Article de revue

La troisième modernité

Une nouvelle donne anthropologique

Pages 150 à 159

Citer cet article


  • Bobineau, O.
(2011). La troisième modernité Une nouvelle donne anthropologique. Le Débat, 166(4), 150-159. https://doi.org/10.3917/deba.166.0150.

  • Bobineau, Olivier.
« La troisième modernité : Une nouvelle donne anthropologique ». Le Débat, 2011/4 n° 166, 2011. p.150-159. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-debat-2011-4-page-150?lang=fr.

  • BOBINEAU, Olivier,
2011. La troisième modernité Une nouvelle donne anthropologique. Le Débat, 2011/4 n° 166, p.150-159. DOI : 10.3917/deba.166.0150. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-debat-2011-4-page-150?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/deba.166.0150


Notes

  • [1]
    Marcel Gauchet, La Révolution moderne. L’avènement de la démocratie, I, Gallimard, 2007, pp. 53­55.
  • [2]
    La Grande Transformation. Aux origines politiques et économiques de notre temps [1944], Gallimard, 1983, pp. 29 et 102.
  • [3]
    Raymond Aron, LÂge des empires et lavenir de la France, Éd. Défense de la France, 1946, p. 288.
  • [4]
    Jean­François Lyotard, La Condition post-moderne, Minuit, 1979, pp. 31 et 63.
  • [5]
    Claude Lévi­Strauss, La Pensée sauvage, Plon, 1962, pp. 30­31.
  • [6]
    Michel de Certeau, L’Invention du quotidien. Art de faire, vol. 1, Gallimard, 1990, p. 251.
  • [7]
    Olivier Bobineau, « Sociologie des religions », Encyclopaedia Universalis, collection 2007­2008.
  • [8]
    Gilles Lipovetsky, L’Ère du vide. Essais sur l’individualisme contemporain, Gallimard, 1983 ; Id. (avec Sébastien Charles), Les Temps hypermodernes, Grasset, 2004 ; Nicole Aubert (sous la dir. de), L’Individu hypermoderne, Érès, 2004.
  • [9]
    Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde, 2010.
  • [10]
    Louis Dumont, Essais sur l’individualisme. Une perspective anthropologique sur l’idéologie moderne, Éd. du Seuil, 1983.
  • [11]
    Jean Baudrillard, La Société de consommation, Gallimard, 1970.
  • [12]
    Paul Virilio, L’Art du moteur, Galilée, 1993.
  • [13]
    Roland Robertson, « Glocalization : Time­Space and Homogeneity­Heterogeneity » [1995], Global Modernities, Londres, Sage Publications, 1997, pp. 25­44.
  • [14]
    Jean­Marie Donegani, Marc Sadoun, Qu’est-ce que la politique ?, Gallimard, « Folio essais », 2007, pp. 416­420.
  • [15]
    Manuel Castells, L’Ère de l’information. Le pouvoir de l’identité, vol. II, Fayard, p. 17.
  • [16]
    Voir Olivier Bobineau, Les Formes élémentaires de l’engagement. Une anthropologie du sens, Temps présent, 2010.
  • [17]
    Marcel Gauchet, « Quand les droits de l’homme deviennent une politique », Le Débat, n° 110, mai­août 2000.
  • [18]
    Robert Legros, L’Idée d’humanité. Introduction à la phénoménologie, Grasset, 1990, p. 7.
  • [19]
    Émile Durkheim, Leçons de sociologie [1950], puf, 1997, pp. 198­199 ; Olivier Bobineau (sous la dir. de), Le Satanisme. Quel danger pour la société ?, Flammarion/Pygmalion, 2008.
  • [20]
    Marcel Gauchet, La Religion dans la démocratie. Parcours de la laïcité, Gallimard, 1998.
  • [21]
    Marcel Gauchet, « Essai de psychologie contemporaine. I. Un nouvel âge de la personnalité », Le Débat, n° 99, mars­avril 1998.
  • [22]
    Anthony Giddens, Les Conséquences de la modernité [1990], L’Harmattan, 1994, p. 45.

Un double diagnostic contradictoire incite à réfléchir, à nouveaux frais, sur la société moderne occidentale. D’un côté, les « clans », les « tribus » et le « cocooning » prospèrent, et le communautarisme est stigmatisé telle la maladie sociale à conjurer. Le combat des valeurs, l’âge des identités groupusculaires seraient advenus sur fond de « guerre des dieux » et de « querelle des valeurs » (Max Weber) avec un corollaire, le retour du religieux. L’explosion serait proche... De l’autre côté, l’individualisation progresse sans cesse, fondant l’ordre social moderne sur l’individu, contrairement aux sociétés traditionnelles, inclusives, hiérarchiques se fondant sur la « loi de l’autre », ou hétéronomie. L’excès d’individu ferait que la société est de plus en plus atomisée et segmentée, ce qui, combiné à sa financiarisation et sa marchandisation, la conduirait dans une impasse. L’implosion serait également proche.
Pour essayer d’y voir clair entre ces thèses opposées, cet article propose l’hypothèse suivante : une révolution anthropologique affecte nos sociétés contemporaines. Depuis les années 1980, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la modernité. Mais pourquoi retenir cette décennie en particulier ? Parce qu’elle est frappée de plein fouet par la congruence de trois crises majeures, crises qui constituent le cadre de cette révolution anthropologique. Celle­ci consiste dans une série de retournements des rapports de l’individu à lui­même et à son environnement qui justi…


Date de mise en ligne : 28/09/2011

https://doi.org/10.3917/deba.166.0150

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