Un aggiornamento nécessaire
Pages 167 à 172
Citer cet article
- DE BOISSIEU, Christian,
- De Boissieu, Christian.
- De Boissieu, C.
https://doi.org/10.3917/deba.169.0167
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- De Boissieu, C.
- De Boissieu, Christian.
- DE BOISSIEU, Christian,
https://doi.org/10.3917/deba.169.0167
Robert Boyer propose une vue perspective très intéressante et convaincante de l’évolution de la pensée économique depuis la crise de 1929 et de l’impact de cette dernière sur les politiques économiques et les résultats obtenus.
Le constat est à la fois lucide et accablant. Alors que la crise des années 1930 a engendré la révolution keynésienne qui a en partie permis d’y faire face, rien de tel avec la crise mondiale qui s’est enclenchée depuis août 2007 et qui a été aggravée par la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Seulement des interprétations fragmentaires, dispersées et peu cohérentes entre elles. Problème de fond, ou question de délai, le temps de construire de nouveaux systèmes d’interprétation face à des enchaînements imprévus et pas toujours bien compris ex post ? Sans doute un peu des deux, mais je partage le point de vue de Robert Boyer selon lequel il s’agit avant tout d’une question de fond.
La crise mondiale n’est pas avare d’effets paradoxaux. D’un côté, les économistes sont attaqués pour ne rien avoir vu venir (mais, de ce côté-là, ils sont en bonne compagnie !) et pour s’être faits, directement ou indirectement, les complices des dérives de la finance ; de l’autre côté, ils sont plus sollicités que jamais par les médias pour interpréter une réalité économique et sociale complexe et douloureuse. La crédibilité de la profession économique ne pourra être restaurée que sous plusieurs conditions, certes exigeantes. Il s’agit non seulement d’imaginer de nouveaux paradigmes tenant compte des changements structurels intervenus depuis trente ans, mais aussi de déployer moins d’arrogance en sachant reconnaître ses erreurs…
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