Culture de paix et emploi de la force armée
Pages 19 à 31
Citer cet article
- THIÉBLEMONT, André,
- Thiéblemont, André.
- Thiéblemont, A.
https://doi.org/10.3917/deba.142.0019
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- Thiéblemont, A.
- Thiéblemont, André.
- THIÉBLEMONT, André,
https://doi.org/10.3917/deba.142.0019
Notes
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[*]
Une première version de cet article est parue dans les cahiers de Politique autrement (juin 2006) que nous remercions vivement de son autorisation.
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[1]
Interview de Michèle Alliot-Marie, France 2, 16 août 2006, 20 heures.
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[2]
Intervention télévisée du président de la République, jeudi 24 août 2006.
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[3]
Un cas parmi d’autres : le tir d’un belligérant A sur les lignes ou sur le territoire du belligérant B à partir d’une position jouxtant un poste onu attire une riposte de B. Le poste onu est touché, ce qui entraîne – pas toujours – une réaction de l’onu à l’encontre du belligérant B.
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[4]
Mes observations sont tirées d’une enquête réalisée pour le compte du Centre d’études en sciences sociales de la Défense à partir de l’exploitation d’« écrits de soldats » (journaux de marche d’unité ou personnels). Cf. A. Thiéblemont, Bosnie1992-1995. Expériences opérationnelles d’unités de combat de l’Armée de terre, Paris, Les Documents du Centre d’études en sciences sociales de la Défense, 2002, et « Unités de combat en Bosnie : la déstructuration tactique, la débrouille et le ludique », Les Champs de Mars, n° 12, 2002, pp. 87-123.
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[5]
Frank Debié, « De Brioni à Dayton : une très étrange diplomatie de la paix », in J. Cot, Dernières guerres balkaniques ? Ex-Yougoslavie : témoignages, analyses, perspectives, Paris, L’Harmattan, 1996, pp. 47-82 et 50.
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[6]
Ibid., pp. 70-81.
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[7]
Xavier Bougarel, Bosnie, anatomie d’un conflit, Paris, La Découverte, 1996, pp. 103-106, 128-129.
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[8]
Cf. Claude Barrois, Psychanalyse du guerrier, Paris, Hachette Littérature, 1993, pp. 24-25.
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[9]
Jean Jaurès, L’Armée nouvelle, Paris, Éditions sociales, 1978 (réédition de l’ouvrage publié en 1910), pp. 107-108.
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[10]
Cf. notamment Métamorphose des missions ? Les soldats et les armées dans les nouveaux contextes d’intervention (Actes du colloque des 14, 15, 16 juin 1994, sous la dir. de Hubert Jean-Pierre Thomas), Centre d’études en sciences sociales (cessd), décembre 2000 ; D. Efros et N. Fouilleul, Les Unités de combat en intervention humanitaire : une activité de travail particulière, cessd, 1999, pp. 178 et 179.
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[11]
Ces observations sont tirées d’« Écrits de soldat” dont l’anonymat est protégé.
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[12]
Instruction 1 000, Doctrine interarmées d’emploi des forces en opérations, ema, Paris, septembre 2000.
En août dernier, le président de la République et sa ministre de la Défense refusaient d’engager des bataillons français dans l’aventure libano-hezbollo-israélienne tant que les missions et les « moyens juridiques » de la force prévue par la résolution 1701 ne seraient pas précisés. « La question [...] ce n’est pas combien et quand. C’est pour quoi faire et comment ? » déclarait Michèle Alliot-Marie. La question était brutale et peu diplomatique, digne du fameux « De quoi s’agit-il ? » du maréchal Foch. Elle n’eut aucune réponse. En définitive, le chef de l’État décida d’expédier au Sud-Liban deux bataillons renforcés d’un escadron de chars et d’une batterie d’artillerie. Pour justifier sa décision, il se contenta d’arguer publiquement de garanties obtenues sur les « conditions d’efficacité et de sécurité optimales » dans lesquelles serait placée cette nouvelle Finul. Rien n’est moins sûr et puis, encore une fois, « pour quoi faire ? ». Tant que nos élites politiques et militaires n’auront pas effectué une rupture idéologique avec une culture de paix dépourvue de projet politique, l’inefficacité et l’insécurité des bataillons français expédiés sous le drapeau de l’onu dans des situations complexes travaillées par de puissants enjeux géopolitiques ou idéologiques risquent de se reproduire.
En effet, cette « culture de paix », tout à la fois productrice et produit de la Charte des Nations unies, est à l’origine d’un schéma de pensée et d’action qui, hier, échoua à résoudre la crise balkanique, celle du Rwanda ou, déjà, celle du Liban à la fin des années 1970, et qui pose problème aujourd’hui dans le traitement de la crise ivoirienne…
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