : CSANA Yearbook, 1, éd. Joseph Falaky NAGY, Dublin, Four Courts Press, 2001 ; 1 vol. in-8º, 128 p. Le Moyen Age, Tome CIX(1), XXIV-XXIV. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2003-1-page-XXIV?lang=fr.

  • Carruthers, Leo.
« The individual in Celtic literatures : CSANA Yearbook, 1, éd. Joseph Falaky NAGY, Dublin, Four Courts Press, 2001 ; 1 vol. in-8º, 128 p. ». Le Moyen Age, 2003/1 Tome CIX, 2003. p.XXIV-XXIV. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2003-1-page-XXIV?lang=fr.

  • CARRUTHERS, Leo,
2003. The individual in Celtic literatures : CSANA Yearbook, 1, éd. Joseph Falaky NAGY, Dublin, Four Courts Press, 2001 ; 1 vol. in-8º, 128 p. Le Moyen Age, 2003/1 Tome CIX, p.XXIV-XXIV. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2003-1-page-XXIV?lang=fr.

1 Voici que la CSANA (Celtic Studies Association of North America) lance une nouvelle revue annuelle, permettant la publication d’au moins quelques-unes des nombreuses conférences prononcées, lors des colloques, par ses membres. Heureuse initiative, au vu de la qualité et de l’originalité des communications ici proposées, consacrées à divers aspects des littératures et des sociétés celtiques du Moyen Âge. Mais ce premier numéro ne contient que cinq articles — parfois brefs (10 pages minimum), parfois beaucoup plus longs (allant jusqu’à 36 pages) — alors qu’on aurait accueilli avec plaisir un nombre plus important. J.F.N., quant à lui, rédige une introduction générale et ajoute un index utile, ce qui donne une certaine homogénéité au volume.

2 Autre effort pour créer l’unité dans la diversité qui caractérise toujours ce genre de collection, le titre souligne le fait que les A. se sont attachés, apparemment sans coordination particulière de la part de l’É., à la notion de l’individu, ou bien, peut-on dire, aux héros, aux principaux personnages des œuvres littéraires, voire à leurs rédacteurs. Alors que la littérature médiévale est si souvent anonyme, où s’efface la personnalité de l’auteur, J.F.N. relève la présence d’un poète irlandais dès le IXe siècle, en la personne de ce moine inconnu qui dialogue avec son chat bien-aimé, Pangur le Blanc.

3 La domination de l’Irlande, dans les études celtiques, n’a rien de surprenant, vu la conservation des manuscrits en langue gaélique dans les monastères, ainsi que la préservation, dans l’île verte, de nombreux éléments de la culture traditionnelle qui, ailleurs en Europe, n’avaient pas résisté à l’influence romaine, soit de l’Empire, soit de son successeur, l’Église. C’est ainsi qu’E. Johnston décrit les rencontres entre héros païens et saints chrétiens dans un texte irlandais du Xe siècle, Le chariot fantôme de Cuchulainn, du nom du guerrier le plus célèbre de la mythologie gaélique. Mais la date des manuscrits est trompeuse, car elle cache souvent une tradition orale beaucoup plus ancienne. A. O’Leary remonte donc, à partir d’un texte du XIe-XIIe siècle, à l’histoire incroyable du druide irlandais M. Ruith, bourreau de saint Jean-Baptiste au temps d’Hérode qui devient, par ce fait, responsable d’une crise apocalyptique en Irlande en 1096 ! Quant à C. McKenna, elle renverse brillamment l’opinion critique, erronée, qui mettait en doute l’existence réelle de sainte Brigitte de Kildare, contemporaine de saint Patrick, abbesse que certains voudraient faire disparaître derrière une déesse pré-chrétienne du même nom.

4 Les deux derniers articles concernent la littérature galloise. Derrière les quatre branches des Mabinogi, Br. Roberts verrait volontiers plus d’unité qu’on ne le croit, due à un auteur unique dont le texte aurait été remanié par d’autres par la suite. Enfin, dans une excellente comparaison entre romans chevaleresques gallois et français, Owain/Yvain et Gereint/Erec, H. Fulton met en garde contre deux dangers : celui d’anachronisme (projection sur le XIIe siècle des idées libérales du monde moderne) et celui d’amalgame (chercher les valeurs de la féodalité française dans la société héroïque galloise, conduisant à dévaloriser les textes celtiques). Voici donc, dans ce premier volume, cinq exemples de critique littéraire de belle qualité dont l’importance déborde du cadre de la CSANA.
Leo CARRUTHERS